Olivia Wilde

17 février 2020 06:25; Act: 17.02.2020 06:25 Print

«Plutôt passer pour une chieuse qu'une idiote»

par Henry Arnaud, Los Angeles - Olivia Wilde est à l'affiche dès mercredi 19 février 2020 du «Cas Richard Jewell», réalisé par Clint Eastwood. Une aubaine pour la comédienne.

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La comédienne de 35 ans a sorti en 2019 «Booksmart», son premier film en tant que réalisatrice. (Photo: AFP/Vivien Killilea)

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Devenue célèbre avec son rôle dans la série «Docteur House», Olivia Wilde est a un tournant de sa vie. A 35 ans, elle souhaite passer derrière la caméra en s'imposant comme réalisatrice. En attendant, elle arrive dans le nouveau film de Clint Eastwood, «Le cas Richard Jewell», sur nos écrans ce mercredi 19 février 2020.

Est-ce que l'on dit oui en quelques secondes lorsque Clint Eastwood vous appelle pour son nouveau film?
Et comment! Je vous avoue que j'ai sauté sur l'occasion pour voir le grand Eastwood au travail et l'observer en tant que metteur en scène. Clint a réussi à faire sa transition après des années comme acteur. J'espère en faire autant dans les prochaines années.

Votre rôle dans «Le cas Richard Jewell» a été sous le feu des critiques aux États-Unis. Pourquoi?
J'incarne la journaliste qui a été la première à écrire que le héros de cette affaire (ndlr: l'agent de sécurité Richard Jewell qui a réussi à déjouer un attentat terroriste aux JO d'Atlanta en 1996 avant d'en être suspecté) était aussi un suspect pour le FBI. Cette femme a vraiment existé et on a voulu faire croire qu'elle avait couché avec des agents fédéraux pour avoir ses informations. C'est tellement sexiste de penser ça.

Vous êtes réalisatrice de «Booksmart», passé inaperçu lors de sa sortie en 2019, mais qui devient un film culte pour les ados...
Ma plus grande fierté est que ce film est tout autant apprécié par les ados que par les plus vieux. De grands artistes comme le réalisateur Darren Aronofsky ont twitté que «Booksmart» était dans son Top 10 de 2019. C'est dingue car il est l'une de mes idoles! Gagner récemment le Spirit Awards du meilleur premier film a été un bel encouragement pour l'avenir.

Qu'avez-vous appris dans la mise en scène?
À imposer mes règles en matière de tournage lors d'une scène de sexe. Même quand on parle d'une équipe réduite, il n'est pas rare d'avoir des dizaines de personnes sur le plateau. Moi, j'avais le strict minimum qu'on peut compter sur les doigts d'une main. J'ai expliqué à mes deux jeunes actrices que toutes les femmes doivent maintenant imposer ce genre de règles à Hollywood.

Est-ce que votre arrivée derrière la caméra annonce l'arrêt de votre carrière d'actrice?
Non, mais je suis beaucoup plus sélective dans mes choix de comédienne. A 35 ans, je suis trop vieille pour jouer la jeune mignonne à côté du héros. J'ai appris à m'affirmer et à ne plus avoir peur d'exprimer mes pensées en me lançant dans la mise en scène.

Est-ce dur de diriger un film quand on est une femme?
Halle Berry m'a dit que le jour où elle a accepté de passer pour une garce dans le showbiz, toute sa carrière a changé de manière positive car elle m'a plus eu besoin de faire semblant d'être douce et gentille avec tout le monde. Moi, j'essaie surtout de garder le dialogue avec mon équipe. J'écoute, j'explique même si, au final, c'est moi qui décide puisque c'est mon job de réalisatrice. Je préfère plutôt passer pour une chieuse que pour une idiote.

Bande-annonce du «Cas Richard Jewell»