Interview

22 février 2011 15:34; Act: 22.02.2011 15:49 Print

«Je n’étais pas un grand fan des jeux TV»

par Laurent Flückiger - Lundi prochain, «Motus» fête son 5000e numéro sur France 2. Thierry Beccaro, son animateur, nous raconte les raisons du succès.

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«C’est d’autant plus incroyable qu’au départ, en 1990, «Motus» ne devait durer qu’un été», révèle Thierry Beccaro.

Une faute?

Vingt ans déjà que des candidats cherchent à deviner un mot à partir de la première lettre. Vingt ans aussi que ces satanées boules noires viennent anéantir tous les espoirs de victoire. Et Thierry Beccaro, animateur de la première heure, n’est pas peu fier.

Quelle est votre réaction sur la 5000e de «Motus»?
C’est incroyable, surtout en ce moment à la télévision. Seuls «Des chiffres et des lettres» et «Questions pour un champion» font mieux. Et c’est d’autant plus incroyable qu’au départ, en 1990, «Motus» ne devait durer qu’un été. En plus, je n’étais pas un grand fan des jeux télévisés. J’ai accepté parce que je trouvais que celui-ci était intelligent et sympa.

Vous avez toujours répondu présent?
Toujours. Je me souviens d’une fois où je jouais «Faux Frère» au théâtre à Paris, alors qu’on était parti enregistrer «Motus» aux Pays-Bas, en raison d’une grève en France (réd.: «Motus» est une adaptation du jeu hollandais «Lingo»). On a tourné lundi et mardi et le soir même j’étais de retour sur scène.

Quelque chose de spécial a été préparé pour ce 5000e numéro, lundi?
Non. La fête a déjà eu lieu en juin pour les 20 ans. Lundi, je remercie tout le monde, c'est-à-dire 16 000 candidats, quand même! Toutes les couches de la population jouent à «Motus». Son succès vient du fait que les gens peuvent jouer à la maison et donc être plus fort que les candidats. C’est toujours plus facile devant son écran. Il y aussi le fait qu’en France, en Belgique ou en Suisse, on aime les jeux de lettres.

Après vingt ans, rien ne vous agace dans «Motus»? Un jingle? Une règle du jeu?
Non, je suis assez sensible aux candidats qui viennent jouer avec nous. Car, même s’il n’y a pas des fortunes à gagner, pour eux, c’est quelque chose d’exceptionnel et qui va les aider. Evidemment, les boules noires, c’est cultissime. Mais je suis très pro-candidat. Sauf quand on a affaire à des candidats professionnels, ceux qui ont fait tous les jeux. Le fait que je sois comédien m’aide aussi à m’adapter à la personnalité des candidats et à partir dans des improvisations. Il y a le marrant. Avec lui, j’en profite. Il y a le mauvais joueur, celui qu’il faut prendre avec des pincettes.

Vous vous souvenez de candidats en particulier?
En vingt ans, on a fait une place au handicap. Dès qu’on peut, on reçoit des candidats en fauteuil roulant. On a eu aussi un sourd-muet qui jouait avec une ardoise. Il y a tous ces joueurs qui font des néologismes. J’admire aussi ceux qui viennent de l’étranger et dont le français n’est pas la langue maternelle. Nombreux sont les gens qui me disent qu’ils ont appris le français en regardant «Motus».

Et vous ne vous lassez jamais?
Il y a «Motus» dans ma vie, mais aussi «40 degrés à l’ombre», «Télé-Matin», le théâtre, tout ça est formidable. Il n’y a pas de lassitude car il y a tellement d’autres choses à côté. Je n’ai pas que ça sous la dent. «Motus» est une sorte de sécurité, mais ça ne veut pas dire que tout est acquis. J’y mets la même patate que quand je suis au théâtre!