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08 janvier 2016 13:08; Act: 08.01.2016 15:56 Print

23'000 signatures en faveur de RTSreligion

Le projet de suppression des magazines religieux de la RTS provoque une mobilisation importante.

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Le site web de l'émission. (Photo: Keystone)

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Le projet de réduction des programmes religieux de la RTS provoque une mobilisation importante. Depuis le 23 novembre, plus de 23'000 personnes ont signé la pétition «Soutenons RTSreligion». Un écho qui «dépasse les espérances» du comité de soutien.

«Décapitation», «saignée» ou encore «amputation»: vendredi à Lausanne, le comité de soutien à RTSreligion a usé d'un vocabulaire tranchant pour exprimer son inquiétude et son mécontentement suite à la décision de la RTS de réduire les moyens qu'elle octroie à cette rédaction de 2,8 millions de francs à 1,6 million.

Cette pétition était le moyen «de prendre la mesure du sentiment public. Et l'écho rencontré dépasse toutes nos espérances», a souligné devant la presse Jean-François Mayer, historien des religions et membre du comité. Des jeunes, des seniors, des habitants des villes et des campagnes ont ainsi signé le texte qui demande à la RTS de revenir sur sa décision.

«C'est un beau score», reconnaît le directeur des programmes Gilles Pache, interrogé par l'ats. «Mais cela ne change rien aux attributions budgétaires dont nous disposons», ajoute-t-il en rappelant le plan d'économies auquel la RTS doit faire face.

Moins de spécialistes

Reste que pour le comité de soutien, cette décision est précipitée. La conseillère nationale Ada Marra (PS/VD) a ainsi estimé qu'il aurait d'abord fallu attendre le débat prévu prochainement au Parlement sur la place du service public. «Mais il faut aussi que les politiciens soient cohérents et donnent les moyens à la SSR de faire son travail correctement».

De l'avis des pétitionnaires, pour que ce travail soit de qualité, il est important que des spécialistes traitent ces sujets, à côté de journalistes plus généralistes. RTSreligion est dotée «d'une rédaction compétente», a poursuivi Jean-François Mayer. Avec ces coupes, l'équipe sera «affaiblie» alors que son travail est «nécessaire» en cette période.

Un point de vue que Gilles Pache tempère: «La RTS ne dispose pas de spécialistes dans toutes les matières. Le traitement du fait religieux peut être fait de manière très sérieuse par des journalistes généralistes, par exemple dans le cadre d'émissions d'information, de société ou culturelle». Et selon lui, «1,6 million de francs, cela permet de faire beaucoup de choses».

Partenariat ancien

Pour le conseiller national Jacques-André Maire (PS/NE), au-delà du fond, la RTS peut être pointée du doigt sur la forme et sur la manière «très discutable» dont la décision a été prise. Il a ainsi regretté que les partenaires de longue date de la RTS que sont les portails Cath-Info et Médias-pro, qui contribuent à hauteur de plus de 1,2 million par an à RTSreligion, n'aient pas été consultés.

Dans un communiqué, la RTS précise cependant qu'elle leur a proposé, «le 30 novembre dernier, de constituer un groupe de travail mixte». Et ajoute que l«offre de programme 2017, dans ce domaine comme dans les autres, sera définie à fin juin 2016.

Grosses économies

Pour rappel, la RTS veut économiser 11,4 millions entre 2016 et 2018, dont 6,9 millions dans les programmes. Les moyens à disposition pour acheter des programmes, produire des fictions et divertir ont été revus à la baisse. Quant aux émissions religieuses, elles seront touchées par les mesures d'économies dès 2017.

La RTS prévoit aussi des économies de 1,4 million de francs dans le domaine des actualités. Les départements design et promotion, ressources humaines et formation, finances et logistique, communication d'entreprise ainsi que ressources et développement devront se serrer la ceinture à hauteur de 2,3 millions de francs.

(nxp/ats)