Jean-Luc Delarue

07 janvier 2011 15:06; Act: 07.01.2011 15:45 Print

116 jours sans cocaïne et 95 jours sans alcool

L'animateur, mis en examen vendredi pour «usage de stupéfiants», estime dans un entretien que son arrestation a été un «choc salutaire» et affiche avec fierté un sevrage pour le moment réussi.

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Que vous inspire votre mise en examen ?

Ce n'est pas une surprise pour moi puisque le procureur Philippe Courroye en avait fait la demande auprès du juge. Je l'attendais avec sérénité. Il faut accepter les choses qu'on ne peut pas changer. La mise en examen est un terme qui peut choquer mais le plus important pour moi, c'est que je ne sois soumis à aucun contrôle judiciaire. C'est une preuve de confiance et d'encouragement de la part de Madame la juge dans ma détermination à me débarrasser de toutes mes addictions.

J'assume complètement ce que j'ai fait et je suis content de pouvoir m'expliquer sur où j'en suis aujourd'hui, cela m'aide à consolider mon rétablissement.

Vous semblez presque heureux de cette décision...

Mon arrestation a été un choc salutaire, sans doute le choc dont j'avais besoin, j'étais déjà déterminé à stopper toute consommation de cocaïne. J'avais même consulté un médecin en ce sens, début septembre peu de temps avant mon interpellation.

Grâce à ce choc et à la couverture médiatique qui l'a accompagné, quelque chose s'est produit en moi. J'ai donc décidé à ma propre initiative de suivre une cure de sevrage et de participer à des groupes de parole cinq fois par semaine. J'ai compris qu'il fallait complètement capituler devant les produits qui altèrent le comportement : la drogue, l'alcool que je consommais excessivement et les psychotropes comme les calmants et les somnifères.

Capituler, cela signifie reconnaître que tous les produits sont plus forts que moi. J'ai déjà essayé plusieurs fois d'arrêter, mais, hélas !, je suis revenu à l'alcool et l'excès d'alcool m'a conduit à reprendre de la cocaïne. La volonté ne suffit pas pour pouvoir s'en sortir d'où la nécessité des groupes de parole et la présence constante d'un parrain à mes côtés, qui est un ancien consommateur, abstinent depuis 16 ans.

Vous êtes toujours sous traitement ?

Oui, avec assiduité. Aujourd'hui, cela fait 116 jours que je ne touche plus de cocaïne, ni d'alcool depuis 95 jours. Je ne prends plus d'anxiolytiques, ni de calmants. Dans le programme Minnesota que je suis, on ne remplace pas la drogue par une autre, par une béquille chimique par exemple. Je vais bien. Je suis plus calme, mes idées sont plus claires, je n'ai plus de problèmes de santé. Au moment où je voulais m'arrêter début septembre, j'avais les cordes vocales très abîmées et j'avais très souvent des nausées. Je n'étais pas heureux.

Et aujourd'hui ?

Je me sens de mieux en mieux. Je ne dirais pas encore bien parce qu'il ne faut pas aller trop vite. Je reprends doucement le chemin du travail. Je prépare mon retour à l'antenne.

Pourquoi preniez-vous de la drogue?

Je prenais de la coke pour tenir debout après une consommation excessive d'alcool. Il y a 18 mois, je me suis lancé dans l'écriture d'un livre qui retraçait ma vie. Certains traumatismes d'enfance ont ressurgi et j'ai commencé à cautériser avec de l'alcool. Et puis on m'a proposé de la cocaïne...

Très vite, j'ai plongé, sans pouvoir m'arrêter parce que j'ai un cerveau de dépendant, une maladie primaire et génétique. Je n'ai évidemment jamais pris de drogue ni avant l'antenne, ni en public. Pour moi, ce n'était pas une drogue +festive+. Maintenant, c'est à mon tour de vider mon sac et d'aller au fond de mes problèmes.

(afp)