Enchères au Japon

05 janvier 2016 08:15; Act: 05.01.2016 10:28 Print

Un thon rouge vendu 117'000 francs

Un restaurateur de sushis a emporté le premier thon rouge de l'année aux fameuses enchères de Tsukiji à Tokyo.

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Kiyoshi Kimura est fier d'avoir remporté cette enchère. (Photo: Reuters)

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Cent huit mille cinq cent euros. Soit un peu plus de cent dix-sept mille francs. C'est le prix qu'un acheteur, patron d'une chaîne de restaurants, a mis pour s'offrir le premier thon rouge de l'année aux enchères.

La vente a eu lieu dans le plus grand marché aux poissons du monde. Ce marché doit prochainement déménager. «80 ans ont passé depuis l'ouverture de Tsukiji et le coeur plein de gratitude nous allons encore oeuvrer cette année», a déclaré le meneur de la vente vers 5 heures du matin (lundi 20 heures).

Les enchères ont lieu presque tous les jours dans cet immense halle aux infrastructures vieillissantes, entourée d'un désordre de petite poissonneries et minuscules restaurants, et haut lieu touristique. Mais les premières de l'année sont prestigieuses et les acheteurs prêts à débourser bien plus qu'il ne faudrait.

Le prix de 14 millions de yens du thon géant (200 kg) d'une espèce surpêchée était cette année trois fois supérieur à celui de l'an dernier mais bien en deçà du record de 2013: 155,4 millions de yens (1,2 million d'euros au cours actuel). Cette petite fortune avait été dépensée pour un poisson un peu plus gros par le même Kiyoshi Kimura, propriétaire de la chaîne Sushi Zanmai, mais après une âpre lutte avec un restaurant de Hong Kong.

Le cours s'était effondré en 2014 (7,36 millions pour une bête de 230 kilogrammes) et était même tombé l'an passé à 4,51 millions de yens.

Le thon vendu mardi matin a été pêché au large de la ville d'Oma, dans la préfecture d'Aomori (nord).

Manger cru

Les Japonais sont de très grands consommateurs de thon rouge, qu'ils mangent essentiellement cru, sous forme de sushi ou sashimi.

Un sushi à base d'un morceau de la partie la plus grasse du ventre de la bête, appelée «otoro», peut valoir jusqu'à plus de 3000 yens (environ 25 francs) dans un restaurant haut de gamme de Tokyo.

La demande augmente aussi hors de l'archipel, ce qui inquiète les écologistes qui s'alarment de la diminution de la population de thon rouge du Pacifique.

«La communauté internationale doit prévenir le gouvernement japonais qu'il faut agir davantage pour sauver cette espèce», a déclaré dans un communiqué Amanda Nickson, de l'organisation Pew Charitable Trusts.

Il devrait s'agir de la dernière enchère du Nouvel An à Tsukiji, marché qui doit être déplacé cet automne à quelques kilomètres de son emplacement actuel du sud de Tokyo, à Toyosu, dans la baie de la capitale, un déménagement prévu depuis des années mais qui a suscité maints débats et reports.

(nxp/afp)