Etats-Unis

25 février 2019 17:35; Act: 26.02.2019 06:51 Print

R. Kelly plaide non coupable d'abus sexuels

Le chanteur américain a été libéré sous caution lundi soir après avoir plaidé non coupable des 10 chefs d'accusation retenus contre lui.

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L'avocat de R.Kelly, Steve Greenberg. (Photo: Keystone)

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Le chanteur américain R. Kelly a été remis en liberté sous caution lundi après avoir plaidé non coupable des accusations d'abus sexuels sur quatre femmes, dont trois mineures, dont il fait l'objet. A sa sortie, après trois jours de détention, la vedette de R&B s'est dirigée vers un véhicule noir sans dire un mot aux journalistes présents.

La vedette de R&B a comparu dans la matinée devant un tribunal de Chicago, dans l'Etat de l'Illinois, aux côtés de son avocat, qui s'est exprimé à sa place. Il avait les mains menottées dans le dos et portait une combinaison orange de détenu.

La police du comté de Cook, région qui englobe Chicago, a indiqué dans l'après-midi à l'AFP que l'artiste allait être remis en liberté «dans l'heure» après avoir payé les 100'000 dollars correspondant à 10% de sa caution, fixée à un million de dollars. La prochaine audience a été fixée au 22 mars.

Robert Sylvester Kelly, âgé de 52 ans, avait été placé en détention vendredi soir après s'être présenté à la police. La justice de Chicago a entamé des poursuites après la diffusion début janvier sur la chaîne Lifetime de la série documentaire en six parties «Surviving R. Kelly». Cette dernière multiplie les témoignages sur «les abus sexuels, mentaux et physiques» perpétrés par le chanteur.

«Rien fait de mal»

Son avocat, Steve Greenberg, a réaffirmé après l'audience que son client niait les accusations et n'avait «rien fait de mal». «Personne ne nous a montré de preuve qu'il a fait quelque chose de mal», a-t-il insisté.

Dix chefs d'accusation, chacun puni de trois à sept ans de prison, ont été retenus contre le chanteur pour des agressions sur les quatre victimes présumées entre 1998 et 2010. Selon la procureure Kimberly Foxx, une vidéo montre l'artiste à son domicile ayant des rapports sexuels avec l'une d'elles, alors âgée de 14 ans.

Deux autres victimes présumées, dont une âgée de 16 ans à l'époque, ont fourni des échantillons de sperme. Dans un cas, l'analyse ADN a confirmé qu'il appartenait à R. Kelly. Pour M. Greenberg, ce sont de vieilles et fausses accusations et les accusatrices «mentent toutes».

Ces propos sont «irresponsables», a réagi Lizzette Martinez, qui affirme dans le documentaire avoir été agressée par le chanteur entre 1995 et 1999. «J'ai estimé que je devais être sincère et que je devais m'exprimer sur ce qu'il m'est arrivé, pour sauver d'autres personnes», a-t-elle dit lors d'une conférence de presse à Los Angeles. «On m'a fait mal quand j'étais jeune», a souligné Lizzette Martinez, âgée de 41 ans, ajoutant que le chanteur, alors toujours en détention, est «là où il doit être».

Acquitté en 2008

Le médiatique avocat Michael Avenatti, qui représente deux accusatrices, a pour sa part affirmé lundi que son équipe avait fourni au procureur une seconde vidéo de près d'une heure montrant le chanteur «agresser sexuellement une mineure». M. Avenatti avait déjà fourni à l'accusation la première vidéo, montrant la jeune fille censée avoir 14 ans. Il a ajouté que son équipe tentait de récupérer une troisième vidéo de même nature, et que d'autres témoins s'étaient fait connaître depuis l'arrestation de R. Kelly. «Ce règne d'agressions et de violences de la part de M. Kelly s'approche d'une fin brutale et définitive», a déclaré M. Avenatti.

R. Kelly, originaire de Chicago et notamment interprète du tube «I Believe I Can Fly», fait face depuis des décennies à des accusations d'abus sexuels et de pédophilie. Le chanteur vedette a été brièvement marié, en 1994, avec la jeune star de 15 ans Aaliyah, dont les parents avaient ensuite fait annuler le mariage. Il avait été inculpé en 2002 pour possession d'images pédopornographiques - il s'était filmé ayant des relations sexuelles avec une adolescente de 14 ans - avant d'être acquitté en 2008.

Après la diffusion du documentaire, d'autres femmes ont saisi la justice à New York. «Ça a été long à venir mais on y est», a réagi dans le «New York Times» Lisa Van Allen, qui avait témoigné contre le chanteur en 2008 et qui apparaît dans le documentaire.

Le chanteur, qui a gardé un public fidèle malgré les accusations, a toutefois été récemment lâché par sa maison de disque RCA, filiale de Sony Music. Le mouvement #MuteRKelly (faites taire R. Kelly), lancé en 2017, affirmait fin janvier avoir entraîné l'annulation de 12 concerts, dont certains prévus en Europe, et fait perdre à l'artiste environ 1,75 million de dollars.

(nxp/afp)