Suisse

09 février 2015 10:11; Act: 09.02.2015 14:35 Print

Une série donne du travail aux pompes funèbres

«Le croque-mort» connaît un grand succès auprès des téléspectateurs, mais elle suscite aussi un important écho au sein des pompes funèbres.

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Le feuilleton produit par SRF est diffusé depuis le début de l'année sur la RTS. (Photo: dr)

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Les ordonnateurs se réjouissent que le public s'intéresse à leur métier, mais mettent en garde contre les fausses attentes. «Journalistes, étudiants, demandeurs d'emploi, tout le monde me sollicite», a déclaré à l'ats Adrian Hauser, entrepreneur en pompes funèbres. Le téléphone de son entreprise dans le canton de Lucerne ne cesse de sonner depuis des mois.

Selon l'ancien policier, les gens s'intéressent davantage à cette profession depuis que la série existe. Responsable de la formation des personnes qui souhaitent décrocher le brevet fédéral d'entrepreneur de pompes funèbres, il a pu observer cette évolution.

Adrian Hauser a fondé sa société en 2003. Il est également membre du comité directeur de l'association des services funéraires depuis 2011.

Surtout des femmes

Les personnes intéressées au métier sont surtout des femmes du domaine médical et des églises. Leur âge varie entre 20 et 50 ans.

Mais cet élan d'intérêt a aussi ses mauvais côtés. Quand les personnes ne connaissent pas vraiment la profession, «c'est pénible», admet Adrian Hauser. Certaines personnes en ont une image faussée. La série force le trait et beaucoup d'éléments sont exagérés.

En même temps, le fait que la demande soit en hausse est aussi positif. Parler de la mort n'est plus un tabou. Les étudiants sont aussi toujours plus nombreux à y consacrer leurs travaux et les demandes de stages ont sensiblement augmenté.

Le feuilleton produit par SRF et diffusé depuis le début de l'année sur la RTS aborde le thème de la mort avec naturel et dignité, a de son côté estimé la Conférence des évêques suisses. Cet aspect est positif, a souligné Adrian Hauser.

Le croque-mort ne pense pas pour autant que la série télévisée aura un effet sur le nombre de pompes funèbres établies en Suisse. Pour le moment, il n'a pas observé une augmentation de l'offre sur le marché. La série («Der Bestatter», nom original) existe depuis 2013.

Sportif et équilibré

«C'est une profession très exigeante», insiste-t-il. Un entrepreneur en pompes funèbres doit être disponible sept jours de suite. Il doit également disposer d'une grande expérience, être sportif et être stable émotionnellement.

Il faut savoir décrocher à la fin de la journée, explique-t-il. Le deuil ne doit pas trop affecter la personne.

Adrian Hauser forme 25 étudiants par année. «Nous recherchons des personnes qui ont déjà travaillé dans le domaine», précise-t-il. Mais les compétences professionnelles ne suffisent pas.

Il faut faire preuve aussi d'une certaine sensibilité et de compassion à ce que ressentent les personnes en deuil et être à l'écoute de leurs voeux.

Première en 15 ans

Dans la série, cet aspect-là est plutôt secondaire. Les deux premières saisons racontent les aventures de Luc Conrad, un ancien policier devenu employé de pompes funèbres et qui ne peut s'empêcher d'enquêter sur des décès suspects.

Le croque-mort, campé par Mike Müller, est flanqué d«un jeune assistant au look gothique. L'histoire se déroule dans la région d'Aarau. Le comédien romand, Carlos Leal, figure dans la saison 2.

La série, qui compte déjà deux saisons et dix épisodes, enregistre des records d'audience en Suisse alémanique, allant parfois jusqu'à atteindre 50% de parts de marché.

Devant un tel succès, la RTS a décidé de la diffuser sur sa chaîne. Il s'agit de la première série doublée en français depuis «Lüthi et Blanc», en 2000.

(ats)