Espagne

18 juillet 2018 13:12; Act: 18.07.2018 13:12 Print

Taxer les banques pour financer les retraites

Pedro Sanchez, le nouveau chef du gouvernement espagnol, annonce la création d'un impôt sur les banques pour sauver les retraites.

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Un mois et demi après avoir pris le pouvoir à la suite d'une motion de défiance contre le conservateur Mariano Rajoy, le socialiste Pedro Sanchez a présenté aux députés son «l'agenda du changement». (Photo: AFP)

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Le chef du nouveau gouvernement socialiste espagnol Pedro Sanchez a annoncé mardi la création d'un nouvel impôt sur les banques spécifiquement destiné à financer les retraites, la Sécurité sociale étant cruellement déficitaire en Espagne.

«Nous mettrons en place un impôt sur le secteur financier avec pour objectif de compléter les cotisations à la Sécurité sociale et de contribuer à soutenir le système public de retraites et la dignité des pensions de nos anciens», a-t-il déclaré devant les députés.

M. Sanchez est arrivé au pouvoir le 1er juin à la suite du vote d'une motion de censure contre son prédécesseur conservateur Mariano Rajoy, obtenu notamment grâce au soutien du parti de gauche radicale Podemos.

Il n'a donné aucun détail sur les modalités concrètes de ce futur impôt.

Le problème des retraites est «le défi le plus important» pour l'Espagne, avec ceux de l'emploi et de la Catalogne, a estimé M. Sanchez, qui a rappelé qu'à l'instar des autres pays occidentaux, l'Espagne était confrontée à un important vieillissement de sa population.

«En dix ans, il y a eu 25% de naissances en moins dans notre pays», a-t-il dit, soulignant que la création d'emplois ne suffirait pas à régler le problème des retraites.

Le précédent gouvernement, celui de Mariano Rajoy, avait été confronté ces derniers mois à des manifestations massives de retraités qui demandaient une hausse de leurs pensions.

Pour réussir à payer les retraites en 2017, les conservateurs avaient octroyé un prêt de 10 milliards d'euros à la Sécurité sociale, le fonds spécial prévu à cet effet ayant été quasiment épuisé.

Fin 2017, la dette de la Sécurité sociale, due essentiellement au versement des retraites, atteignait près de 27,4 milliards d'euros.

L'évolution démographique a entraîné une hausse du poids des retraites dans le budget de l'Etat, y passant de 21,6% à 29% des dépenses en dix ans.

(nxp/afp)