Docu sur Redoine Faïd

17 octobre 2018 11:17; Act: 17.10.2018 11:17 Print

BFMTV demande des comptes à la police

La chaîne n'a pas aimé apprendre qu'une de ses journalistes qui enquêtait sur Redoine Faïd avait été surveillée par les forces de l'ordre.

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Le 3 octobre 2018, quelques heures après l'arrestation de Redoine Faïd, BFMTV apprenait par «Le Parisien» qu'une de ses employées, la journaliste Marie Peyraube, avait été suivie par la police alors qu'elle enquêtait sur le fugitif. Objectif des forces de l'ordre: accéder à Redoine Faïd par la reporter qui aurait été sur le point de l'interviewer.

Etonnée par de telles pratiques, la direction de la chaîne d’information en continu a exigé des explications de la Direction générale de la police nationale et du procureur de la République de Paris, indique «Le Monde». «Nous leur avons demandé des précisions sur la nature d'un tel suivi. Il nous manque des éléments d'information pour juger, mais, à ce stade, cela ne paraît ni juste ni conforme au respect des sources. Et difficilement justifiable», déclare la directrice de la rédaction de BFMTV dans les colonnes du quotidien.

La chaîne est d'autant plus agacée qu'il n'a jamais été question pour Marie Peyraube de rencontrer Redoine Faïd dans le cadre de son documentaire intitulé «Redoine Faïd, l'ennemi public numéro 1». La Française précise d'ailleurs que son enquête, dont le résultat a été diffusé le 8 octobre, était très classique, «avec des interviews de copains de collège, de proches, d'avocats, de policiers, de voyous qui l'ont connu».

En plus du soutien de ses patrons, la journaliste peut compter sur celui de l'Association de la Presse Judiciaire. «Un journaliste ne peut en aucun cas servir de «poisson-pilote» aux magistrats et aux policiers en charge d'une enquête judiciaire», écrit l'APJ dans un communiqué.

(jfa)