France

15 février 2020 22:19; Act: 15.02.2020 22:19 Print

Le rappeur Sadek écroué pour agression

Après avoir revendiqué le passage à tabac du blogueur Bassem Braiki, agressé dans la nuit de lundi à mardi en banlieue lyonnaise, le rappeur a été placé en détention provisoire.

Une faute?

Le rappeur Sadek, qui a passé à tabac le blogueur Bassem Braïki dans la nuit de lundi à mardi en banlieue lyonnaise, a été mis en examen vendredi, a indiqué le parquet de Lyon. Lui et un autre suspect ont aussi été placés en détention provisoire.

Interpellé mercredi, Sadek et cet homme, arrêté jeudi, ont été présentés dans l'après-midi «devant le juge d'instruction dans le cadre d'une ouverture d'information judiciaire des chefs de violences volontaires aggravées par trois circonstances et vol aggravé», selon la même source. L'identité du deuxième suspect et ses relations avec le rappeur n'ont pas été précisées.

Mardi matin, Sadek a partagé sur Twitter une photo de lui, la main ensanglantée, avant de publier une vidéo sur Instagram dans laquelle il confirme avoir «cédé comme un imbécile à la violence, à la haine», tout en se disant prêt à «payer».

Sur des images filmées au téléphone et mises en ligne la nuit précédente, on voit le blogueur de Vénissieux recevoir de violents coups de poing, de pied et de matraque télescopique.

Cinq jours d'interruption de travail

Bassem Braïki, qui présentait des plaies sur le visage et le crâne, s'est vu prescrire par les médecins cinq jours d'interruption temporaire de travail, selon le parquet.

Le blogeur avait fait parler de lui après les attentats de Paris en 2015, en appelant les musulmans à se révolter face au terrorisme. Depuis, il multiplie les propos polémiques à l'adresse de ses milliers de fans. Outre le rap, Sadek est aussi connu pour avoir joué au côté de Gérard Depardieu dans le film «Tour de France» de Rachid Djaïdani, sorti en 2016.

«Une tentative de meurtre»

Selon la presse lyonnaise, l'affaire aurait pour origine des appels, lancés sur les réseaux sociaux, à boycotter un spectacle de Sadek prévu samedi dernier à Saint-Priest, en banlieue lyonnaise, et annulé finalement par les organisateurs. Bassem Braiki et Sadek s'étaient alors vivement invectivés et provoqués sur les réseaux sociaux.

Dans un entretien à l'édition internet du quotidien régional «Le Progrès», le frère de Bassem, Bayrem Braiki, élu communiste à Vénissieux, a condamné «une tentative de meurtre». «La préméditation est là, aggravée par le fait que la scène a été filmée et répandue sur les réseaux sociaux. C'est une honte !» a-t-il dénoncé.

(ats/afp)