Médias

11 novembre 2018 02:13; Act: 11.11.2018 08:05 Print

La SRF abandonne le journalisme d'opinion

La nouvelle directrice désignée de la SRF, Nathalie Wappler, ne veut plus informer en se permettant de juger.

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Nathalie Wappler a décidé de donner une nouvelle direction à la SRF. (Photo: Keystone)

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Les chaînes de la radio-télévision alémanique SRF vont devoir renoncer au journalisme d'opinion. Les émissions d'information ne doivent pas juger, mais seulement illustrer des sujets, affirme la directrice désignée de la SRF, Nathalie Wappler.

«Nous devons produire un programme qui informe sans polariser. Nous ne devons pas faire de journalisme d'opinion», déclare Mme Wappler dans une interview à la «NZZ am Sonntag». Celle qui prendra ses fonctions au début 2019 est chargée notamment de redéfinir le service public après la votation sur l'initiative «No Billag».

Les sujets de la SRF doivent se garder de tout jugement. «Si nous donnons la parole à un politicien et que le journaliste donne l'impression qu'il en sait plus que lui, cela provoque une perte de confiance.»

Dans le service public, le divertissement ne doit en aucun cas mépriser la dignité humaine ou verser dans le voyeurisme. Et l'information ne devrait pas choquer. «Je ne veux plus de titres sensationnalistes à l'avenir pour faire autant de clics que possible», a déclaré l'ancienne directrice de la culture à la SRF. Elle veut donner plus d'espace à la recherche.

Collaboration avec les privés

A l'avenir, Mme Wappler entend aussi travailler avec des médias et des éditeurs privés. Elle songe à la création de pools de journalistes dans les régions pour permettre à de petites rédactions de profiter du savoir-faire de la SRF.

«La BBC a créé avec des médias régionaux un réseau de journalistes locaux sur lequel les rédactions plus petites peuvent s'appuyer. Ce qui renforce le journalisme local.» Un tel modèle pourrait être intéressant pour la Suisse.

A partir de 2019, la SSR devra économiser 100 millions de francs par année. Pour la SRF, Mme Wappler dit qu'elle devra probablement supprimer 47 postes. Elle prendra des décisions «qui ne plairont pas à tout le monde», dit-elle, sans préciser où le couperet tombera.

(nxp/ats)