Guerre commerciale

18 octobre 2019 06:53; Act: 18.10.2019 15:11 Print

Trump augmente les droits de douane, l'UE réagit

Les Etats-Unis ont imposé vendredi pour 7,5 milliards de dollars de droits de douane supplémentaires sur plusieurs marchandises en provenance de l'UE. Bruxelles a réagi.

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Les hausses des droits de douane pour l'Union européenne décidées par l'administration Trump sont entrées en vigueur vendredi matin à 6h01 (heure en Suisse). (Photo d'illustration) (Photo: Keystone)

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Les Etats-Unis ont imposé vendredi des sanctions douanières contre les produits européens. Cette mesure a provoqué le courroux de Bruxelles qui promet de riposter à la première occasion, avec en perspective un durcissement des relations commerciales transatlantiques.

Cette hausse des droits de douane, d'une valeur de 7,5 milliards de dollars, est entrée en vigueur à 00h01 heure de Washington (6h01 suisses). Elle est intervenue quatre jours après le feu vert définitif de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Washington d'imposer des sanctions contre l'UE, en représailles aux subventions accordées à l'avionneur européen Airbus.

«Regrettant» cette décision, la Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a estimé vendredi que l'UE n'a «pas d'autre choix» que des représailles. L'UE devrait en effet être autorisée l'an prochain à son tour par l'OMC à imposer des sanctions douanières contre les Etats-Unis accusés d'avoir subventionné Boeing.

«Dégâts collatéraux»

Une fois de plus, Cecilia Malmström a regretté cette escalade. «L'imposition réciproque de sanctions douanières ne sert les intérêts à long terme de personne», a-t-elle remarqué dans un communiqué.

«Elle provoquera des dommages très importants dans la production aéronautique aux Etats-Unis et dans l'UE et entraînera des dégâts collatéraux dans de nombreux autres secteurs déjà touchés par les tensions commerciales actuelles», a-t-elle ajouté.

Cette nouvelle offensive de Donald Trump survient alors que Washington s'enlise dans une guerre commerciale d'ampleur avec la Chine, qui risque de déstabiliser l'économie mondiale.

Mercredi, le président américain s'en est encore une fois pris aux Européens qui se comportent selon lui de façon injuste en érigeant des «barrières énormes» contre les importations américaines dans l'UE. Il n'avait toutefois pas fermé la porte à un accord entre les deux parties qui permettrait de mettre un terme au conflit.

Vin et avions

Dans la ligne de mire des Américains: les avions d'Airbus, fabriqués essentiellement dans les usines du Royaume-Uni, de France, d'Espagne et d'Allemagne, qui coûteront dorénavant 10% de plus quand ils seront importés aux Etats-Unis. Mais les vins européens sont également dans le collimateur de Trump, avec une taxe de 25%.

Les exportateurs d'alcool français ont demandé au gouvernement des mesures de soutien rapides pour la filière vin et à la Commission européenne l'ouverture de négociations avec Washington. «Nous regrettons qu'à ce jour, l'Union européenne et les Etats-Unis ne soient pas parvenus à un accord qui aurait permis d'éviter cette situation», ont-ils indiqué dans un communiqué.

Les Européens craignent avant tout que Donald Trump ne continue sur sa lancée et n'impose mi-novembre des droits de douane plus élevés sur les voitures européennes. Ce qui affecterait particulièrement le secteur automobile allemand, déjà à la peine.

Donald Trump se plaint des difficultés des Américaines pour vendre leurs produits, notamment les voitures, en Europe, alors que les Européens peuvent facilement vendre les leurs sur le territoire américain.

Protectionnisme

Le conflit entre Airbus et Boeing, qui remonte à 2004, n'est que l'un des nombreux problèmes qui ont alimenté les tensions transatlantiques et qui ont rapidement dégénéré avec l'entrée en fonction de Donald Trump en 2017.

Adoptant une politique résolument protectionniste, le dirigeant américain a déjà imposé des droits de douane plus élevés sur l'acier et l'aluminium en provenance de l'UE et d'autres pays alliés, tout en laissant planer la menace de faire de même avec les voitures.

En juillet 2018, Donald Trump et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker avaient convenu une sorte de trêve, promettant de mener des négociations qui n'ont jusqu'ici abouti à rien.

(nxp/afp)