Rap

04 décembre 2008 14:47; Act: 04.12.2008 22:49 Print

«Ces paroles constituent un appel au meurtre»

Sous la pression de Pink Cross, «The Villain», l’album du rappeur Trick Trick, ne sera pas commercialisé.

Sur ce sujet
Une faute?

Alertées par l’organisation suisse des gays Pink Cross, plusieurs grandes chaînes de magasins ne commercialiseront pas le nouvel album du rappeur américain Trick Trick, qui sort ces jours. Dans l’un de ses morceaux, ce proche d’Eminem appelle à tirer une balle dans la tête des homosexuels. Le mois dernier, Capleton, un chanteur de reggae jamaïcain, clamant sa haine des gays, avait vu son concert annulé à Bâle.

Pink Cross s’est félicitée, jeudi, que Media Markt, la Fnac et City Disc, parmi d’autres, n’accueillent pas dans leurs bacs «The Villain». L’importateur officiel pour la Suisse du disque incriminé renonce aussi. «Cela ne me surprend pas que les distributeurs ne souhaitent pas relayer ce type de message injurieux, réagit l’avocat lausannois Michel Rossinelli. Ces paroles constituent un appel au meurtre. Elles visent un groupe et deux personnes nommément. Un artiste peut être un modèle pour ses fans. Il pourrait être pris à la lettre. Ce rappeur viole les valeurs de la Constitution suisse, qui garantit l’égalité et l’identité sexuelle des citoyens.»

De son côté Couleur 3 affirme qu’elle ne passera pas Trick Trick sur les ondes. «Nous sommes très attentifs aux paroles des chansons, souligne Willy Dezelu. Nous bannissons tous les textes sexistes, machistes ou qui appellent à la violence.» Au rayon des morceaux qui ont été victimes de la censure par le passé, le programmateur de la chaîne cite «Copkiller» (n.d.l.r.: tueur de flic), la chanson de Ice-T. Ou encore «Mangez-moi», du groupe français Billy Ze Kick. «On reprochait à ce titre d’être une incitation à se droguer.»

(gim/fab/sej)


Trick Trick feat. Eminem: «Who Want It»

ats/fab