Suisse

05 juin 2014 06:01; Act: 05.06.2014 06:01 Print

Anthony Kavanagh est désormais lausannois

par Julienne Farine - L'humoriste québécois a quitté Paris, où il vivait depuis quinze ans, pour s'installer dans la capitale vaudoise avec sa femme et son fils.

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L'humoriste a 25 ans de carrière.

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Lundi 9 juin, quand il sortira de scène à Pully, Anthony Kavanagh, 44 ans, ne mettra que 15 minutes pour rentrer chez lui. Il a choisi d’habiter en Suisse, parce que c’est un pays qui lui rappelle son Québec natal et qu’il y fait bon vivre.

Votre épouse est Valaisanne. Pourquoi habiter à Lausanne plutôt qu'à Sion?
J'adore le Valais, mais il n'y a pas de gare TGV là-bas ni de vols internationaux réguliers depuis leur aéroport. J'hésitais entre Genève et Lausanne. J'ai préféré la seconde, parce que j'ai trouvé que ça ressemblait plus à la Suisse, que c'était plus authentique.

Avez-vous pensé à retourner définitivement au Québec?
C'était notre première idée, à ma femme et à moi. On va là-bas chaque année. Avec mon nouveau spectacle et la tournée qui va démarrer en Europe, je n'aurais pas beaucoup vu ma famille si on avait choisi Montréal.

Y a-t-il des points communs entre Lausanne et Montréal?

On ne peut pas vraiment faire de comparaison. Le grand Montréal c'est 4 millions d'habitants. Même à Genève il n'y a pas tant de monde. Quand on sait que la Suisse romande c’est 1,5 million d'habitants à peu près (rires)... Mais quand je vais en Valais, ça me rappelle beaucoup le Québec.

Pourquoi?
Le côté authentique, les gens simples qui aiment faire la fête, qui sont de bonne humeur, joviaux. Quand je vais en Valais, j'ai l'impression d'être au Québec. Les Vaudois sont un peu plus sérieux (rires).

Ça a dû être un grand changement pour Mathis, votre fils de bientôt 5 ans.
Oui, d'autant plus qu'il allait déjà à l'école depuis un an et demi à Paris. A Lausanne, il a dû retourner à la crèche. On se bat pour qu'il puisse entrer directement en 2e année enfantine à la rentrée.

Mathis assiste-t-il à vos spectacles?

Il vient souvent et il adore ça. Je le fais même monter sur scène parfois. Il est à l'aise dans les coulisses et avec les gens. Il aime les lumières, la musique et le public.

Est-il un futur humoriste?
Je ne sais pas. Ce qui est certain, c'est que je ferai tout pour qu'il soit heureux. Ce qu'il a envie de faire en ce moment, c'est éboueur (rires). C'est un fan de gros camions
.
Que lui conseilleriez-vous s’il vous disait qu’il veut faire le même métier que son papa?
Je lui dirais ce que ma mère m’a dit, et qui m’a beaucoup aidé: «Fais ce que tu veux, mais fais-le bien.»

Vous fêterez vos 25 ans de carrière cet été. Avez-vous toujours la même envie, la même pêche avant d'entrer sur scène?
Non, l'envie est différente. J'ai toujours l’envie de défi, de variété, de nouveauté, d’apprendre et d’apprendre de nouvelles choses. Avec le temps, on arrive à maîtriser assez souvent la nervosité et à la transformer en énergie positive. Pour essayer de garder un peu de fraîcheur, j'improvise. C'est pour ça que le spectacle n'est jamais exactement le même chaque soir.

Quels sujets abordez-vous dans votre spectacle?

Je parle de la vie avant Google, comment on faisait, de ce que feraient les hommes s'ils tombaient enceintes. J'ai aussi été inspiré par un fait divers en France. Un homme a été condamné à 500 euros d'amende parce qu'il avait donné une fessée à son fils. Là, je joue l’avocat qui défend le fils. Je parle aussi de Dora l’exploratrice. Je joue aussi le maire d’une commune qui est contre le mariage gay. Il y a de tout. On est encore en pleine création. Le spectacle devrait être terminé fin juillet et la tournée officielle commencera en septembre.