Carnet noir

01 mars 2011 08:38; Act: 01.03.2011 08:52 Print

L'actrice Jane Russell est décédée

L'actrice américaine Jane Russell, qui donna la réplique à Marilyn Monroe dans «Les hommes préfèrent les blondes», est décédée lundi en Californie, a-t-on appris auprès de ses proches.

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L'actrice américaine Jane Russell est décédée des suites d'une insuffisance respiratoire à son domicile en Californie, a annoncé sa famille. Elle avait 89 ans.

La légende veut que le producteur Howard Hughes, qui cherchait une actrice aux formes voluptueuses, l'ait repérée chez son dentiste, où elle travaillait comme réceptionniste, pour en faire l'héroïne du «Banni» («The Outlaw», 1943).

Mais Jane Russell n'en était pas moins une enfant de la balle: fille d'une actrice de troupe ambulante, elle avait pris des cours de piano et de théâtre, notamment avec la fameuse actrice russe Maria Ouspenskaïa, et posait pour des photos de mode.

Parfum de scandale

Née Ernestine Jane Geraldine Russell le 21 juin 1921 dans le Minnesota (nord des Etats-Unis), elle est l'aînée de quatre garçons. La famille s'installe alors qu'elle est encore enfant à Burbank, en Californie. Son père, un ancien militaire, meurt à 46 ans et elle doit alors gagner sa vie. Howard Hughes arrive à point nommé.

«Le Banni», où ses jambes interminables et sa poitrine crèvent l'écran, la propulsera dans le monde de Hollywood, lui vaudra la célébrité et une aura de scandale. La censure tique sur ses décolletés et le film ne sortira pour de bon qu'en 1946. «Tout ça pour un décolleté! Aujourd'hui, ils en font dans le dos», dira-t-elle bien plus tard.

Dans l'intervalle, elle a eu le temps de tourner dans «L'esclave du souvenir» et surtout de figurer sur un poster particulièrement populaire auprès des soldats américains pendant la Seconde Guerre mondiale. On l'y voit dans une pose lascive, étendue sur une meule de foin, le regard provocant, un revolver à la main.

Amie de Marilyn

«Les hommes préfèrent les blondes» de Howard Hawks, sorti en 1953, sera l'apogée de sa carrière d'actrice. Elle y joue le rôle d'une brune idéaliste mais ayant les pieds sur terre, à l'exact opposé du personnage de blonde naïve et vénale incarné par Marilyn. A l'écran comme à la ville, les deux femmes sont amies - même si le cachet de Jane Russell pour ce film est dix fois supérieur à celui de Marilyn Monroe.

Malgré une filmographie abondante, dont «Les hommes épousent les brunes» (1955) et des talents d'actrice indéniables, mais beaucoup moins exploités à l'écran que sa plastique, la carrière cinématographique de Jane Russell s'essouffle dans les années 60.

Dans la décennie suivante, on ne la voit plus que sur le petit écran, dans des publicités pour des soutiens-gorge. Entre-temps, elle s'est en partie reconvertie dans le music-hall, à Las Vegas ou New York.

Très croyante

Jane Russell, mariée trois fois (et deux fois veuve) dénotait, dans un milieu hollywoodien réputé progressiste, par sa défense des valeurs républicaines et sa foi revendiquée. «Je suis née pour le mariage. La vie de famille est un soutien en toutes circonstances. Cela, et ma foi en Jésus», dira-t-elle en 2007 dans une interview au journal britannique «Daily Mail».

Après avoir subi à 18 ans un avortement qui l'avait rendu stérile, elle était devenue une farouche opposante à l'avortement. Elle avait adopté ses trois enfants avec son premier mari, le footballeur américain et producteur Bob Waterfield.

(ats/afp)