Marie S'Infiltre

27 janvier 2020 21:40; Act: 28.01.2020 16:17 Print

«Cette fois, je cherche un milliardaire genevois»

par Sophie Zuber - La reine de l'incruste revient à Genève pour présenter son spectacle. Elle en profite pour mettre les choses au clair sur ses derniers buzz....

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Un an après son premier passage dans la Cité de Calvin, l'humoriste spécialiste des caméras cachées Marie S'Infiltre est de retour pour investir, cette fois, le Casino Théâtre de Genève. Star de YouTube, la Parisienne de 28 ans se dit, en parallèle, en pleine écriture d'un nouveau spectacle, d'un livre et d'un film.

Marie, on vous avait laissée il y a un an dans les rues de Genève. À l'époque, vous étiez à la recherche d'un mari fortuné. Où en êtes-vous dans votre quête?

Cette année, je reposte l'annonce en apportant un changement notable: cherche milliardaire genevois très vieux, pas en très grande forme avec un gros capital immobilier.

Interview dans le rues de Genève en février 2019

«Je propose une vision et si cela suscite le débat, c'est que j'ai plutôt réussi mon coup»

Vous nous disiez que vous adoriez Genève parce que l'on s'y «ennuie très bien». Mais seriez-vous vraiment cap de déménager en Suisse pour enfin y trouver la quiétude?

Bien sûr, j'emménage chez mon cousin Jérôme quand je veux! «Gnèv'», c'est un Graal! Quel art de vivre: trimer au travail trois jours par semaine, hésiter entre passer le week-end à Milan ou à Saint-Moritz, se mettre au lit à 20h30 le ventre plein de Ragusa, parler du temps qu'il fait, foncer sur l'autoroute à 60km/h… Ça fait rêver!

Vous vous êtes tapé l'incruste au défilé Chanel... Alors, ça fait quoi de se faire engueuler par Gigi Hadid en personne?

Gigi et moi avons une relation amour-haine passionnelle qui ne regarde que nous. C'est une personne émotive, très sensible, qui parfois trouve comme ultime mode d'expression une certaine agressivité. Moi, je sais tendre l'autre joue.

Marie S'Infiltre éconduite par Gigi Hadid, en octobre 2019

Votre performance lors de la marche contre les violences faites aux femmes à Paris n'a pas plu à tout le monde... Pouvez-vous comprendre que les gens aient été choqués?

Marie S'Infiltre est un personnage fictif qui se met en scène dans le réel pour servir une satire sociale. Il s'agit d'une manière de critiquer en prenant le contrepied d'un mouvement. Le sujet des violences faites aux femmes étant particulièrement grave et sensible, oui je m'attendais à attirer les foudres. Il faut pourtant parfois se mettre en danger pour servir l'objectif que s'est donné mon personnage: faire une satire complète et exhaustive de la société, que le sujet soit léger ou sérieux.

Performance lors de la marche contre les violences faites aux femmes, en novembre 2019

Comment s'est passé ce tournage en particulier?

J'ai été agréablement surprise lors de la manifestation car j'ai été bien accueillie. Les manifestants ont très bien compris la caricature outrancière proposée, la légèreté amenée et la proposition artistique. Si je ne cherche pas à blesser qui que ce soit, je ne cherche pas non plus à être validée ou à fédérer autour de moi. Je ne fais pas de la politique. Je propose une vision et si cela suscite le débat, c'est que j’ai plutôt réussi mon coup.

«Sur les tournages, je ne suis jamais agressive»

Qu'avez-vous envie de démontrer en faisant venir des hommes-objets sur lesquels il n'était pas interdit de fouetter?

Il s'agissait d'une caricature dans la caricature, avec différents degrés de lecture. Cette mise en scène grotesque et ridicule qui inverse les rôles montre l'absurdité et la bêtise qu'il y a dans la violence. Le personnage que j'incarnais est aussi une satire du cliché machiste qui consiste à considérer les féministes comme des castratrices qui cherchent à dominer les hommes. Enfin, il y a quelque chose qui m'agace en tant que femme émancipée, c'est que l'on assimile le combat des femmes à une position de victime. Or, mes icônes féministes sont des femmes fortes qui ne capitalisent pas sur le ressentiment.

Sur le terrain, comment faites-vous pour garder cette impertinence en toute circonstance?

Je m'amuse à chaque fois car un tournage est avant tout une fête. Avec mon associé Maxime, même si la satire va loin, nous avons une attitude bienveillante envers nos interlocuteurs. Je ne suis jamais agressive. Nous voulons provoquer mais en aucun cas nous imposer par la force et devenir vulgaires.

Peut-on parler de concurrence entre vous et les autres humoristes? N'êtes-vous pas un peu jalouse d'Inès Reg, qui a réussi à mettre des paillettes dans la vie de millions de personnes?

Absolument pas. Au contraire, c'est incroyable de voir qu'on peut percer et tout défoncer grâce aux réseaux sociaux. C'est un outil de liberté phénoménal! Vive les paillettes et vive la vie!