Eric Antoine

08 février 2019 07:30; Act: 08.02.2019 16:39 Print

«La scène, c'est toute ma vie!»

par Ludovic Jaccard - Pour son nouveau show, Éric Antoine revient avec ses meilleurs tours de magie. Et il compte bien en mettre plein la vue à son public romand.

storybild

Le magicien-humoriste de 42 ans a fait sensation à la rédaction du «20 minutes». (Photo: Francois Melillo)

Sur ce sujet
Une faute?

De retour avec son cinquième spectacle intitulé «Best of», Éric Antoine se produira le 12 février 2019 à l'Arena, à Genève. Le magicien-humoriste participera aussi aux festivals Maxi-Rires, à Champéry le 28 mai, et à Morges-sous-Rire, le 17 juin 2019. De passage à Lausanne, le pétillant Français de 42 ans s'est confié à cœur ouvert à «20 minutes».

Pourquoi présentez-vous un best of de vos spectacles?
Le nouveau show que je suis en train d'écrire ne commencera pas avant 2020. Comme la scène c'est toute ma vie et que cela me manquait terriblement, j'ai regroupé mes meilleurs numéros que j'ai présentés pendant douze ans au public ainsi qu'à la télé. J'avais créé le «Best of» au festival de Montréal et ensuite à Lausanne où je l'avais repris et modifié. J'avais trouvé très jouissif et chaleureux de reprendre mes numéros préférés, de les déconstruire mais aussi de les lier à vingt ans de boulot. Je me suis dit qu'il aurait été triste que cela ne vive pas un petit peu plus.

Est-ce difficile d'inventer de nouveaux tours de magie?
Non, cela devient de plus en plus simple pour moi. Parce qu'au début, j’ai beaucoup repris des numéros qui existaient, des classiques de la magie, que j'ai détournés. Puis, au fil de mon expérience, j'ai commencé à inventer des nouveaux tours. La magie, c'est comme un muscle. Plus on l'utilise, plus il devient fort et plus on trouve de nouvelles choses. Il suffit juste de se connecter à son temps et la créativité vient. Dans mon précédent spectacle, j'ai fait un numéro sur les réseaux sociaux. Tout est source d'inspiration: mes enfants, le public, mes expériences télévisuelles...

Allez-vous encore faire intervenir des spectateurs sur scène?
Oui, je ferai toujours monter des gens sur scène, puisque la magie est vécue au travers du regard d’une personne qui est souvent le témoin pour toutes les autres. Ça rend le tour plus fort parce que cette personne est au contact des objets et de la scène. Je dirais donc que c'est obligatoire.

Votre épouse, Calista, travaille-t-elle toujours avec vous sur ce nouveau show?
Oui elle est très présente. Elle incarne deux personnages indispensables dans ce spectacle: Bernard, l'assistant habillé tout en noir convaincu d'être invisible et Lindsay, l'assistante pas soumise qui montre au public à quel point les magiciens sont ringards et qui prouve que c'est les nanas qui font tout le boulot sur scène.

Est-difficile de travailler avec son conjoint?
C'est la merde! Il ne faut pas faire ça les amis! (rire) Non, en réalité c'est merveilleux parce que c'est un métier de solitude. On est souvent en tournée et le soir, après avoir fait marrer des milliers de personnes, on est dans son lit comme un con à ne pas pouvoir trouver le sommeil parce que l'énergie est montée trop haut. Du coup, partager ça avec mon épouse, c'est quand même une grande chance. Ce qui est compliqué, c'est le fait de ramener à la maison nos soucis du boulot. Mais finalement cela a plus d'avantages que d'inconvénients.

Emmenez-vous aussi vos deux fils en tournée?
Oui. Ils ont maintenant 5 et 8 ans. Le plus grand est scolarisé, mais il a de l'avance. Il a sauté une classe. On a donc pu l'emmener avec nous. J'ai des souvenirs fabuleux avec lui dans le bus de la tournée. Ma femme était enceinte à cette période. C'était donc bien moins cool pour elle!

Vous intégrez beaucoup d’humour et d'audace dans vos spectacles. Avez-vous des limites?
Oui J'ai des limites. J'essaie d’être rock'n'roll et d'aller là où je n'ose pas aller, d'explorer un peu, mais je n'aime pas trop la vulgarité. Je peux l'utiliser par moment en faisant des contrastes, en parlant avec un langage hyper pointu et tout d'un coup un gros mot. Ça j'adore! Je n'aime pas les choses trop violentes non plus. En fait, c'est comme une recette de cuisine où il faut trouver les bons ingrédients. Je ne m'interdis rien à la base. Ce qui compte c'est la réaction des gens. J'ai un public qui est très transgénérationnel, il y a des enfants, des ados des grands-parents, des trentenaires, des quadras, des quinquas.. J'essaie donc toujours de donner différents niveaux de lectures. Ma censure est donc là. J’ai envie que mon show soit drôle, malin, fou, contrasté et rock'n'roll.

Allez-vous rempiler pour une prochaine saison de «La France a un Incroyable Talent», sur M6?
J'ai très envie de continuer pour une prochaine saison parce que cette émission m'apporte énormément. Ce programme se bat pour des valeurs intrinsèques de diversités. On trouve sur ce plateau tous les âges, toutes les cultures. On y voit des numéros assez pointus, de la danse contemporaine en passant par du rap, de l'humour... Il y a donc plein de gens, de toutes les classes sociales, qui s'y reconnaissent. Je suis très heureux de cette diversité-là. Il y a très peu d’émission qui présentent ça.

Vous avez un gros potentiel comique. Aimeriez-vous jouer dans une comédie?
Le cinéma m'intéresse beaucoup. On m'a proposé des projets, mais ils ne se sont finalement pas concrétisés. D'autres ont abouti, mais ils ne me plaisaient pas assez. Mais j'aimerais beaucoup écrire dans le cinéma, c'est un de mes rêves de gosse.

Vous semblez avoir un optimisme à toute épreuve? Quel est votre secret?
Il y en a trois. Le premier, c’est l'acceptation. Même quand on est dans une situation pourrie, si on la refuse, rien de bon ne peut arriver. Il faut accepter par exemple d'être trop grand, trop gros ou d'être couillon, maladroit. Ensuite il faut avoir confiance en la vie. Pour chaque problème, il y a une multitude de solutions. La dernière, la plus importante: la curiosité. Il faut toujours se poser des questions et chercher ailleurs. Aller là où on ne nous attend pas. Et se poser la question que les autres ne se sont pas posée. Donc l'acceptation, la confiance et la curiosité. Avec ces trois armes là, on peut traverser la vie.

Quel autre métier auriez-vous pu faire?
Des professions autour du soin. Tous les métiers médicaux m'intéressaient beaucoup quand j'étais plus jeune. Il m'intéressent toujours aujourd'hui. J'avais commencé des études de médecine et de psychologie. Dans mes dix premières années de galères, de 20 à 30 ans, je m'étais dit que si ma carrière de magicien ne marchait pas, je reprendrais médecine à 30 ans. Et finalement, coup de chance pour moi, je n'ai pas eu besoin de faire sept ans d'études!

Regardez l'incroyable tour de magie d'Eric Antoine dans les locaux du «20 minutes», à Lausanne: