Insultes antisémites

27 février 2011 15:31; Act: 28.02.2011 20:09 Print

Propos de Galliano pas confirmés

Aucun des témoins auditionnés par la police n'a confirmé que le créateur de Dior John Galliano avait tenu des propos antisémites jeudi dans un bar parisien.

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Dans des lettres, deux vigiles et le gérant du bar La Perle, situé dans le quartier du Marais, ont indiqué ne pas avoir entendu de tels propos. Ce fut également le cas de deux clients, présents au moment des faits et entendus par la police lundi.

John Galliano a été confronté à ses accusateurs lundi dans un commissariat parisien. Le couple a maintenu l'intégralité de ses accusations, selon cette source. Le créateur a ensuite été confronté à une femme qui a déposé plainte pour des faits similaires qui seraient survenus en octobre.

Le couturier nie avoir tenu les propos qu'on lui prête. L'enquête a montré qu'il avait bu au moment où les faits allégués se sont déroulés.

Le site internet du quotidien anglais «The Sun» a par ailleurs mis en ligne lundi un enregistrement vidéo qui présente John Galliano à une table de bar où il déclare notamment: «I love Hitler» (j'adore Hitler) et profère des injures et des menaces antisémites à l'adresse de son interlocutrice, qui n'est pas visible sur le film.

Son avocat, Stéphane Zerbib, n'a pas souhaité commenter ce document. SOS-Racisme estime dans son communiqué qu'à la vue de cet enregistrement, «les plaintes déposées à l'encontre de ce créateur prennent une consistance toute particulière».

Suspendu par Dior

L'affaire Galliano provoque une onde de choc dans le monde de la mode, qui spécule sur l'avenir du créateur au sein de la maison Dior, certains avançant que la lune de miel entre eux était entamée depuis un moment.

«La maison Dior ne savait pas comment terminer son contrat. Sa suspension va laisser du temps à leurs avocats pour se préparer», croit savoir un fin observateur du milieu. «J'ai entendu dire que Dior cherchait un moyen de le foutre dehors», renchérit une attachée de presse aguerrie.

«Je pense qu'il y a des problèmes entre sa maison et lui que nous ne connaissons pas», avance de son côté le créateur Gaspard Yurkievich, estimant que Dior pourrait se servir de cette affaire comme «excuse» pour s'en séparer.

La maison Dior a suspendu le créateur vendredi «dans l'attente des résultats de l'enquête», lorsqu'ont émergé les accusations contre M. Galliano, qui aurait tenu, visiblement éméché, des propos racistes et antisémites lors d'une altercation avec un couple dans un café parisien situé à deux pas de son domicile.

Le témoignage de la dame insulté par le styliste

(afp)