18 février 2008 13:30; Act: 18.02.2008 14:38 Print

Nicolas Hayek fête ses 80 ans

A la tête d'une fortune estimée entre 4 et 5 milliards de francs, l'entrepreneur d'origine libano-américaine reste l'âme de Swatch Group, qu'il a créé et dont il est président du conseil d'administration.

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Le «patriarche» du numéro un mondial des montres est considéré comme l'artisan du redressement de l'industrie horlogère dans les années 1980. C'est lui qui prit en 1985 la majorité de la Société suisse de microélectronique et d'horlogerie (SMH), l'ancêtre de Swatch Group.

Née deux ans plus tôt de la fusion des géants moribonds SSIH et ASUAG, la SMH était d'ailleurs déjà l'oeuvre de Nicolas Hayek, alors entouré de plusieurs hommes d'affaires, dont Stephan Schmidheiny et Ernst Thomke. En arrière-plan, les banques avaient largement appuyé et financé leur projet.

Dès juin 1986, Nicolas Hayek prend la présidence et la direction générale de la SMH. La société réalise alors un chiffre d'affaires annuel de 1,8 milliard de francs. Ving-et-un an plus tard, les ventes se montent à 5,94 milliards.

Nicolas Hayek «le dernier recours»

Dans l'intervalle, le président du géant horloger est devenu un acteur incontournable de la scène médiatique suisse. Célèbre pour ses coups de gueules contre la Banque nationale suisse (BNS) dans les années 1990, Nicolas Hayek a aussi été tenu pour l'homme des situations désespérées.

Alors que le projet d'exposition nationale Expo 01 (devenu finalement Expo 02) prenait l'eau avant d'avoir été lancé, c'est ainsi lui qui avait dressé le rapport de faisabilité de la fin des années 1990. Lors de chaque grande crise d'entreprise, Nicolas Hayek est l'un des premiers experts consulté par la presse.

L'homme du Swatch Group - célèbre aussi pour ses cigares et pour ses multiples montres portées simultanément - est également un visionnaire dans d'autres domaines que l'horlogerie. Exemple emblématique: la Swatchmobile, en 1989, un projet de micro-voiture écologique qui l'occupera des années durant.

La Swatchmobile version Hayek ne verra finalement jamais le jour. Elle naîtra Smart, modèle au succès très mitigé de Daimlerchrysler. Le patron de Swatch Group n'a toutefois pas abandonné son rêve d'une voiture propre et un projet est actuellement en cours de développement avec le Groupe E, l'entreprise électrique fribourgo-neuchâteloise.

Pas de retraite annoncée

Nicolas Hayek a remis la direction générale de Swatch Group à son fils Nick en 2003. Toujours bien installé dans le fauteuil de président, il n'a pour l'instant pas manifesté une quelconque volonté de quitter les affaires et est incontestablement l'un des managers les plus âgés d'une grande multinationale helvétique.

Né à Beyrouth en 1928, émigré en France en 1940, puis en Suisse en 1949, l'homme conduit des sociétés en Suisse depuis les années 1950. Dans la première partie de cette décennie, c'est ainsi lui qui dirigea la société de son beau-père malade, une entreprise active dans les sabots de frein pour trains.

En 1963, il avait créé sa société de conseil Hayek Engineering, considérée tant en Suisse qu'à l'étranger comme particulièrement sérieuse. L'entreprise est encore active aujourd'hui.

(ats)