Injures racistes

01 mars 2011 15:40; Act: 02.03.2011 06:42 Print

Dior licencie Galliano

La maison de couture s'est séparée de son directeur artistique responsable de la mode féminine.

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La maison Dior, propriété du groupe LVMH, désavoue son ex-employé aujourd'hui dans la tourmente.

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La maison Dior a annoncé mardi avoir engagé une procédure de licenciement contre son directeur artistique John Galliano. Cette décision est motivée par le comportement «particulièrement odieux» du couturier et d'une vidéo dans laquelle il dit «adorer Hitler».

La maison de couture parisienne, dont John Galliano est le directeur artistique depuis 15 ans, avait suspendu ses relations avec lui dès vendredi, après l'accusation de propos antisémites qui ont valu au styliste britannique, âgé de 50 ans, d'être interpellé par la police jeudi.

«Aujourd'hui, en raison du caractère particulièrement odieux du comportement et des propos tenus par John Galliano dans une vidéo rendue publique lundi, la maison Christian Dior a décidé sa mise à pied et a engagé à son encontre une procédure de licenciement», indique la griffe dans un communiqué.

Le PDG de Dior Couture, Sidney Toledano, cité dans le communiqué, «condamne avec la plus grande fermeté les propos tenus par John Galliano en totale contradiction avec les valeurs essentielles qui ont toujours été défendues» par la griffe.

Une vidéo diffusée lundi sur le site internet du tabloïd britannique «The Sun», montre un John Galliano visiblement éméché dans un café, lancer à des personnes assises à table à côté de lui: «J'adore Hitler. (...) Des personnes comme vous seraient mortes. Vos mères, vos pères seraient tous des putains de gazés».

La diffusion de cette vidéo est intervenue le jour où John Galliano a été confronté par la police à un couple et à une femme qui l'accusent d'avoir tenu des propos antisémites. Aucun témoin n'a pour l'heure confirmé ces allégations.

Présent au défilé?

John Galliano avait apporté son flair, son talent visionnaire et une touche de scandale. Son départ brutal l'empêchera peut-être de présenter, dans trois jours, la collection féminine automne-hiver. Elle sonne le glas d'une des plus longues et plus fructueuses collaborations de l'histoire de la mode.

Depuis 1996, l'Anglais était un des stylistes les plus influents du monde de la mode avec Karl Lagerfeld, Tom Ford et Jean-Paul Gaultier.

Ses collections pour Dior furent des incursions éclatantes dans l'histoire du vêtement, résumant des siècles de mode en un défilé. Elles diffusèrent la nouvelle popularité de la marque chez les «fashionistas» jusqu'en Amérique latine et en l'Asie.

Né à Gibraltar

Né en 1960 à Gibraltar, John Galliano est arrivé à l'âge de six ans à Londres, où il a plus tard suivi les cours du St. Martin's College of Art and Design, le temple de la mode britannique, d'où est il est sorti diplômé avec mention. Son premier défilé, «Les Incroyables», s'inspire de la Révolution française.

Avec son sens du choc visuel, John Galliano fait bientôt l'unanimité de la critique et remporte le titre du designer britannique de l'année pour la première fois en 1987. Trois autres titres suivront jusqu'en 1997, le dernier conjointement avec Alexander McQueen.

Habité par le théâtre et les célébrités, Galliano dessine les costumes de Madonna dans le film «Evita» en 1996 et inspire des personnages de créateurs au cinéma.

Il arrive à Paris au début des années 1990 où il gagne la sympathie des figures du monde de la mode et des personnes qui comptent, qui lui donnent la visibilité et des moyens financiers suffisants pour rivaliser avec les meilleurs.

Débuts chez Givenchy

Son premier défilé sous son nom, qu'il aurait préparé en deux semaines, lui ouvre les portes de Givenchy dont il devient le premier créateur britannique en 1995.

Deux ans plus tard, il arrive chez Dior, pour son triomphe, et le succès de la marque phare de LVMH, nð1 mondial du luxe.

Sa vie personnelle agitée suscite cependant des remous croissants au fil des ans dans la prestigieuse maison, d'autant que des drames personnels, comme la mort d'un de ses proches conseillers personnels, le déstabilisent.

(ats/afp)