Cinéma

28 février 2011 15:45; Act: 28.02.2011 17:32 Print

Annie Girardot est décédée

L'actrice française Annie Girardot est décédée lundi à Paris.

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La famille et les proches de l'actrice française Annie Girardot décédée lundi 28 février 2011 lui ont rendu un dernier hommage vendredi 4 mars. Les applaudissements nourris de centaines d'anonymes ont salué l'entrée du cercueil d'Annie Girardot dans l'église Saint-Roch Le ministre de la culture Frédéric Mitterrand et l'actrice Line Renaud. Mireille Darc et Alain Delon. Le réalisateur Yves Boisset Gérard Darmon Le réalisateur Constantin Costa-Gavras. La fille de l'actrice Giulia Salvatori (à gauche) avec ses deux enfants, Lola et Renato. Claude Lelouche Smaïn Jack Lang Jean-Pierre Marielle Jane Birkin Figure du cinéma français des années 1970-80, Annie Girardot est décédée à l'hôpital Lariboisière à Paris, à l'âge de 79 ans, a annoncé sa petite-fille Lola Vogel. En 2002, elle recevait un Molière. Ici en présence de son ami Alain Delon. Ses dernières années avaient été ravagées par la maladie d'Alzheimer comme le montrait "Ainsi va la vie", un documentaire de Nicolas Baulieu qui l'avait filmée, malade, pendant huit mois. "Aujourd'hui, Annie ne sait plus rien d'Annie Girardot", concluait-il. L'actrice reçoit aussi le César du meilleur second rôle en 2002. Celle qui tournera dans plus d'une centaine de films, débute au cinéma dans "Treize à table" d'André Hunebelle en 1955. Elle devra attendre 1960 et Visconti pour obtenir un rôle à sa mesure dans "Rocco et ses frères", avec Alain Delon et l'acteur italien Renato Salvatori, son futur mari et père de sa fille Giulia. A la cérémonie des Césars 96, où elle était récompensée pour son second rôle dans "Les misérables" de Claude Lelouch, Annie Girardot avait évoqué, en larmes, sa traversée du désert : "Le cinéma m'a manqué. Follement, éperdument, douloureusement". L'année suivante, elle avait présidé la même cérémonie. Dans "Partir, Revenir", son autobiographie parue en 2003 (Le Cherche Midi), elle disait avoir été "l'anti-vamp (qui) rassure" les spectateurs mais avoir profité de la vie "jusqu'à la lie". "Je suis votre cousine, votre tantine, votre maman, votre fiancée", disait-elle à son public. En mai 1972, lors du festival de Cannes. En avril 1971 sur le tournage du film "Le crime ne paie pas" signé Gérard Oury. Le 11 août 1970 à Paris, sur le plateau du film "Mourir d'aimer" d'André Cayatte. Avec Jean Gabin film "Le rouge est mis", 1957.

Une faute?

Annie Girardot est décédée «paisiblement» lundi dans un hôpital parisien, a indiqué sa petite-fille. Figure du cinéma français des années 60 et 70, l'actrice avait 79 ans. Elle souffrait de la maladie d'Alzheimer depuis quelques années.

«Elle est partie paisiblement. Maman et moi étions à ses côtés», a déclaré sa petite-fille Lola Vogel à l'AFP. L'actrice est morte à l'hôpital Lariboisière de Paris.

Elle avait révélé sa maladie au public en 2006. Annie Girardot était devenue un symbole du difficile combat contre l'Alzheimer, après avoir accepté de se faire filmer en 2008 pour le documentaire «Ainsi va la vie» de Nicolas Baulieu.

A l'annonce de son décès, la comédienne Mireille Darc a rappelé que l'actrice était une femme de coeur généreuse. «Pour moi, c'était plus qu'un modèle sur le plan artistique. Annie pouvait incarner tous les rôles.» Le cinéaste Bertrand Blier s'est souvenu avec émotion d'une personne «tellement drôle et douloureuse à la fois».

Enfance en Normandie

Née à Paris le 25 octobre 1931, Annie Girardot passe son enfance en Normandie. Après une école d'infirmière, elle entre au conservatoire et y côtoie Jean-Paul Belmondo, Jean Pierre Marielle ou Pierre Vernier.

Ses études sont couronnées de deux prix qui lui ouvrent les portes de la Comédie-Française. Elle va y triompher notamment dans «La machine à écrire» de Jean Cocteau, en 1956.

Critiques élogieuses

Parallèlement, elle débute au cinéma dans «Treize à table» d'André Hunebelle en 1955. Elle claque la porte du Français mais n'abandonne pas la scène. En 1958, elle saisit la chance que lui offre Luchino Visconti de jouer au théâtre «Deux sur la balançoire» avec Jean Marais.

Son talent lui vaut des critiques élogieuses. Elle tourne par la suite plusieurs films populaires. Sa carrière au cinéma prend de l'épaisseur grâce à Visconti qui lui confie un rôle dans «Rocco et ses frères» en 1960.

Double carrière

Sur le tournage, elle rencontre Renato Salvatori qui devient son époux en janvier 1962, dont elle se séparera quelques années plus tard, et qui est le père de sa fille Giulia. Annie Girardot mène alors une double carrière à l'écran, en France et en Italie. Elle campe une grande variété de personnages dans quelque 120 films de qualité très inégale.

Elle s'illustre dans «Le mari de la femme à barbe» (1963) de Marco Ferreri, «Vivre pour vivre» de Claude Lelouch (1967) ou «Dillinger est mort» (1969) de Marco Ferreri. «Mourir d'aimer» d'André Cayatte (1971) la réhabilite aux yeux du grand public.

Dans les années 60 et 70, avec des rôles de femmes farfelues ou courageuses, elle redevient très populaire. «Docteur Françoise Gailland» lui vaut le César de la meilleure actrice en 1977. Hormis quelques rôles remarqués, dont «Liste noire» (1984) d'Alain Bonnot, elle se fait plus rare sur grand écran dans les années 80.

Théâtre et télévision

Au théâtre, elle apparaît dans une trentaine de pièces depuis 1950. Elle y défend des textes de Molière, Shakespeare, Marivaux ou Ionesco. En 1975, par exemple, elle crée au théâtre «Madame Marguerite». Elle reprendra en 2001 ce monologue virulent qu'elle joue notamment en Suisse romande.

En revanche son spectacle au Casino de Paris est un échec en 1982. Elle a aussi beaucoup tourné pour la télévision, dont les feuilletons «Le vent des Moissons» en 1988 ou «Orages d'été» en 1989.

Recueils de souvenirs

En 1996, elle bouleverse le public en recevant le César du meilleur second rôle pour «Les Misérables», film de Claude Lelouch. Elle sanglote: «Cela faisait si longtemps... Cela me fait penser que peut-être je ne suis pas tout à fait morte».

Elle a glané un autre César du meilleur second rôle en 2002 pour son interprétation dans «La Pianiste» de Michael Hanecke. Elle y campe la mère d'une professeure de piano jouée par Isabelle Huppert.

Annie Girardot a écrit deux recueils biographiques: «Vivre d»aimer» et «Ma vie contre la tienne». En 2007, sa fille Giulia signe avec un journaliste un témoignage titré «La mémoire de ma mère».

(afp)