Adèle Haenel

04 novembre 2019 15:13; Act: 04.11.2019 16:18 Print

Mineure, l'actrice a été victime d'attouchements

La comédienne césarisée Adèle Haenel a affirmé que le réalisateur de son premier film, en 2002 quand elle avait 13 ans, avait abusé d'elle. Son récit est glaçant.

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Nouvelle bombe dans le cinéma français, dans le sillage des révélations du mouvement #MeToo. Après Sand Van Roy, Julie Delpy, Judith Godrèche ou Juliette Binoche, c'est cette fois au tour d'Adèle Haenel, 30 ans, de dénoncer les abus sexuels dont elle a été la victime de ses 13 à ses 15 ans. Dans son viseur, le réalisateur Christophe Ruggia pour qui l'actrice doublement césarisée avait tourné son premier film en 2002, «Les diables».

Dans une longue enquête publiée par Mediapart.fr, la comédienne a relaté que l'homme s'en était pris à elle les mois qui ont suivi la fin du tournage quand il l'avait invitée chez lui à Paris. «Je m'asseyais toujours sur le canapé et lui en face dans le fauteuil, puis il venait sur le canapé, me collait, m'embrassait dans le cou, sentait mes cheveux, me caressait la cuisse en descendant vers mon sexe, commençait à passer sa main sous mon tee-shirt vers la poitrine. Il était excité, je le repoussais mais ça ne suffisait pas, il fallait toujours que je change de place», a-t-elle raconté. Elle a précisé s'être sentie «si sale» à l'époque des faits: «J'avais tellement honte, je ne pouvais en parler à personne, je pensais que c'était de ma faute.» Si l'actrice a décidé de prendre la parole aujourd'hui, près de 20 ans après les faits, c'est à cause du «déclic» qu'elle a eu en regardant le documentaire choc sur Michael Jackson diffusé en mars 2019: «Je ne savais pas comment en parler, et le fait que cela se rapproche d'une affaire de pédophilie rendait la chose plus compliquée qu'une affaire de harcèlement.»

Malgré la gravité des faits énoncés par Mediapart.fr, dont la plupart sont corroborés par d'autres témoins, Adèle Haenel ne veut pas porter plainte. Son unique but est que la «honte change de camp»: «Ce n'est pas pour brûler Christophe Ruggia, mais pour remettre le monde dans le bon sens, pour que les bourreaux cessent de se pavaner et qu'ils regardent les choses en face et que cette exploitation d'enfants, de femmes cesse, qu'il n'y ait plus de possibilité de double discours.»

Du côté du réalisateur, on conteste avec force les propos de la Française. «Il réfute catégoriquement avoir exercé un harcèlement quelconque ou toute espèce d'attouchement sur cette jeune fille alors mineure», ont déclaré les avocats du réalisateur.

(fec)