Peney (GE)

07 mai 2015 17:45; Act: 07.05.2015 18:33 Print

Un vin genevois produit selon les rites casher

Les premières bouteilles de vin produites selon les codes de la religion juive seront prochainement disponibles dans le canton de Genève.

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Réalisées selon les règles strictes du code alimentaire juif, les 1200 bouteilles de l'assemblage d'aligoté et de muscat sec devraient être disponibles à fin mai.

Pour obtenir le label casher, tous les gestes touchant au vin ou au matériel en contact avec lui ont dû être réalisés par un rabbin ou un Juif pratiquant assidu, a expliqué jeudi à l'ats David Ouanounou, négociant en vins. Il revenait sur une information de la «Tribune de Genève».

Après avoir approché plusieurs grandes caves sans succès, M. Ouanounou est entré en contact David Sossauer, jeune viticulteur au domaine des Pendus à Peney. L'idée était de produire un bon vin à la fois suisse et casher. Il s'est montré tout à fait ouvert à réaliser cette expérience, relate le négociant.

Complexité

La procédure s'avère complexe. Selon le code alimentaire casherouthjuif (casher), tout le monde peut récolter le raisin, mais dès qu«il se trouve dans les caisses, seul le rabbin ou son délégué peut le manipuler. Il est le seul à pouvoir toucher les ustensiles et les produits qui entrent dans l«élaboration du vin. Même les sulfates doivent être casher, a-t-il précisé.

David Ouanounou, qui a vidé son bas de laine pour ce projet, se dit satisfait du résultat. Et si le vin a du succès, les deux partenaires espèrent refaire l'expérience avec d'autres cépages ou avec du rouge.

Déjà des tentatives

Des tentatives de faire des alcools kasher en Suisse, il y en a déjà eu plusieurs, rappelle le négociant en vin, citant un chasselas et un gamay produits à Mont-sur-Rolle (VD)et même de l'abricotine en Valais. «Ce qui est une première suisse, c'est la création d'un assemblage, qui plus est à Satigny, la plus grande commune viticole du pays».

«Ce sera un vin de gastronomie pour un marché de niche», souligne-t-il, faisant la comparaison avec des vins bio. Sur les 18'000 Juifs de Suisse, seule une minorité boit casher. Ces vins sont souvent réservés à une occasion particulière, une fête religieuse, un mariage, le shabbat ou à de la gastronomie pure et simple.

(ats)