«Basler Zeitung»

14 décembre 2011 16:33; Act: 14.12.2011 19:03 Print

Tettamanti de retour à la tête de la «BaZ»

Le financier tessinois reprend les actions de Rahel Blocher sous l'étiquette de la nouvellement fondée MedienVielfalt Holding.

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Tito Tettamanti redevient propriétaire de la «Basler Zeitung». (Photo: Keystone)

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Après une semaine chahutée, la «Basler Zeitung» (BaZ) a un nouveau propriétaire. Il s'agit de MedienVielfalt Holding, dont le fondateur et actionnaire majoritaire n'est autre que Tito Tettamanti. Le financier tessinois avait déjà détenu 75% de la BaZ entre février et novembre 2010.

«Pourquoi ce retour à la Basler Zeitung? Pour ne pas commettre les mêmes erreurs que la dernière fois», a déclaré Tito Tettamanti, 81 ans, mercredi devant la presse à Zurich. «Cette fois, je suis mieux entouré, avec des actionnaires et un conseil d'administration.»

MedienVielfalt (en français «diversité des médias») a repris 100% des actions de BaZ Holding. Ce changement de mains fait suite à une polémique éclatée il y a une semaine après la révélation dans la presse qu'une close secrète donnait à la fille de Christoph Blocher, Rahel, le droit de récupérer les actions de Moritz Suter, président et éditeur de la BaZ, quand elle le souhaitait.

Mardi, c'était chose faite. L'ancien patron de Crossair annonçait alors qu'il revendait toutes ses participations à la fille du stratège de l'UDC.

Blocher pas entièrement écarté

Pour mettre fin à la polémique, M. Tettamanti a insisté à plusieurs reprise sur son indépendance par rapport à Christoph Blocher. «M. Blocher ne fait pas partie des actionnaires de MedienVielfalt», a-t-il souligné. «Nous avons parlé mais sommes arrivés à la conclusion qu'il ne devrait pas être impliqué car il est actif en politique.»

Par contre, le tribun zurichois s'est porté garant pour les pertes qui pourraient toucher les imprimeries lors de restructurations, a précisé M. Tettamanti. Mais «il n'a pas le droit d'intervenir dans le journal», a-t-il assuré.

Leutenegger présidera la BaZ

Avec la reprise par MedienVielfalt s'ouvre une période d'assainissement pour la BaZ. C'est à l'entrepreneur et conseiller national Filippo Leutenegger (PLR/ZH) qu'il a été confié de créer une base financière saine. Il avait déjà assumé une tâche similaire il y a quelques années en tant que patron du groupe de médias Jean Frey, alors détenu par Tito Tettamanti.

L'ancien rédacteur en chef de la télévision alémanique SF a été nommé président du conseil d'administration de BaZ Holding. Son mandat est limité dans le temps. «Je prévois environ trois ans», a-t- il précisé. Lui aussi a insisté sur le fait qu'il n'aura pas de contact avec Christoph Blocher.

Le conseil d'administration du journal bâlois compte un autre nom connu. En effet, Ariana Ospel-Bodmer, l'épouse de Marcel Ospel, y siège. Le nom de l'ancien président d'UBS était apparu ces derniers jours en lien avec la polémique sur les propriétaire de la BaZ. Il serait l'homme de paille qui avait permis un prêt de 70 millions de francs pour le rachat du groupe en 2010.

Somm toujours rédacteur en chef

Interrogé sur le sujet pendant la conférence de presse, M. Tettamanti a assuré ne pas avoir eu connaissance des accords passés entre le clan Blocher et Moritz Suter lors du rachat en novembre 2010. «Pour moi, Moritz Suter avait un financement, c'est lui qui m'a payé».

Malgré la volonté de se démarquer de Christoph Blocher, MedienVielfalt garde Markus Somm, biographe et proche du stratège de l'UDC, au poste de rédacteur en chef du quotidien bâlois. «Bien sûr, il a ses idées, mais il est un bon journaliste», a souligné M. Tettamanti. Le directeur général Roland Steffen reste lui aussi en fonction.

Premier essai en 2010

Tito Tettamanti avait racheté une première fois le groupe «Basler Zeitung» en février 2010 à raison de 75% pour lui et 25% pour M. Wagner. Mais une polémique impliquant là déjà Christoph Blocher l'avait poussé à revendre le groupe à Moritz Suter en novembre de la même année.

L'ancien conseiller fédéral avait été engagé comme expert dans le groupe de presse. Il devait faire des propositions pour l'aider à retrouver les chiffres noirs. M. Tettamanti a regretté mercredi ne pas avoir fait preuve de davantage de transparence sur ce mandat à l'époque.

(ats)