Connor Jessup

12 février 2020 06:33; Act: 12.02.2020 07:24 Print

«J'avais l'impression de censurer mon attitude»

par Ludovic Jaccard - L'acteur de «Locke & Key», Connor Jessup, ne regrette pas d'avoir fait son coming out. Il ne supportait plus de mentir sur sa vraie nature.

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L'acteur canadien a révélé son homosexualité en juin 2019. (Photo: AFP/Emma Mcintyre)

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Il est le héros de la nouvelle série fantastique de Netflix, «Locke & Key», où il incarne Tyler Locke, un hétéro très macho. Un rôle aux antipodes de la réalité pour Connor Jessup qui a révélé son homosexualité sur Instagram en juin 2019. Interviewé par le magazine «The Face», le Canadien de 25 ans se félicite de s'assumer désormais à 100%. Avant cela, il ne se sentait «pas honnête» avec lui-même et les autres. «J'avais l'impression de limiter, de censurer et de modifier mon propre comportement, explique Connor. Les raisons pour lesquelles je me cachais sont devenues de plus en plus floues avec le temps. Cela n'avait plus aucun sens pour moi. Il y a donc beaucoup de facteurs qui m'ont amené à en parler.»

Le comédien a toutefois longuement hésité à faire son coming out sur un réseau social. «Je me sentais gêné, pas gêné d'être gay, bien sûr, mais gêné à l'idée de faire un post attirant l'attention sur moi en pensant que les gens se soucieraient de ce que j'avais à dire. Je me suis donc dit que j'allais juste garder ça pour moi, mais finalement, toutes ces excuses ne suffisaient plus.»

Son acte est aussi une forme de militantisme à l'égard de ceux qui pourraient vivre la même situation que lui. «Je sais, bien sûr, qu'il est encore assez rare que des acteurs soient ouvertement gays», dit-il. Selon le jeune homme, cela pourrait aider des gens qui n'assument pas leur homosexualité. Le fait qu'ils voient la série et qu'ils apprennent que Connor a récemment fait son coming out pourrait les encourager à suivre son exemple.

Regardez la bande-annonce de la série «Locke & Key», diffusée sur Netflix:


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I knew I was gay when I was thirteen, but I hid it for years. I folded it and slipped it under the rest of my emotional clutter. Not worth the hassle. No one will care anyway. If I can just keep making it smaller, smaller, smaller.... My shame took the form of a shrug, but it was shame. I’m a white, cis man from an upper-middle class liberal family. Acceptance was never a question. But still, suspended in all this privilege, I balked. It took me years. It’s ongoing. I’m saying this now because I have conspicuously not said it before. I’ve been out for years in my private life, but never quite publicly. I’ve played that tedious game. Most painfully, I’ve talked about the gay characters I’ve played from a neutral, almost anthropological distance, as if they were separate from me. These evasions are bizarre and embarrassing to me now, but at the time they were natural. Discretion was default, and it seemed benign. It would be presumptuous to assume anyone would care, yeah? And anyway, why should I have to say anything? What right do strangers have to the intimate details of my life? These and other background whispers––new, softer forms of the same voices from when I was thirteen, fourteen, fifteen.... Shame can come heavy and loud, but it can come quiet too; it can take cover behind comfort and convenience. But it’s always violent. For me, this discretion has become airless. I don’t want to censor––consciously or not––the ways I talk, sit, laugh, or dress, the stories I tell, the jokes I make, my points of reference and connection. I don’t want to be complicit, even peripherally, in the idea that being gay is a problem to be solved or hushed. I’m grateful to be gay. Queerness is a solution. It’s a promise against cliche and solipsism and blandness; it’s a tilted head and an open window. I value more everyday the people, movies, books, and music that open me to it. If you’re gay, bi, trans, two-spirit or questioning, if you’re confused, if you’re in pain or you feel you’re alone, if you aren’t or you don’t: You make the world more surprising and bearable. To all the queers, deviants, misfits, and lovers in my life: I love you. I love you. Happy Pride!

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