«Danse avec les stars»

30 novembre 2012 06:02; Act: 02.12.2012 00:55 Print

Taïg Khris: «Je pense pouvoir gagner»

par Fabrice Aubert, Villars - Invité à donner une conférence à Villars au collège Beau Soleil, le champion du monde de roller nous a accordé une interview, à deux jours de la finale de «Danse avec les stars 3».

Sur ce sujet
Une faute?

Nous sommes à deux jours de la finale…
Je sais et je suis en Suisse. Qu’est-ce que je fais ici à deux jours de la finale? Je dois être fou! Je m’étais engagé pour faire cette conférence et c’est très important pour moi. C’est quelque chose de magique à faire. Donc même si je suis en finale, je ne voulais pas l’annuler. Mais c’est hyper difficile parce qu’on a trois chorégraphies à apprendre et trois fois plus d’interviews comme on n’est plus que trois en lice. Lundi et mardi on n’a fait que tourner. Je ne me suis presque pas entraîné. En plus on doit préparer une émission spéciale pour Noël. Du coup, je dors peu. Trois heures la nuit passée et quatre celle d’avant.

Une émission pour Noël ?
Les meilleurs danseurs des trois saisons de «Danse avec les stars» se retrouvent dans une même émission spéciale pour Noël.

Vous vous sentez prêts pour cette finale?
Là, pas du tout. Sur les trois chorégraphies, j’arrive à en faire une en musique, les deux autres pas du tout. Dès que je rentre à Paris je vais m’entraîner jusqu’à 3h du matin. Et recommencer le lendemain matin à 8h. Je pense même dormir au studio pour gagner du temps. Mais j’ai l’habitude des challenges, des moments difficiles et d’optimiser mon temps. Donc j’espère être prêt samedi soir.

Pensez-vous pouvoir gagner cette finale?
Je ne pensais même pas arriver en finale et je me disais que je n‘avais aucune chance de gagner. Lorie et Amel sont largement plus fortes que moi et je n’imaginais pas une seconde pouvoir les battre. Mais il y a eu le coup de théâtre de samedi dernier: le public a plus voté pour moi que pour Lorie. J’ai été très choqué parce que techniquement elle mérite clairement plus la finale que moi. Mais je me suis rendu compte que le public n’a pas uniquement voté sur la performance. Ils ont salué le mérite du nombres d’heures de travail. Depuis le début de l’aventure, je suis celui qui travaille le plus. Je fais parfois des journées de 11h de danse, je ne vois plus ma copine, c’est juste l’enfer. Mais c’est comme ça qu’on va au bout des choses. Donc je me rends compte que c’est finalement peut-être possible pour samedi. Tout est possible. Si je gagne, cela donnera un beau message d’espoir. Cela prouvera que même celui qui n’était pas doué, qui vient d’en bas, il peut y arriver. Mais avec du travail. Je ne savais pas danser mais j’ai appris. Je connais 11 danses maintenant. Même si je perds, j’ai déjà gagné mon challenge: arriver en finale c’est juste extraordinaire. Mais je suis un compétiteur donc c’est certain que je vais tout donner pendant la finale.

Vous ressentez le soutien du public?
Énormément, notamment sur les réseaux sociaux. Au début de l’émission j’étais suivi par 2'000 personnes sur Twitter et ce matin j’en avais 27'000. Dans la rue, les gens m’arrêtent tout le temps. Et ils me disent que ce qu’ils ont aimé chez moi c’est le fait que je n’étais pas danseur à la base au contraire de Lorie, Amel ou Emmanuel mais que j’ai travaillé et progressé au fil des semaines. Même Chris Marquès a récemment dit de moi que j’avais fait la plus grosse progression depuis le début de l’émission. C’est important parce qu’on est dans un monde ou les valeurs sont perdues. Les jeunes sont en recherche de notoriété instantanée, sans rien avoir créé. Ils cherchent à gagner de l’argent sans avoir travaillé derrière. Et moi ma vie a toujours été l’opposé de ça. Je viens d’en bas, je ne suis pas né d’une famille riche et connectée. J’ai dû beaucoup travailler pour arriver où j’en suis aujourd’hui. Et j’essaye de véhiculer ce message aux jeunes en leur disant que tout est possible mais il faut bosser.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile dans cette aventure?
Le temps que ça a pris pendant les 12 semaines. J’ai arrêté tous mes projets pour ne faire que de la danse. Donc quand ça va s’arrêter je vais enfin pouvoir souffler. Et prendre un peu de vacances… même si je travaille tout le temps.

Quels sont vos projets?
Je continue l’émission «Extrême aventure» sur MCM, Extreme Sports Channel et maintenant RMC Découverte. Une sorte d’Ushuahia où je découvre un pays au travers d’un sport extrême. Les deux prochaines seront tournées en Indonésie en janvier. J’ai des projets de film. Je devais tourner un gros long-métrage cet été mais on l’a décalé à l’année prochaine. C’est un gros film d’action où j’ai la chance d’avoir le premier rôle, mais je ne peux pas en dire plus. Moi qui prends des cours de comédie depuis des années et qui écris des scénarios c’est une très belle opportunité. J’ai aussi des records en préparation en France et à l’international. Mais je ne peux pas les annoncer car je n’ai pas encore toutes les autorisations définitives. Pourquoi pas venir faire un record en Suisse…

Vous voulez devenir acteur?
J’aime toujours avoir mon avenir entre les mains et j’aime créer la dynamique. Le métier d’acteur c’est très difficile parce qu’on court les castings et qu’on est beaucoup en attente. Et je déteste ça. Donc au lieu d’être passif, j’essaye de créer la dynamique en écrivant moi-même mes films, en commençant à les coproduire et en m’entourant d’une équipe.

Tant Lorie que vous-même étiez choqué par le résultat du dernier prime. Vous en avez reparlé ensemble après?
Oui, un peu. Je lui ai surtout dit que cela n’enlevait rien à sa performance en tant que danseuse. Elle était largement plus forte que moi et il n’y a aucun doute là-dessus. Elle a eu du mal à le vivre, et je le comprends. Elle était tellement choquée. Elle ne s’y attendait tellement pas. Une fois que la pilule avait passée, on a pris des pots ensemble. Il n’y a aucune animosité entre nous, au contraire, on s’aime beaucoup et on s’est beaucoup rapprochés pendant ces semaines.

Avec quels autres candidats de l’émission avez-vous eu des affinités?
Beaucoup avec Bastian Baker. Même si je suis plus âgé que lui, on a à peu près le même âge dans la tête. A la cool, rock’n’roll. Du coup on s’est super bien entendus et on s’est serré les coudes. Son élimination était évidemment très triste mais quand il vient sur Paris on se voit. Le truc c’est qu’on est une super famille. Il n’y a aucune personne de l’équipe avec qui je ne me suis pas entendu. Après je passais un peu plus de temps avec Lorie et Bastian qu’avec Amel. Mais je la connais depuis des années et on s’entend super bien aussi. Ils ont tous des caractères différents. Par exemple Gérard, c’est juste dément à quel point il est vif d’esprit. Il fait des blagues non-stop. Donc quand il était dans les studios, on était tous là à l’écouter en continu, c’était génial.

Comme téléspectateur, on a l’impression que vous êtes très complice avec Denitsa. Cela correspond à la réalité?
Complètement. Imaginez, on passe presque 15h par jour ensemble, tous les jours pendant 12 semaines. Et en plus on danse ensemble avec le contact physique donc évidemment on est très proches. Après ça reste de la danse. Moi j’ai ma copine, il n’y a pas de doute là-dessus. Mais on est tellement proches que je la connais par cœur. Dans les bons moments comme dans les galères. Je la connais mieux que beaucoup d’autres gens que je fréquente.

Que dit votre copine en vous sachant tout le temps avec une autre jolie fille?
Évidemment ce n’était pas simple à vivre pour elle de se dire que son mec va passer toutes ses journées avec une autre fille, danser avec elle, et être aussi proche. Sans parler des chorégraphies très émotionnelles et parfois très sexy. Mais elle a vite rencontré Denitsa et a vite compris qu’il n’y avait aucun soucis. Elles s’entendent bien donc ça va. Mais c’est vrai que si j’étais tombé sur une fille avec des idées derrière la tête me concernant, cela aurait été difficile. J’aurais mis des barrières mais ma copine l’aurait mal vécu.

Vous êtes aujourd’hui en Suisse, que connaissez-vous de ce pays?
Je connais pas mal. J’allais souvent à Zoug, au skatepark, quand j’étais compétiteur. La Suisse a toujours été un gros marché pour le roller donc j’ai fait des centaines de démonstrations ici. J’ai aussi gagné à plusieurs reprises le festival Zurich.ch. Et il y avait la fameuse grosse compétition à Lausanne que j’avais gagnée en 1997 et 1999. C’était la belle époque parce qu’il y avait une ambiance extraordinaire. C’était génial.