Exposition

10 octobre 2019 06:52; Act: 10.10.2019 06:52 Print

Vous aimez les vampires? Cette expo est pour vous!

Depuis les débuts du cinéma, les vampires ont toujours crevé l'écran. Une exposition à Paris fait la lumière sur cet obscur personnage.

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Sortez vos gousses d'ail et vos crucifix: une exposition retraçant l'histoire des vampires à l'écran, des origines du cinéma aux séries télé d'aujourd'hui, a vu le jour mercredi à la Cinémathèque française à Paris. Cette exposition, qui ira ensuite à Madrid et Barcelone, est accompagnée dans la capitale parisienne par une rétrospective de films de vampires, des conférences, des visites insolites ou encore une nuit Halloween le 31 octobre, avec animations et projections.

Un couloir sombre, des candélabres aux murs avec des lumières qui vacillent, des cris, des portes en ogive et une fenêtre derrière laquelle passe l'ombre du «Nosferatu» de Murnau (1922), avec ses longues griffes et ses dents aiguisées... Le visiteur est d'emblée mis dans l'ambiance dans l'exposition immersive «Vampires, de Dracula à Buffy», présentée à Paris jusqu'au 19 janvier.

Du masque de Klaus Kinski à la robe tachée de sang d'Isabelle Adjani dans «Nosferatu, fantôme de la nuit» de Werner Herzog (1979), en passant par d'autres objets du film (pieux ou rats empaillés...), du manteau de Gary Oldman et la robe de Winona Ryder dans le «Dracula» de Francis Ford Coppola (1992) aux costumes de Tom Cruise et Kirsten Dunst dans «Entretien avec un vampire» (1994): cette exposition regorge de reliques de l'univers des vampires, présentées aux côtés de nombreux extraits de films, mais aussi des photos, affiches, manuscrits ou dessins préparatoires.

«Les vampires, c'est le cinéma»

Remontant aux origines du mythe, héritier de légendes ancestrales avant de s'incarner à la fin du XIXe siècle dans le roman «Dracula» de Bram Stoker, au moment où naît le cinéma, l'exposition décline ensuite son évolution à l'écran.

Elle adopte pour le faire une approche thématique, des «vampires poétiques» aux «vampires pop», en passant par leurs aspects politiques et érotiques, pour se finir autour d'un canapé dans l'univers des films et des séries d'aujourd'hui, de «Buffy contre les vampires» à «True Blood».

«Ce que l'on a essayé de montrer dans cette exposition consacrée aux vampires, c'est qu'en fait, si on suit la figure du vampire du tout début de l'histoire du cinéma, c'est-à-dire dès les années 1910-1915, jusqu'à aujourd'hui (...), on s'aperçoit qu'on raconte une histoire du cinéma», a expliqué à l'AFP Frédéric Bonnaud, directeur de la Cinémathèque. «Les vampires, c'est exactement le cinéma».

Un vampire à différents visages

«Il y a des vampires pendant le cinéma muet, dans le cinéma de genre, mais aussi le cinéma underground, d'avant-garde. Il y a des vampires partout, dans tous les pays, des vampires américains, japonais, mexicains...», a-t-il souligné. «Le vampire n'est jamais passé de mode, et il se métamorphose tout le temps. Ça peut être un homme, une femme, il peut changer de sexe, il peut y avoir toutes les variations possibles et imaginables».

Faisant le lien entre les créatures buveuses de sang et le cinéma, «art vampirique» - avec ses stars, pour lesquelles est inventé, dans les années 1910, le terme de «vamp» -, l'exposition s'attache également à montrer la dimension sexuée du vampire, du vampire phallocrate séducteur incarné par Christopher Lee dans les années 60 et 70 au vampire underground, libertaire ou homosexuel qui s'oppose aux codes bourgeois, des «Prédateurs» de Tony Scott au «Bal des vampires» de Roman Polanski.

Une dimension politique

Ce parcours se penche aussi sur la dimension politique que peut revêtir le film de vampires, alors que ceux-ci, tantôt bourreaux et tantôt victimes, n'ont cessé d'incarner une menace, celle de la part maudite de la société, sous les traits d'un espion communiste, d'un capitaliste véreux, d'un gourou ou d'un drogué des bas fonds.

Il interroge enfin les films de vampires contemporains, «qui sont beaucoup plus sur l'aspect minoritaire», souligne Matthieu Orléan, commissaire de l'exposition.

«Dernièrement, les films et les séries ont exploré beaucoup plus les zones d'entre-deux, cette question du vampirisme qui pourrait être une métaphore par exemple de l'homosexualité, ou d'une culture minoritaire, soit religieuse soit raciale», poursuit-il.

(afp)