Spectre d'une pénurie d'or noir

21 septembre 2019 07:53; Act: 22.09.2019 07:07 Print

Un nouveau choc pétrolier est-il envisageable?

Le 14 septembre, des attaques contre des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite ont fait resurgir le spectre d'une crise.

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Les effets d'un éventuel choc pétrolier ne devraient «pas être sous-estimés». (Photo: Keystone)

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La soudaine flambée des prix du baril de pétrole cette semaine a fait vaguement resurgir le spectre de la pénurie d'or noir. La probabilité d'un nouveau choc pétrolier forçant les automobilistes à faire la queue aux stations-essence reste toutefois ténue, selon plusieurs analystes.

Il a suffi, le 14 septembre, d'attaques contre des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite ayant temporairement réduit de moitié la production du pays pour que le cours du Brent bondisse de 15% en une seule journée.

«Le monde est mieux équipé»

Il est depuis redescendu et évoluait vendredi autour de 65 dollars. Au vu du ralentissement de l'économie mondiale et de l'abondance de brut produit dans le monde, la perspective d'un baril à 100 dollars reste dans l'immédiat très hypothétique. Mais même si ce scénario se réalisait, «le monde est bien mieux équipé pour faire face aux chocs pétroliers qu'il ne l'était dans les années 1970», assure Harry Tchilinguirian, spécialiste des matières premières chez BNP Paribas.

En 1973, à la suite d'un embargo de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) contre les alliés d'Israël en pleine guerre du Kippour, et en 1979, dans la foulée de la révolution iranienne, les prix du brut avaient bondi en quelques mois, mettant à genoux les économies développées.

Dépendance réduite

«Un choc pétrolier n'aurait pas les mêmes effets dévastateurs aujourd'hui» car les pays «se sont habitués» à de tels événements et que les banques centrales «ne réagiraient pas (...) en faisant bondir les taux d'intérêt pour lutter contre l'inflation», assurent les économistes de Commerzbank.

Surtout, les économies «ont réduit leur dépendance au pétrole», ajoutent-ils. La consommation aux Etats-unis par exemple a augmenté, passant de 17,3 millions de barils par jour (mbj) en 1973 à 20,5 mbj en 2018, une hausse de 18% quand le produit intérieur brut réel du pays s'est envolé de 230%. En Allemagne, les ménages n'ont consacré en 2018 que 2,6% de leur budget aux carburants.

Les économies sont devenues moins gourmandes en pétrole, grâce aux transports et aux industries moins énergivores ainsi qu'aux sources alternatives comme le gaz ou les énergies renouvelables.

Des réserves

Quand les prix du pétrole se sont installés durablement au-dessus des 100 dollars le baril entre 2011 et 2014, cela n'a pas conduit à un effondrement de l'économie. Le monde est aussi devenu moins dépendant de quelques pays producteurs.

Le premier choc pétrolier a conduit à la création, en 1974, de l'Agence internationale de l'Energie, qui exige des pays de l'OCDE qu'ils gardent en réserve l'équivalent d'au moins 90 jours de leurs importations nettes de brut. Les réserves françaises correspondaient en juin à 111 jours.

«Les sites de production vont bien au-delà du Moyen-Orient», souligne Harry Tchilinguirian en mentionnant le pétrole de la Mer du Nord, exploité depuis les années 1980, l'exploitation en mer profonde au large des côtes d'Afrique de l'Ouest et du Brésil, ou les sables bitumineux du Canada.

Hausse à la pompe

Surtout les Etats-Unis, grâce au pétrole de schiste, sont devenus les premiers producteurs de brut au monde et commencent à exporter massivement leur propre or noir. De quoi compenser assez facilement à court et moyen terme les barils perdus en cas de perturbation majeure.

Les Etats-Unis sont «bien moins sensibles aux chocs pétroliers qu'il y a quelques décennies», a d'ailleurs affirmé vendredi la vice-président de la banque centrale américaine Richard Clarida.

Dans ce contexte, un pays comme l'Arabie saoudite ne déciderait probablement plus de suspendre volontairement ses exportations, «car il pourrait perdre son statut de fournisseur fiable», affirme Alan Gelder, spécialiste des produits raffinés pour le cabinet Wood Mackenzie.

«On ne peut dire que le risque est nul»

Même si un choc pétrolier est improbable, «on ne peut jamais dire que le risque est nul», remarque Andrew Lebow, spécialiste du marché pétrolier pour Commodity Research Group. «En cas par exemple de guerre majeure qui conduirait à la fermeture du détroit d'Ormuz» par où transite un tiers des produits pétroliers acheminés par voie maritime.

Les effets d'un éventuel choc pétrolier ne devraient toutefois «pas être sous-estimés», jugent les économistes de Commerzbank. «De nombreuses économies font déjà face à des problèmes et les banques centrales ont peu de marge de manoeuvre (...) pour aider les économies affectées».

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Ca Y Est le 21.09.2019 08:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les alarmistes

    Sont de sortie... il est monté de 12% et redescendu de 7 le lendemain à un niveau à peu près stable depuis des mois...seuls les profiteurs vont augmenter leur essence

  • Pascal le 21.09.2019 08:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    toujours les mêmes

    les principales victimes ce sont les gens qui doivent utiliser leur voiture pour aller bosser. alors que d'autres s'en foutent plein les poches

  • Waban le 21.09.2019 08:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Idiots

    On nous prend vraiment pour des cons...

Les derniers commentaires

  • fred le 22.09.2019 06:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    camelotte us

    Faudrait que les saoudiens achetent des s400 comme ca on evitera une deuxieme catastrophe avec des drones de mr tout le monde!

  • Mécano.... le 22.09.2019 05:54 Report dénoncer ce commentaire

    les solutions existent...

    il serait temps de renvoyer ses gardiens de chameaux au moyen âge...La meilleure riposte au pétrole est l'utilisation de gaz issus de nos déchets, de carburant issus de la distillation et d'huile végétale. Techniquement nous pouvons produire suffisamment pour contrer une pénurie, la seul chose qui n'existe pas chez nous , c'est des politiciens ayant la volonté de faire changer les choses réellement. Voter vert, bleu ou bariolé aucun partis politique n'a de vision de l'entier du problème.

  • Jeff le 21.09.2019 22:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Essences essentielles

    Je m'en fou je roule au bio éthanol moi alors ils peuvent augmenter Bande de pigeon suisse

    • Mécano le 22.09.2019 06:20 Report dénoncer ce commentaire

      @Jeff

      reste à savoir qui est réellement plumé dans l'histoire, comme depuis 2000 tous les moteurs sont prévua pour accepter de 15 à 50% sans modifications, on trouve déjà jusqu'à 10% de biocarburant dans l'essence. Si le prix de l'essence augmente, le prix de ton biocarburant prendra aussi lascenseur alors je ne vois pas ou se situe ton avantage de dépendre à 100% d'un carburant dont la production servira certainement à compenser le manque de pétrole!

  • Genevoue de l'Est le 21.09.2019 21:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Oui allez

    À en lire l'article on dirait qu'on ne pollue quasi plus avec les voitures... alors ouiii que 2% du budget par menage a été utiliser dans le carburant pfffffaaaaa mais oui bienfur ahaha

  • ... le 21.09.2019 19:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ...

    Cessons avec le pétrole !!! Passons à l'hydrogène et faisons payer l'eau qui s'écoule (encore un peu) de nos montagnes !

    • dede le 21.09.2019 21:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @...

      ah ben oui l'hydrogène coule le long de nos Montagnes...