Polémique naissante

02 mars 2011 15:25; Act: 02.03.2011 15:37 Print

Des millions d'euros gaspillés en séries télé

par Céline Duruz - France Télévisions a dilapidé l’argent de la redevance pour financer des fictions qu’elle n’a pas intégré à ses programmes.

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«Empreintes criminelles» raconte les débuts de la police scientifique à Paris en 1920. Elle a bien failli ne jamais être diffusée à la télé. (Photo: France 2)

Une faute?

Les réalisateurs, scénaristes et producteurs français sont furax, explique «Télé 7 jours». Ces dernières années, France Télévisions aurait «oublié» des fictions qu’elle avait commandées.

Une quinzaine de séries ont été mises au placard sans passer à l’écran selon le groupe «25 Images». Réalisées avec le soutien financier de France Télé, elles ont coûté des millions d’euros au groupe et aux téléspectateurs qui paient la redevance. Le magazine estime la dépense à une vingtaine de millions d'euros (plus de 25 millions de francs).

C’est peu par rapport au 150 fictions produites par an par France Télévisions. Mais c'est suffisant pour lancer une polémique dans l’Hexagone.

Diffusion un an plus tard

La série «Empreintes criminelles» a notamment connu cette mésaventure. Les six épisodes du début de la police scientifique à Paris en 1920, qui ont coûté 1,9 millions d’euros (près de 2,5 millions de francs), ont passé plus d’un an dans les tiroirs. Ils seront finalement diffusés le 25 mars sur France 2, tous à la suite.

Sort inconnu

Aucune date de diffusion n’est prévue en revanche pour la fiction «Duo» terminée en décembre 2008, dont le prix avoisine 3,9 millions d’euros (environ 5 millions de francs). Deux films de Serge Meynard sont dans le même cas, dont un primé au festival international du film de La Rochelle.

En toute légalité

Un «gâchis financier et humain» pour le magazine «Télé 7 jours», mais une manoeuvre parfaitement légale. En effet, France Télévisions n’a pas l’obligation de retransmettre les fictions qu'elle a financées. Elle achète seulement «un nombre de passages sur un temps limité». Une fois ce délai écoulé, elle peut revendre librement ses productions à d’autres chaînes.