Sanctions contre Hanouna

14 novembre 2019 09:25; Act: 14.11.2019 09:57 Print

Le CSA devra verser 1,1 million d'euros à C8

Après l'annulation d'une sanction contre la chaîne, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel français va devoir ouvrir son porte monnaie.

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Cyril Hanouna est l'animateur de «Touche pas à mon poste!» (Photo: Pierre-olivier)

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Nouvel épisode dans le bras de fer entre le CSA et Cyril Hanouna: le régulateur a été condamné mercredi 13 novembre 2019 par le Conseil d'Etat à indemniser C8 à hauteur de 1,1 million d'euros, conséquence de l'annulation de l'une des trois sanctions prises contre la chaîne pour la diffusion de séquences controversées dans des émissions de l'animateur vedette.

La sanction annulée, une privation de publicité pendant une semaine pour l'émission «Touche pas à mon poste!», avait été décidée par le CSA après un canular diffusé en novembre 2016. Cyril Hanouna avait piégé son chroniqueur Matthieu Delormeau en lui faisant croire qu'il venait de commettre un crime et en le sommant d'en endosser la responsabilité.

Le CSA avait prononcé cette sanction inédite en juin 2017, en estimant que lors de cette séquence filmée en caméra cachée, C8 avait «gravement méconnu son obligation de faire preuve de retenue dans la diffusion d'images susceptibles d'humilier les personnes».

Saisi par la chaîne, le Conseil d'Etat avait estimé au contraire que le chroniqueur «n'avait pas été montré sous un jour dégradant, humiliant ou attentatoire à sa dignité» et avait annulé la sanction.

En réparation du préjudice qu'elle estimait avoir subi, C8 réclamait une indemnité de 4,1 millions d'euros devant le Conseil d'Etat pour un préjudice évalué par la chaîne à 6,5 millions d'euros en intégrant les répercussions sur les années suivantes de cette décision. Les Sages ont suivi la préconisation du rapporteur public, qui proposait le versement d'une indemnité de 1,1 million d'euros.

«On paiera», a indiqué sur Europe 1 mercredi matin le président du CSA Roch-Olivier Maistre, soulignant que «C8 demandait beaucoup plus d'argent que ce qui devrait être accordé». La somme sera ponctionnée directement sur le budget du régulateur.

«Cette sanction était vraiment sans fondement»

«Nous nous réjouissons de la décision du Conseil d'Etat, surtout pour C8 qui était à l'époque dans une campagne de déstabilisation générale, suite à plusieurs affaires», «une spirale négative» touchant «l'une des personnalités les plus importantes du PAF aujourd'hui, Cyril Hanouna», a réagi auprès de l'AFP Gérald-Brice Viret, directeur général des antennes et des programmes du groupe Canal . «Nous avions toujours estimé que cette sanction était vraiment sans fondement et exagérée. C'est un symbole qui est fort pour nous car c'était une période extrêmement difficile, avec notamment le mensonge de l'un des membres de l'association Le Refuge, qui a eu la gentillesse de le reconnaître, et tout cela a eu des effets négatifs sur la chaîne», a-t-il poursuivi.

La chaîne s'était retrouvée dans le collimateur du CSA pour plusieurs séquences diffusées lors d'émissions de Cyril Hanouna. Outre le canular fait à Matthieu Delormeau, le CSA avait sanctionné un canular jugé homophobe diffusé dans une autre émission en mai 2017 par une amende 3 millions d'euros, l'une des plus lourdes sanctions jamais prononcées par le régulateur.

Le CSA avait également privé de publicité l'émission «Touche pas à mon poste!» pour deux semaines après une séquence dans laquelle Cyril Hanouna avait posé la main de sa chroniqueuse Capucine Anav, qui avait les yeux fermés, sur son sexe.

Bien que le Conseil d'Etat ait validé ces deux sanctions, C8 réclamait une indemnité de 9,5 millions d'euros en réparation de la privation de publicité pendant deux semaines, jugeant cette décision illégale.

Dans sa décision rendue mercredi, le Conseil d'Etat déboute C8 de cette demande expliquant qu'«eu égard à la nature des faits incriminés et compte tenu notamment de la circonstance qu'ils se sont produits seulement une quinzaine de jours après la mise en demeure adressée par le CSA concernant des faits similaires observés dans la même émission», «la sanction prononcée n'est pas excessive eu égard aux manquements commis».

(afp)