Coeur de Pirate

08 décembre 2011 15:04; Act: 09.12.2011 16:07 Print

«Ado, j'étais invisible»

par Fabien Eckert - Quelques jours avant son concert complet aux Docks de Lausanne, le 10 décembre 2011, Coeur de Pirate parle de son dernier album «Blonde» à coeur ouvert.

Une faute?

Pourquoi avoir choisi de parler de vos histoires d’amour?
C’est ce qui m’est arrivé durant ces trois dernières années. J’ai été la copine de deux garçons. Ces relations étaient très difficiles à concilier avec ma soudaine notoriété.

Pourquoi remerciez-vous vos anciens amoureux dans le livret?
Mais tout simplement parce qu'ils m'ont inspiré. Sans eux rien ne serait arrivé.

Vous êtes pas tendre avec eux, je vous cite notamment «tu fais l’amour en deux poussées» sur le titre «Adieu». Comment ont-ils réagi?
Dans ce morceau, tu as juste envie que cette personne disparaisse de ta vie. Alors oui j’ai eu des retours. J'ai pas trop envie d'en dire plus. Mais en fait, c’est plus une critique envers moi-même qu’envers eux. J’ai manqué de confiance en moi et j’étais dans une sorte d'insécurité permanente. De toute ma vie, j'ai très mal aimé et toujours au mauvais moment.

Cette insécurité a-t-elle été créée par votre soudaine notoriété après le premier album?

Pas uniquement. C'est une insécurité de la vie en général. Ado, j’étais toujours invisible. J’écoutais de la musique bizarre, j’avais les cheveux de deux couleurs et je n’appartenais à aucune bande. Soudain, j’ai été propulsée dans le monde publique. C’est déstabilisant.

L'ouverture de votre disque avec «Lèves les voiles» et ses choeurs n'a rien à voir avec le reste...
C'est vrai. C’est un petit hommage parce que j’ai commencé à chanter dans une chorale. Et c’est là que j’ai pris conscience que j’aimais chanter.

Les sons sont très sixties. Qu’est ce qui vous a incité à donner cette couleur aux morceaux?
Tout simplement parce que cette période est intemporelle, elle ne changera jamais. On peut encore écouter de la musique sixties aujourd'hui sans qu’elle ait vieilli.

Quels sont les artistes de cette époque à vous avoir influencé?
Nancy Sinatra, Brigitte Bardot et France Gall du temps de Gainsbourg ou Phil Spector.

Pour revenir à «Adieu», pourquoi avoir dit que c’était un titre «peste»?
Parce que je joue le rôle d’une fille qui prend plaisir à énerver son entourage. Par exemple, je jette un sort à mon petit ami.

Dans la vie avez-vous ce côté «peste»?
J’ai du caractère, mais je ne crois pas me comporter ainsi. Enfin, plus maintenant! (la Québécoise sourit)

Avoir du tempérament, est-ce que ça aide dans votre métier?
On a pas le choix. Si on veut durer, il faut en avoir. Le tempérament sert à avoir le maximum de contrôle sur ce qu’on fait.

Après un succès du 1er coup avec votre premier essai, on attendait une confirmation avec ce 2e disque. Comment avez-vous vécu cette pression?
Comme tout le monde. Il paraît que le deuxième album est toujours le plus difficile à faire. On veut rester dans la même lignée tout en montrant qu’on a changé. C’était important pour moi de pas aborder les mêmes thèmes. J’ai voulu vraiment faire ce que je voulais. Tout en restant fidèle à ce que j’avais donné dans le premier.

Coeur de Pirate, c’est aussi ses tatouages. Que représentent-ils?
Une période de ma vie, des personnes ou des lieux. Dans tous les cas, ce sont des choses qui m’on marquées.

Pas un seul que vous ne regrettiez?
Non, je ne regrette jamais ce qui m’a rendu heureuse. C’est aussi pour me souvenir. Si les choses que j’ai gravées dans ma peau ne s’étaient pas réalisées, je ne serais pas en face de vous maintenant.

En avez-vous des nouveaux depuis votre premier disque?
Oui, trois. Notamment un geai bleu, sur l'avant bras. Dans la croyance afro-américaine, c'est un oiseau de malheur. Le porter c'est comme éloigner le mauvais œil. C’est mon ange gardien.