Marketing sexy

11 janvier 2012 15:33; Act: 11.01.2012 16:02 Print

Un défilé de lingerie met en colère un musée

La direction du musée d'Orsay, à Paris, proteste contre le tournage sans autorisation d'une vidéo promotionnelle coquine au milieu de ses collections. Elle envisage de porter plainte.

Source: Etam.com
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Une vidéo, mise en ligne par la marque Etam sur son site, celui de Dailymotion et d'autres plates-formes internet, n’a pas été du goût du musée d’Orsay. Dans une séquence d'environ 60 secondes, on peut voir le «défi sexy» relevé par trois jeunes filles qui retirent brusquement leurs imperméables pour courir en slip et soutien-gorge colorés au milieu des visiteurs venus admirer les toiles impressionnistes.

Les images ont été tournées jeudi 15 décembre 2011 en caméra cachée. Les jeunes femmes en cause, interpellées par les équipes d'intervention, ont assuré, à l’époque, qu'elles fêtaient un enterrement de vie de jeune fille.

D'éventuelles poursuites envisagées

Le musée d'Orsay se réserve le droit d'engager d'éventuelles poursuites judiciaires sur ce dossier, a ajouté une porte-parole du musée d'Orsay. Le tournage a été réalisé «en violation» de nombreuses dispositions du règlement de visite en vigueur au musée d'Orsay, a-t-elle fait valoir.

Il est ainsi interdit de filmer et de photographier dans l'ensemble du musée d'Orsay sauf autorisation expresse préalable du président. Or, aucune demande d'autorisation de tournage n'a été présentée, souligne le musée.

«Une grave atteinte aux droits du musée»

«Cette vidéo, tournée en fraude, porte une grave atteinte aux droits du musée d'Orsay mais également aux droits de tiers, dont le musée ne saurait être tenu pour responsable», a estimé une porte-parole.

Guy Cogeval, le président du musée, compte écrire au pdg d'Etam pour lui demander de supprimer du site officiel de la marque de lingerie le lien vers cette vidéo et de faire procéder au retrait de celle-ci des supports sur lesquels la marque l'a initialement publiée.

Une campagne pour faire du buzz

Le musée estime que le fait de ne pas préciser que la vidéo a été tournée en l'absence de toute autorisation préalable du musée «met en cause son image et sa réputation». La vidéo a suscité des commentaires où le musée se voit reprocher de vendre son image pour engranger des recettes, a précisé la porte-parole.

«Le public imagine mal que de telles images aient pu être tournées sans le consentement préalable du musée ni le versement par votre société d'une contrepartie financière. Or ce n'est pas du tout le cas», souligne-t-elle.

Etam assume son délire

Contacté par la rédaction du journal gratuit «Métro France», le groupe Etam explique assumer pleinement. «C'est du buzz, on a voulu créer un happening. C'est drôle et léger», souligne une porte-parole.

Selon un scénario similaire, le trio de jeunes filles en lingerie Etam a déjà rendu visite à la Tour Eiffel et tester le service de sécurité d'un aéroport, afin de susciter la curiosité des consommatrices envers la prochaine collection de la marque.

«Défi sexy : En lingerie à l'aéroport...!»

«Défi sexy: En lingerie sur la Tour Eiffel!»

«Défi sexy: En lingerie avec le Président de Groland!»

(afp)