BeCurious TV

04 mars 2015 19:05; Act: 04.03.2015 19:51 Print

«Ce projet, c'est un projet suicidaire!»

par Mathilde Jarry - Dès dimanche, une nouvelle chaîne va apparaître dans le paysage cathodique romand. Un pari risqué pour Leila Delarive et Fred Valet.

Reportage dans les studios.
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A trois jours du lancement officiel de BeCurious TV, l'équipe est plutôt sereine. Le studio, un loft aménagé avec plusieurs pièces d'un appartement lambda, est prêt, les caméras sont posées et les techniciens s'occupent des derniers détails. Quant à Fred Valet et Leila Delarive, la créatrice de la chaîne et le rédacteur en chef, ils ne ressentent pas particulièrement de pression, malgré la grande médiatisation de cette idée un peu folle.

«On sait que nous sommes attendus au tournant, qu'on va s'en prendre plein la gueule, mais c'est le jeu. Pour le moment, on a trop de choses à penser pour stresser» livre Fred Valet. L'ancienne avocate abonde, mais pondère: «Une attente a été créée, on a bien sûr peur de décevoir. Les articles ont toujours été positifs, mais peut-être que lundi il faudra sortir les mouchoirs!»

Dimanche 8 mars, à 18h45, c'est avec l'émission «On n'est pas dans la merde» que la chaîne sera lancée. L'occasion de faire connaissance avec les téléspectateurs, de revenir sur cette aventure lancée il y a une année et d'expliquer le concept de BeCurious TV. «Les hommes sont encore trop présents dans les médias. Nous, nous voulons donner la parole aux femmes, et leur dire: «Venez ici parce que vous avez le droit d’ouvrir votre gueule», explique l'ancien journaliste du «Matin».

Quelque chose qui sort des codes audiovisuels

Pour lui, le fait de participer à un projet qui se dit «féminin» n'est pas contradictoire, au contraire. «On a tous ici une vision féminine, on veut entendre les femmes, on a envie de les accueillir, de savoir ce qu’elles pensent sur la société. Oui, ce projet est suicidaire! Mais en Suisse romande, il faut des gens qui risquent des choses. C’est aussi pour ça que j’ai rejoint cette aventure. C’est un risque qui fait du bien.»

«Nous voulons proposer quelque chose qui n’est pas conforme aux codes télévisuels, garder une fraîcheur qui vient du fait que la plupart d'entre nous ne vient pas du milieu de la télé», poursuit Leila Delarive. De la fraîcheur, mais aussi du dynamisme: «Leila et moi nous entendons suffisamment mal pour que sur le plateau, on arrive à se rentrer dedans. Nous n’avons pas les mêmes avis, ni les mêmes intérêts, on ne vient pas du même milieu, mais c’est ça qui rend la chose riche.»