Paris

25 octobre 2010 17:14; Act: 25.10.2010 18:49 Print

Les déclarations de Delarue à la police

L'animateur est rentré chez lui après une cure à Nyon. «Marianne» relaye des bribes de son interrogatoire dans le cadre d'une enquête sur un trafic de drogue.

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L'homme de télévision est rentré chez lui et sa situation professionnelle est compromise. (Photo: AFP)

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Jean-Luc Delarue a terminé sa cure de désintoxication en Suisse, samedi dernier, et est rentré chez lui. Dans la foulée de son retour dans la capitale française, le magazine «Marianne» a fourni des détails supplémentaires sur l'affaire dans laquelle il est mouillé.

Le 14 septembre dernier, l'homme de télévision, âgé de 46 ans, était interpellé à son domicile. Ce jour-là il a remis aux policiers huit flacons de cocaïne conditionnés dans un film plastique et un neuvième quasi vide. Le livreur était passé la veille à 18h40. Delarue explique en remettant la substance illicite: «C'est ce qu'il reste de la cocaïne qui m'a été livrée hier. J'en ai commandé 20 grammes, il doit en rester environ 16 grammes, car j'ai consommé l'équivalent de 4 grammes hier soir.» Il dit s'être couché à 2h30 du matin.

La consommation de l'animateur était énorme. Il se fournissait auprès de Fares B. dit Kiks, 27 ans. C'est par l'intermédiaire d'une jeune fille, rencontrée lors d'une soirée qu'il a eu accès à ce fournisseur: «J'appelle une fille, Aurélie J., que je connais dans le monde de l'art. Elle sert d'intermédiaire entre le dealer et moi. Je l'ai rencontrée à la galerie K. où elle travaille, dans une soirée. Quelqu'un m'a dit qu'elle pouvait trouver un dealer et je suis allé lui demander. Lorsque je l'appelle, neuf fois sur dix, c'est pour commander de la cocaïne. Tout se passait par téléphone ou par texto. Je ne mettais jamais les quantités, car c'était entendu pour 20 grammes à chaque fois. Elle me rappelait quand le mec était là. Je descendais le chercher dans mon hall ou dans l'escalier.»

Une consommation phénoménale

Jean-Luc Delarue a payé ce soir-là 1'800 euros (l'équivalant de 2450 fr.), comme d'habitude. Lors de son arrestation, l'AFP évoquait un budget mensuel de 10'000 euros (13'500 fr.) consacré à son approvisionnement en poudre blanche. Il se faisait parfois livrer au siège de sa maison de production. Durant l'audition, il révèle le montant de ses revenus: «J'estime mes revenus à 35'000 euros (47'500 francs) par mois et j'ai en plus mes cachets d'animateur de télévision.»

La star du petit écran consacrait près d'un tiers de ses revenus à la drogue. Le dealer et ses trois livreurs sont aujourd'hui incarcérés. Parmi ses clients, on compte des artistes, des marchands d'art, un consultant marketing, une monteuse et un fonctionnaire.

Concernant ses habitudes de consommation, Jean-Luc Delarue explique dans sa déposition qu'il ne partageait quasiment jamais sa poudre: «Je consomme de la cocaïne régulièrement, sauf quand je suis en vacances. Je dois prendre environ 20 grammes par semaine. J'en consomme depuis plusieurs années, avec des pauses, et j'ai repris en mars 2010 après un arrêt de deux mois. Mais j'avais déjà arrêté quatre ans.»

Plus tard au cours de l'entretien: «J'ai pris conscience que je devais arrêter pour ma santé et mon équilibre mental.» Face aux enquêteurs, Delarue évoque la rédaction douloureuse de son autobiographie comme l'un des facteurs aggravant sa consommation et plus particulièrement au mois d'août ou sa consommation a été «phénoménale», de son propre aveu.

L'animateur a séjourné trois semaines à la clinique La Métairie, un établissement spécialisé dans le traitement des addictions, à Nyon.

Jean-Luc Delarue risque gros puisque le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, a ordonné un réquisitoire supplétif requérant sa mise en examen pour «acquisition et détention de cocaïne».

L'animateur-producteur est encore privé d'antenne par France Télévision. Il a été remplacé à la présentation de «Toute une histoire» par Sophie Davant qui réalise un meilleur score que lui à l'audimat.

(20 minutes)