Suisse

31 juillet 2014 05:31; Act: 31.07.2014 11:30 Print

Swiss dégage un bénéfice en hausse

Swiss a vu sa rentabilité décoller au premier semestre 2014, sous l'effet d'une nouvelle pratique d'amortissement des avions. Lufthansa, quant à lui, voit son bénéfice en baisse.

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Concurrence féroce, effets de changes défavorables, prix du kérosène élevés: Swiss traverse de fortes turbulences. La compagnie aérienne nationale contrôlée par Lufthansa a vu sa rentabilité décoller au premier semestre, sous l'effet d'une nouvelle méthode d'amortissement des avions. Hormis cet effet, le résultat est demeuré sur le tarmac.

Le bénéfice d'exploitation s'est envolé de 64% sur un an pour culminer à 118 millions de francs, grâce à un allongement comptable de la durée de dépréciation des appareils - une nouvelle pratique entrée en vigueur en début d'année au sein de sa maison mère. Abstraction faite de cette politique, le profit a évolué «à un niveau comparable à celui de l'an passé», précise Swiss jeudi.

Stagnation également du côté des revenus. Le chiffre d'affaires a atteint 2,517 milliards de francs, contre 2,515 milliards sur les six premiers mois de 2013.

Au deuxième trimestre, la situation est demeurée tendue, commente le transporteur. Le bénéfice a néanmoins grimpé à 115 millions de francs, au lieu de 96 millions un an plus tôt. Quant aux recettes, elles ont à peine progressé à 1,326 milliard, au lieu de 1,325 milliard.

Vive concurrence

Swiss dit subir «la pression croissante de la concurrence, surtout en Europe et sur les lignes de l«Atlantique Nord». Attaque frontale sur le Vieux Continent lancée par les compagnies à bas coût et à l'international par les transporteurs des pays du Golfe notamment.

Une concurrence qui effrite les revenus moyens et rogne les marges de la société. Celle-ci pâtit, de plus, de l'affaiblissement des devises internationales, ainsi que de prix du carburant «toujours élevés», note-t-elle.

Dans ce contexte, «Swiss se défend bien en comparaison avec ses concurrents, mais (...) ne profite en rien d«une accalmie du marché. Nous devons continuer à lutter pour réussir», souligne Harry Hohmeister, directeur général de la compagnie.

Aussi l'entreprise maintient-elle le cap dans son programme d'économies, qui se déploie actuellement à travers 269 mesures. En ligne de mire: des améliorations potentielles de 86 millions de francs cette année. Un montant qui se rapprocherait de celui atteint l'an passé (98 millions) et dépasserait nettement celui réalisé en 2012 (49 millions).

Nouveaux tarifs à partir de Zurich

La compagnie a, en outre, revu ses liaisons à Bâle-Mulhouse et au Tessin. La liaison Zurich - Lugano sera désormais assurée par Tyrolean Airways, compagnie régionale d'Austrian Airlines (AUA) appartenant aussi à Lufthansa, et non plus par Etihad Regional. A l'EuroAirport, Swiss se retire, cédant la place à la nouvelle compagnie à bas coût Eurowings du géant allemand.

Pour assurer un rythme de croisière toujours et séduire les clients, la firme va étendre, dans les mois à venir, ses prestations pour garantir davantage de flexibilité. De nouveaux tarifs pour les destinations européennes au départ de Zurich - aller simple, prix plus bas en classe affaires par exemple - ont déjà été introduits.

Pour rappel, Swiss a transporté légèrement moins de passagers au premier semestre. Elle a accueilli 7,74 millions de voyageurs (-0,5%). Le nombre de vols a, parallèlement, diminué de 1,9%.

De nouveaux appareils seront, du reste, mis en service. 500 emplois seront ainsi créés entre 2015 et 2017. La compagnie comptait, à fin juin, 8265 collaborateurs, contre 8171 un an auparavant.

Bénéfice supérieur escompté

Au chapitre des perspectives, la direction «a bon espoir de dépasser largement le résultat de l«an passé (264 millions de francs) en dépit de la situation actuelle du marché, essentiellement en raison de la nouvelle politique d«amortissement des avions», indique-t-elle.

Malgré les conditions difficiles également, Lufthansa confirme ses objectifs pour l'ensemble de l'année, revus à la baisse en juin toutefois. Le numéro un européen du secteur vise un résultat opérationnel de 1 milliard d'euros (1,22 milliard de francs).

Au premier semestre, le groupe a dégagé un bénéfice opérationnel multiplié par deux sur un an, grimpant de 73 millions à 114 millions d'euros, grâce aux effets de son programme d'économie ainsi qu'à la nouvelle politique d'amortissement de ses appareils.

D'avril à juin, il a engrangé un profit net de 173 millions d'euros, contre 255 millions l'an dernier. Sur cette période, le chiffre d'affaires a fléchi de 1,7% à 7,70 milliards, tandis que le bénéfice opérationnel a reculé de 16,9% à 359 millions.

(ats)