Fin du «Matin»

20 juillet 2018 12:52; Act: 20.07.2018 18:52 Print

Nuria Gorrite consternée par l'attitude de Tamedia

Placée sous l'égide du Conseil d'État vaudois, la médiation dans la crise du «Matin» est «morte», déplore la présidente du gouvernement, qui se dit «consternée».

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Dans la rédaction du Matin, du groupe Tamedia. (vendredi 20 juillet 2018) Gregoire Nappey, debout, rédacteur en chef du journal «Le Matin», du groupe Tamedia. A sa droite, Simon Koch, rédacteur en chef adjoint. Au bureau, le directeur artistique, Adriano Fagioli, s'attelle à confectionner les pages de la dernière édition imprimée, prévue le 21 juillet 2018. La grève a été suspendue chez Tamedia. La médiation des cantons de Vaud et Genève a été acceptée. (Jeudi 5 juillet 2018) Plus de 200 personnes ont manifesté mercredi à Lausanne pour soutenir la grève à Tamedia et dénoncer les menaces de l'éditeur. (Mercredi 4 juillet 2018) Les journalistes des quotidiens «Le Matin», «24 Heures» et «Tribune de Genève» protestent notamment contre la fin du quotidien orange. (Jeudi 5 juillet 2018) L'entreprise de presse zurichoise Tamedia a annoncé la fin du «Matin» pour le 21 juillet. (Jeudi 5 juillet 2018) Une quarantaine de licenciements ont été signifiés jeudi passé. (Jeudi 5 juillet 2018) (Jeudi 5 juillet 2018) Les trois quotidiens payants de Suisse romande ont paru en version allégée durant deux jours. (Jeudi 5 juillet 2018) (Jeudi 5 juillet 2018) La grève a été décidée mardi. Elle devait s'étendre de mardi 16 heures à mercredi minuit. (Jeudi 5 juillet 2018) Le mouvement de grève pouvait être reconductible. (Jeudi 5 juillet 2018) (Jeudi 5 juillet 2018) Un appel de soutien aux employés de Tamedia, qui sont en grève, a été lancé. Pour sa part, le groupe zurichois a demandé à l'Office vaudois de conciliation d'intervenir. (Mercredi 4 juillet 2018) Les quotidiens de Tamedia sont apparus bien amaigris, mercredi matin. Ainsi, l'édition du «Matin» se résume à vingt-quatre pages, soit une vingtaine de moins qu'à l'accoutumée. (Mercredi 4 juin 2018) Les journalistes de Tamedia Publications Romandes exigent que l'éditeur zurichois renonce notamment aux licenciements prononcés depuis le mois de juin. (Mardi 3 juillet 2018) Une centaine de personnes se sont rassemblées devant la tour de l'avenue de la gare, dont les conseillers nationaux socialistes Samuel Bendahan et Rebecca Ruiz. (Jeudi 28 juin 2018) Elisabeth Di Blasi, de Syndicom, affiche la couleur. (Jeudi 28 juin 2018) Les licenciements ont été annoncés individuellement. Tamedia va procéder à 36 licenciements, dont 22 dans la rédaction, et à quatre réductions de temps de travail. (Jeudi 28 juin 2018) Dominique Diserens, secrétaire centrale d'impressum et Stéphanie Vonarburg, du syndicat Syndicom, devant la tour de l'avenue de la gare à Lausanne. (Jeudi 28 juin 2018) Réunis à la mi-journée en assemblée générale, une centaine de collaborateurs a décidé à une écrasante majorité de laisser «une dernière chance au dialogue». (Jeudi 28 juin 2018)

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Une faute?

«La médiation est morte, faute de participants. Il faut deux parties à la table et la décision abrupte et prématurée de Tamedia met de fait un terme à la médiation entreprise par le Conseil d'État vaudois», explique la cheffe du gouvernement vaudois, Nuria Gorrite, interrogée ce vendredi par Keystone-ATS.

«C'est désespérant, poursuit-elle. La dernière fois que l'on s'est vus, c'est-à-dire il y a quelques jours, les parties ont convenu de la nécessité et de la pertinence d'examiner en profondeur les pistes alternatives. Cela demande du temps pour chiffrer, pour construire quelque chose de sérieux», relève la cheffe de l'Exécutif vaudois.

«On est consternés par cette décision abrupte. Il est trop tôt pour dire si la rencontre prévue avec le président du FC Sion, Christian Constantin, est maintenue. On en saura plus dans les prochains jours», lâche Nuria Gorrite, qui s'est investie dans cette tâche avec son collègue Philippe Leuba.

Interrogé vendredi par Keystone-ATS, le responsable de la communication de l'éditeur, Patrick Matthey, a de son côté affirmé que Tamedia demande «depuis des semaines» de négocier le plan social. «C'est la priorité de Tamedia», a-t-il ajouté.

Calendrier flou

«À l'issue de la première phase de médiation, le Conseil d'État vaudois avait indiqué que l'option papier pour «Le Matin» était abandonnée, mais que la médiation allait continuer sans qu'un calendrier clair ne soit fixé.»

Dans ces conditions, Tamedia a décidé de sortir de la médiation. Questionné sur la suspension des licenciements impliquée par la médiation, le porte-parole se borne à répéter que «les collaborateurs ont été libérés de leur obligation de travailler».

Dans leur communiqué commun, les syndicats syndicom, Impressum et les rédactions romandes s'indignent jeudi soir de cette présentation des faits. Le directeur des médias payants, Serge Reymond, avait accepté une nouvelle séance au début d'août: «La perspective de devoir payer un mois de salaire supplémentaire aux 40 personnes licenciées a eu raison de ses fausses promesses», déplorent les syndicats.

«Matin Sports»: «On avance»

Selon Patrick Matthey, Tamedia reste néanmoins «ouvert» au projet d'un «Matin Sports» proposé par le président du FC Sion, Christian Constantin. Concernant la fin du «Matin» papier samedi, il indique que les annonces «charme» du journal seront réparties «sans photos» dans la «Tribune de Genève» et «24 heures».

Les partenariats du «Matin» avec Paléo, le festival de jazz de Montreux ou Athletissima «devraient continuer». Mais avec la formule numérique du journal, selon le porte-parole, qui juge les premiers contacts encourageants.

Ultimatum au 3 septembre

Une septantaine de personnes de tous les titres romands de Tamedia ont participé vendredi à une assemblée générale, à Lausanne. Un préavis de grève au 3 septembre a été très largement accepté, avec quatre abstentions et une voix contre, selon Patricia Alcaraz.

L'ultimatum a été fixé en septembre, «car nous sommes à la veille des vacances et de l'arrêt de la version papier du «Matin». L'édition de demain sera un collector. La rédaction avait envie qu'il sorte», a confié la syndicaliste. La grève lancée au début de juillet reste donc suspendue. Durant trois jours, trois titres - «Le Matin», «24 heures» et la «Tribune de Genève» - avaient paru en pagination très réduite.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Julius Frenchman le 20.07.2018 18:26 Report dénoncer ce commentaire

    Ouais

    Que viennent faire les politiques dans cette affaire ? La séparation des pouvoirs n'existe donc plus.

  • Sans Regrets le 20.07.2018 17:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il ne sest pas adapté aux besoins

    Il faut se calmer. Le matin nétait sun petit journal de boulevard qui ne se gênait pas de biaiser linformation pour faire des titres vendeurs. Ce ne sera pas une perte pour les informations que lon avait déjà vues avant sur internet. Sans contenu rédactionnel il était de toutes façons destiné à disparaître à court terme..

  • Guty le 20.07.2018 18:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pauvre de nous

    Surtout pas de vagues les politiques...! Faites partie des ulcérés..! c'est un moyen gratuit de rappeler votre nom dans les journaux alors que vous savez très bien que vous ne pouvez rien faire contre le système. Continuez de privatiser à tout va et faites semblant de vous préoccuper du citoyen électeur, on ne sait jamais..!

Les derniers commentaires

  • Liberland le 23.07.2018 13:28 Report dénoncer ce commentaire

    Right Libertarian

    Pas un seul des ploutocrates de l arc Jurassien ne lui arrive a la cheville , une grande dame, Chapeau Madame vous méritez votre salaire pas comme les autres qui attendent la retraite et leur salaire surfait surtout !!!

  • Le papier c'est pas l'pieds le 23.07.2018 10:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le papier c'est tabou on en viendra tous à bout

    C'est un combat perdu d'avance l'info la vrais y a longtemps qu'elle n'est plus dans les journaux (presse papier) trop lente une parution par jour maximum alors que l'info continue de minute en minute, lorsque tu lis l'info dans ton journal y a belle lurette qu'elle a changé évolué etc... Je m'étonne d'ailleurs que les journaux arrivent encore à survivre, sûrement grâce à nos têtes blanches, et la pub, mais pour combien de Temps...

  • Sinceres condoléances le 22.07.2018 10:11 Report dénoncer ce commentaire

    Changement de vision a faire

    Beaucoup d'entreprises licencient, mais l interet des politiques ne ressort uniquement quand leurs petites habitudes se voient modifiees. Donc moins de lecture pendant leur seance, ils pourrons mieux voir tous les problemes de leur population, et souvent infligees par nos representants

  • Jean Peuplus le 22.07.2018 07:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le maître mot "fais le toi même"

    On n'arrête pas le train du progrès, chaque siècle chaque génération vit des moment difficile lors de changement visant à rentabiliser, même les meilleurs idées (pleines de bon sens) mettent les petits sur le carreau pour le bien général (enfin disent-ils) on l'a vécu dans les années 70 lorsque les grandes surfaces sont arrivées mettant en péril les petits commerces. Bientôt plus de journaux, plus de commerces avec vendeurs, plus de banques avec guichets, tout en ligne.

    • Et Alors le 23.07.2018 19:10 Report dénoncer ce commentaire

      En ligne ... de mire

      Vous avez oubliez l essentiel, plus de travail donc plus de consomateurs...

  • Ray Bradbury le 22.07.2018 03:57 Report dénoncer ce commentaire

    Fahrenheit 451

    Nous y voila !