Perspectives économiques

09 décembre 2019 11:01; Act: 09.12.2019 11:08 Print

Une année 2020 sous le signe de la prudence

Les milieux financiers redoutent que le ralentissement constaté à la fin de 2019 se transforme en récession l'année prochaine.

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«Les risques politiques restent à un niveau élevé» et cette situation alimente «un climat d'insécurité», préviennent les experts. (Photo prétexte) (Photo: Keystone)

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Le ralentissement de l'économie mondiale et les tensions politiques risquent d'être les thèmes majeurs en 2020, une situation face à laquelle les analystes attendent de voir si les gouvernements vont prendre le relais de banques centrales se trouvant à court de munition. Pour les investisseurs, un choix prudent s'impose.

«Les marchés actions européens avaient démarré l'année 2019 avec trop de pessimisme. L'année 2020 pourrait être différente, puisque les intervenants pourraient débuter l'année avec un surcroît d'optimisme», estiment les analystes de Société Générale.

Selon les spécialistes de la banque française, les places européennes ont déjà intégré un flot de nouvelles positives, «ne laissant pas beaucoup de place à la déception». De fait, les risques sont nombreux l'année prochaine. Au delà des soubresauts liés aux litiges commerciaux lancés par Washington, principalement en direction de Pékin, un ralentissement économique en Chine et le dossier du Brexit, l'élection présidentielle américaine va occuper les observateurs tout au long de l'année.

«Climat d'insécurité»

«Les risques politiques restent à un niveau élevé» et cette situation alimente «un climat d'insécurité, avec un réel manque de visibilité venant à peser sur les décisions d'embauche des entreprises et aussi sur le moral des consommateurs», ont averti les spécialistes d'UBP.

Pour la banque genevoise, «l'enjeu primordial pour la nouvelle année est que le ralentissement constaté en cette fin 2019 ne se transforme pas en récession et qu'au contraire il laisse place à une phase de stabilisation».

L'OCDE a pour sa part averti que les perspectives mondiales étaient «instables». L'institution internationale a rappelé qu'avec un PIB attendu à 2,9% cette année, la croissance globale se situait à son taux le plus bas depuis la crise financière de 2008.

Et la situation ne devrait guère s'améliorer en 2020, l'Organisation de coopération et de développement économiques tablant sur un produit intérieur brut mondial ne devant pas dépasser 3%. La zone euro devrait passer de 1,2% en 2019 à 1,1% en 2020 et les Etats-Unis de 2,3% à 2,0%.

«Une action politique coordonnée s'impose de toute urgence pour rétablir la confiance, promouvoir une croissance inclusive et relever les niveaux de vie», a martelé l'OCDE dans ses perspectives économiques, appelant les gouvernement à coopérer et investir «pour éviter une stagnation de longue durée».

Banques centrales toujours accommodantes

Face à cette situation, les grandes banques centrales ne disposent que de peu de munitions. La Réserve fédérale américaine (Fed) a en effet baissé trois fois ses taux directeurs en 2019, la Banque centrale européenne (BCE) a réactivé son programme de rachat dette et la Banque nationale suisse (BNS) persiste dans les taux négatifs.

«Cet environnement monétaire très accommodant devrait perdurer en 2020 et d'autres ajustements à la baisse sont attendus ces prochains trimestres», ont pronostiqué les spécialistes d'UBP dans leurs perspectives d'investissement.

Selon ces derniers, «une fenêtre d'opportunité s'ouvre aujourd'hui pour mettre en place une relance cyclique au travers de la politique budgétaire».

Saxo Bank va même plus loin, estimant que les banques centrales pourraient normaliser leurs taux et les Etats saisir l'occasion «sous forme de dépenses écologiques et d'infrastructure».

La Suisse ne passera pas entres les gouttes, la majorité des prévisionnistes ayant abaissé leurs attentes. Cette année, le PIB devrait seulement accélérer de 0,7% à 1,0%, après 2,8% en 2018, et atteindre 1,1% à 1,5% en 2020.

Pour le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), les perspectives «s'assombrissent» en raison du ralentissement économique mondial. Le climat d'incertitudes devrait peser sur les investissements et les exportations helvétiques.

Après une année record pour les actions - le SMI a bondi de 24,5% depuis le début de l'année, le Dax de 25%, le CAC40 de 24,8%, le Dow Jones de 20% et le Nasdaq de 30% - le contexte de taux bas et d'incertitudes géopolitiques devrait une fois de plus favoriser ce type d'investissement.

UBS recommande ainsi de privilégier les actions de qualité offrant des dividendes élevés, de sociétés tournées vers le marché intérieur et la consommation qui sont moins exposées aux aléas du commerce international.

Marché de la dette

Concernant le marché de la dette, la banque aux trois clés appelle à la modération, en raison des rendements extrêmement bas de la dette plus sûre et de l'augmentation du risque de crédit chez les émetteurs à haut rendement.

L'établissement zurichois recommande également de se diversifier dans le métaux précieux au détriment des matières premières cycliques et dans une combinaison de valeurs refuges.

Le concurrent Credit Suisse s'attend quant à lui l'année prochaine à des rendements moins élevés qu'en 2019 pour la majorité des classes d'actifs. La banque recommande notamment des domaines à fort potentiel de croissance comme les technologies de l'éducation. Mais aussi les technologies de l'information qui devraient profiter de l'avènement de la 5G et de l'internet des objets, et la finance.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Quand ça pétera-t-il ? le 09.12.2019 11:50 Report dénoncer ce commentaire

    Et la planète ?

    La croissance à tout prix est en contradiction totale avec la protection de l'environnement et participe largement au réchauffement climatique, mais cela, dès lors que certains se remplissent les poches, n'a aucune importance...

  • Nanouche le 09.12.2019 12:36 Report dénoncer ce commentaire

    Système économique archaïque

    D'un côté on tire la sonnette d'alarme car il faut limiter le réchauffement climatique de toute urgence, ce qui est vrai, et d'un autre côté on s'accroche toujours à notre système économique archaïque qui ne se porte bien qu'en situation de croissance (et de plus emmêlé dans la spirale de la dette)?! Quand il y a trop de pucerons sur un arbre fruitier, il faut faire quelque chose, non?

  • Eric le 09.12.2019 14:54 Report dénoncer ce commentaire

    Impossible

    Il est impossible en Suisse tenir une croissance avec des énormes différences avec nos pays voisins. Avec l'immobilier 30% surestimé, services quasi 50% de trop et couts d'un simple travailleur de 6000 par mois, il est quasi impossible continuer avec ce système. Faut remettre toutes ces chiffres dans la réalité et non pas dans le virtuel.

Les derniers commentaires

  • Jackobin le 10.12.2019 17:07 Report dénoncer ce commentaire

    Aveuglés par les lobbys !!!

    La protection de l'environnement, le changement climatique doivent engendrer des recettes, de gros projets, des réalisations dans un futur proche, pas de taxes dont la redistribution est obscure. Nos élus sont sourds et muets, dramatique!!!!!!!

  • Troll le 09.12.2019 19:07 Report dénoncer ce commentaire

    Mauvaises années

    Si on regarde le SECO (confédération) on avait déjà des avertissement de ralentissement de la croissance en fin 2018 donc arrêter de dire que la conjoncture était bonne début 2019. 2019 a été une mauvaise année depuis le début, les actions en bourse ne sont pas un bon indicateur de la conjoncture sous des tombeaux de monnaies et de dettes. L'année prochaine sera probablement pire.

    • Christine Laga le 10.12.2019 12:00 Report dénoncer ce commentaire

      Bonne santé des entreprise en priorité

      Je suis d'accord avec vous. Les indicateurs en bourses ne servent qu'à rassurer les actionnaires qui attendent des dividendes. Une entreprise est prête à sacrifier son personnel pour reverser ses dividendes aux actionnaires. On lira dans le journal: très bonne opération de l'entreprise X qui a fait du bénéfice au 1er trimestre....oui mais sur le dos de qui???????

  • Fabienne le 09.12.2019 18:56 Report dénoncer ce commentaire

    Mais pourvu que tout se casse la geu...

    Mais pourvu que l'économie se casse la figure. De toute façon cela fait des années qu'on nous bassine avec la croissance et depuis toutes ces années rien ne va mieux, les salaires stagnes, l'invasion des frontaliers continue, les prix augmentent, etc... Vive la grande récession.

  • Marie le 09.12.2019 18:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Qui osera contredire?

    Ceux qui prédisent l'évolution de l'économie ne sont pas plus crédibles que ceux qui prédisent l'évolution du climat. Comment ce n'est pas pareil? Ceux du climat sont ils plus crédibles car idéologues avant d'être des scientifiques? Réfléchissez bien à qui est plus crédible entre ces deux oracles qui se basent sur des statistiques et des calculs de probabilité, aucun des deux ne détient une vérité incontestable, à part pour la secte xr, mais eux ne comptent pas

  • Brace Forimpact le 09.12.2019 18:08 Report dénoncer ce commentaire

    Monnaie Fiat des illuminés...

    Les problèmes économiques sont liés à la monnaie Fiat des banques centrales. Depuis 2008 elles ont créé des milliers de milliard$. Cet argent est resté dans la finance est a gonflé artificiellement le prix des actions, obli, immobilier. Les grandes entreprises se sont endettées mais n'ont pas investi dans l'avenir ou augmenté les salaires. Elles ont surtout racheté leur propre actions pour les faire monter. La FED est contrainte d'injecter tjs plus de liquidités faute de quoi le système se figera. Le repomarket est deja sous respiration artificielle, les taux négatifs... la fin est proche.