Conrad Murray

25 novembre 2013 09:40; Act: 25.11.2013 12:00 Print

«Michael Jackson a tué Michael Jackson»

par Ludovic Jaccard - L'ancien médecin de la star clame toujours son innocence. Il n'est pas responsable de la mort du chanteur et révèle ce qu'il s'est vraiment passé le jour du drame.

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Le médecin et la star américaine étaient devenus très proches. (Photo: DR)

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Libéré de prison le 28 octobre dernier, après avoir purgé la moitié de sa peine pour homicide involontaire sur Michael Jackson, Conrad Murray a décidé de dire tout ce qu'il a sur le cœur. Dans une interview exclusive accordée au «Daily Mail», le médecin de 60 ans, qui a toujours clamé son innocence, livre sa version des faits: il n'a pas tué la star et affirme qu'il était même devenu son seul ami.

«Tu sais, pour le reste de ta vie et de ma vie, nos noms seront inséparables. Je le sais, je suis clairvoyant.» Tels sont les propos que Michael Jackson aurait tenus au docteur américain, deux semaines avant sont décès. «Je lui ai demandé pourquoi il me disait ça, et il a souri», se souvient Murray, encore très ému. Ironie du sort, le 25 juin 2009, le roi de la pop décédait à l’âge de 50 ans, des suites d’une overdose de Propofol mélangé à des sédatifs. Accusé de lui avoir injecté une dose fatale, son médecin a été condamné en novembre 2011 à quatre ans de prison.

«Nous nous aimions comme des frères»

Mais ce dernier n'a jamais accepté ce verdict. «Je n’ai jamais rien donné à Michael qui aurait pu le tuer. Je l’aimais et je l’aimerai toujours, assure-t-il. Nous étions une famille, nous nous aimions comme des frères!» Il jure que le chanteur américain ne comptait que sur lui. Leur relation allait bien au-delà de l'aspect médical. «Il n'y que quatre personnes dans ma famille à présent: Paris, Prince, Blanket et toi Dr Conrad», lui aurait confié Michael durant ses derniers jours sur terre. Le médecin précise que la star ne faisait confiance à personne. «Sa chambre sentait mauvais parce que même les femmes de ménage ne pouvaient pas y entrer. Il y avait des vêtements partout.» Et l'homme de livrer une anecdote éloquente pour prouver son degré d'intimité avec l'artiste: «Vous voulez savoir à quel point nous étions proches? C’est moi qui installais chaque nuit un étui pénien sur son sexe parce qu’il était devenu incontinent. Il n’avait aucune idée de la façon dont cela se mettait.»

Michael: un homme brisé

Le Dr Murray révèle aussi que Michael était «paniqué, malheureux» à cause de ses problèmes de santé et d'argent. Du coup, il a ressenti une pression énorme pour son grand retour sur scène, avec la tournée «This is it». «A la fin, c’était un homme brisé», raconte le médecin.

Lorsqu’il a commencé à travailler avec l'interprète de «Thriller», en 2006, Murray ignorait qu’il prenait de grandes quantités de Propofol. «Il me disait que des médecins en Allemagne lui en prescrivaient. Je n’étais pas d’accord avec ça, mais Michael n’était pas le genre d’homme à qui vous pouviez dire non. Il se débrouillait quand même pour en trouver», explique le docteur. Alors, comme Michael insistait pour en avoir, il a décidé de l’aider en lui donnant ce médicament sur une période de deux mois et demi. «Il me suppliait de lui en donner parce qu’il voulait dormir, parce qu’il ne voulait plus avoir à penser à rien. A la fin de sa vie, il était en pleine crise, il était paniqué et malheureux, ajoute Murray. Jamais je ne lui ai recommandé d’en prendre. Mais je voulais l’aider. Au final, je me suis rendu compte qu’il n’était pas accro au Propofol, mais à d’autres médicaments prescrits par des médecins dont je ne connaissais pas l’existence.»

A cette période, Michael n'était pas en forme. Ses repas quotidiens se résumaient uniquement à du poulet et du riz. Ses enfants se plaignaient de vivre trop souvent dans des hôtels. Michael faisait alors son possible pour les combler. «Il voulait aller à Londres et ensuite, acheter une maison, certainement à Vegas. Mais jour après jour, il me disait qu’il n’était pas sûr d’en être capable. Il me disait qu’on le faisait travailler comme une machine», poursuit Murray. Mais selon lui, la star était obligée d’accepter cette dernière tournée, au risque, sinon, de se retrouver sans argent.

Le jour de sa mort, Michael était «hystérique», d'après le docteur. Il aurait alors supplié Murray de lui injecter du Propofol, afin de trouver le sommeil. Mais ce dernier aurait refusé. Du coup, c'est Michael lui-même qui se serait injecté une dose du puissant sédatif. Il aurait encore pris d'autres drogues, selon lui. «Cette nuit-là, je lui ai donné du Valium et du Lorazepam pour qu’il puisse dormir, mais rien ne marchait. Il me suppliait de l’aider à dormir. Ce n’était pas normal qu’il n’y arrive pas alors que je lui avais donné ces médicaments.»

Pour prouver ses dires, Conrad ajoute encore: «Dans la chambre d’à côté, les policiers ont découvert après sa mort un flacon de Lorazepam, vide. Et l’autopsie a révélé qu’il avait au moins une tablette dans son estomac. Je ne lui ai pas donné tout ça. Il a pris des cachets en plus, et il s’est fait ses propres injections!»

«C'était mon ami»

Le lendemain, Bambi était retrouvé inanimé sur son lit. «Je n’ai pas paniqué. J’ai commencé un massage cardiaque», raconte le médecin. En vain. Lors de son procès, les experts ont trouvé étrange qu’un médecin pratique un tel geste sur le lit de Jackson plutôt que sur le sol. Mais, «le lit était dur et Michael était mince», se justifie Murray. A l’hôpital, lorsqu’il a dû annoncer ce drame aux trois enfants de la star, ils ont tous fondu en larmes. «Paris criait: «Je ne veux pas être orpheline, je ne veux pas être orpheline!»

Conrad affirme que Michael lui manque tous les jours. «C’était horrible, il n’avait que 50 ans. Il était si jeune, et c’était mon ami», dit-il, jurant encore être innocent dans toute cette affaire. «Je n’ai pas tué Michael Jackson. Il était accro aux médicaments. Michael Jackson a accidentellement tué Michael Jackson.»