Delarue se confesse

18 janvier 2011 09:47; Act: 18.01.2011 13:52 Print

«Drogue et alcool c’est fini, sinon je meurs»

par Fabrice Aubert - L’animateur français a accordé sa première interview télévisée depuis qu’il a été écarté de la TV après son arrestation pour détention de cocaïne.

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«J’étais vraiment très malade l’été dernier, très très malade. Au point d’avoir peur pour ma vie», a déclaré Jean-Luc Delarue à Benoît Duquesne dans l’émission «Complément d’enquête» diffusée lundi soir sur France 2. «J’étais essoufflé quand je montais un étage, moi qui suis marathonien. Maintenant ça va bien. Pour moi c’est fini à vie l’alcool, la drogue et les médicaments, Je n’ai pas le choix sinon je meurs. C’est une question de vie ou de mort pour moi.»

L’animateur vedette assure avoir arrêté la drogue depuis quatre mois et l’alcool depuis trois, mais avoue que la «peur de rechuter» reste présente. «J’ai appris que ma maladie est incurable, progressive et mortelle. J’ai appris que le seul moyen de m’en sortir est de capituler complètement par rapport au produit. Combien de fois j’ai essayé d’arrêter? Et combien de fois j’ai réussi un certain temps. Mais à chaque fois j’ai replongé en reprenant un verre d’alcool parce qu’il y en a tellement partout autour de nous. Ce n’est pas une affaire de volonté, il faut se dire ‘C’est plus fort que moi, si j’attaque une bouteille, je la termine’.»

L’arrestation par la police le 14 septembre 2010 au petit matin a été pour lui un «choc salutaire», même s’il avait déjà prévu quelques jours plus tôt, d’entente avec son médecin, de mettre fin à ses consommations le 23 septembre. «Le médecin avait fait une photo de ma gorge et de mon nez et c'était vraiment pas beau à voir.» Les derniers temps avant son interpellation, Delarue consommait 20 grammes de cocaïne par semaine. «C’est beaucoup de drogue», a-t-il reconnu. «Le produit ne fait quasiment plus d’effet donc on en prend plus et surtout on ne peut plus s’arrêter. Quasiment tous mes revenus y passaient.»

De nombreux problèmes existentiels

Les raisons de sa consommation de stupéfiants sont multiples et remontent à son enfance. Il a mal vécu le divorce de ses parents et surtout le fait d’avoir sauté une année à l’école qui a fait de lui le «petit» de la classe. «Je me souviens que je n’étais plus vraiment intégré auprès des autres élèves. J’étais un peu comme un figurant, comme si la vie était un film, pas la réalité. Cette situation a continué pendant des années, jusqu’au moment où j’ai commencé à faire des sorties avec les autres élèves et où j’ai été en contact avec l’alcool. Je me suis aperçu très vite que je faisais partie de ceux qui buvaient le plus du groupe dans les soirées de collégiens.»

Dans son adolescence, Delarue était «fragilisé et complexé» face aux autres élèves et a trouvé de la force dans l’alcool: «Quelqu’un disait l’autre jour que je me retrouvais à la place d’un invité d’une de mes émissions (Ardisson chez Guillaume Durand. Ndlr). C’est tout à fait vrai. Je ne me suis jamais senti très loin de mes invités. Je me suis beaucoup occupé des autres mais pas assez de moi.»

L’alcool mène à la drogue

Et de là, une addiction en a appelé une autre. «Moi, c’est l’alcool qui m’a conduit à la cocaïne et m’a ramené à la cocaïne à chaque fois que je l’arrêtais. L’alcool m’a amené à des pertes de maîtrise et puis on m’a proposé de la coke qui permet d’éviter ces pertes de maîtrise, plus ou moins. J’avais 20 ans. Avec l’alcool, je me retrouvais dans un état pas normal, un état d’ébriété. C’était gai, marrant, la découverte, l’aventure et surtout l’affirmation de soi.»

Si Delarue s’est réfugié dans les stupéfiants étant adulte, c’est aussi parce qu’il avait du mal à vivre sa célébrité. «La notoriété, ce n’était pas quelque chose de facile pour moi, par rapport à mon caractère, même si aujourd’hui je le vis mieux. Se faire reconnaître par des gens et les critiques, la presse, les paparazzi, … Je n’ai jamais été confortable avec ça, parfois on a envie de se cacher. La drogue et l’alcool donnent une illusion de puissance.» Mais ces consommations cachent en réalité un malaise plus profond. «L’alcool et la drogue c’est l’arbre qui cache la forêt. Derrière ça il y avait des problèmes de caractère que je n’avais pas réglés et qui ont fait que je ne me sentais pas bien dans ma peau. Ces problèmes de caractère - l’orgueil presque toujours mal placé et son corollaire l’arrogance - aujourd’hui je travaille dessus.»

«Pour moi la coke est une drogue de solitaire»

L’animateur avoue que son addiction pour l’alcool était encore plus forte que celle pour la cocaïne: «Je n’ai jamais réussi à arrêter l'alcool longtemps. Il y a un an, j’ai arrêté 60 jours. Je voulais arrêter 2 fois 50 jours, j’étais tellement malade. Je me suis dit ça va plus je suis en train de me bousiller la santé.» Et les rares fois où il a réussi à se débarrasser de la coke et de l'alcool, il restait les médicaments. «J’avais un antidépresseur très puissant qui m’avait été prescrit au moment où j’avais arrêté la cocaïne, mais que j’avais gardé au moment où j’ai recommencé à prendre de la coke. Donc j’étais un peu le toxico.»

Si aujourd’hui la cocaïne est perçue comme une drogue qui se consomme en boîte de nuit pour faire la fête, ce n’était pas le cas de Delarue: «J’ai beaucoup consommé tout seul, presque tout le temps. On dit que c’est une drogue festive mais pour moi ça a toujours été une drogue de solitaire. J’avais souvent ces moments où je me retrouvais seul le soir, à consommer, à écrire. Si je me suis lancé dans la coke c’est à cause de l’écriture d’un bouquin sur mon histoire. J’en ai pondu 600 pages et je peux vous dire que je ne suis pas prêt de l’ouvrir pour le lire et voir ce qu’il y a dedans.»

Le Tour de France commence le 24 février

Jean-Luc Delarue a confirmé qu’il va se lancer cdans une tournée des Lycées pour partager son expérience. Elle débutera le 24 février en Bretagne. «Je vais être face aux élèves de Lycée. Pendant 15-20min je raconte mon expérience et en fin d’après-midi je fais la même chose avec les parents d’élèves. Moi j’aurais bien aimé entendre tout ça, être informé sur tout ça et qu’on réponde à mes questions.»

Des extraits de l'interview:

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