La Fábrica

22 novembre 2019 20:15; Act: 22.11.2019 21:29 Print

De la fabrique de ciment à un monde merveilleux

L'architecte Ricardo Bofill a fait d'une ancienne fabrique de ciment située en Catalogne, un château postmoderne.

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En 1973, l'architecte Ricardo Bofill est tombé sur cette fabrique de ciment, dans les environs de Barcelone. Il a immédiatement vu le potentiel du bâtiment et l'a acheté sans plus attendre. Après de nombreuses années de travaux, la fabrique délabrée est devenue une résidence. Dans les espaces extérieurs, l'architecte a planté arbres et buissons en tous genres, qui ont peu à peu recouvert le béton. Au bout de 45 ans, presque toutes les pièces de l'ancienne fabrique de ciment ont été transformées en pièces de vie et en espaces de travail. «La cimenterie est non seulement ma plus belle oeuvre, mais également mon lieu de travail préféré» a déclaré l'architecte face aux médias. Chaque pièce a son propre caractère. Sur son site internet, Bofill écrit: «Dans la fabrique, je me sens comme dans un univers impénétrable, à part. Je dispose de tout et suis coupé du monde». «Ma vie ici est très constante», poursuit-il. «On passe du travail au loisir de manière très fluide». Un peu partout, à l'intérieur comme à l'extérieur de la bâtisse, se trouvent de petits endroits pour se relaxer et laisser libre cours à sa créativité. La façade extérieure est largement recouverte d'herbe, mais également d'eucalyptus, de palmiers et d'oliviers. Ce qui n'est pas pour déplaire à Bofill: «Cela confère à l'édifice le côté mystérieux et romantique d'une ruine, le rendant tout simplement unique!» Il y a évidemment une cuisine. Après tout, une partie de la famille de Bofill vit également sur les lieux et son équipe d'architectes y travaille. Malgré les travaux colossaux réalisés par Bofill, la fabrique n'est toujours pas terminée. Cela dit, l'achèvement des travaux n'est pas une priorité pour l'architecte. «J'aime l'évolution constante et la manière dont mon environnement peut être adapté à mon style de vie», dit Bofill. Il sera donc intéressant de voir à quoi ressemblera la fabrique d'ici quelques années.

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Avec leur côté mastoc, les bâtiments industriels gris et fonctionnels sont aussi moches qu'impressionnants. Plus d'un amateur de ce genre architectural se verrait bien retirer le côté inesthétique pour ne conserver que le côté impressionnant. C'est la prouesse qu'a réussie l'architecte Ricardo Bofill Levi.

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Il y a près de 50 ans, le jeune architecte espagnol est passé devant une cimenterie dans les environs de Barcelone. De sa cheminée émanait de la fumée. En 1972, la plus ancienne fabrique de ciment d'Espagne à Sant Just Desvern était toujours en activité et polluait l'air de toute la région. Le site, aujourd'hui âgé de 150 ans, était à l'époque, sur le point de fermer ses portes.

Un tas de ruines

Ricardo Bofill, architecte depuis une dizaine d'années et à la tête de son propre cabinet, était impressionné. Il venait de recevoir une attention internationale pour le complexe d'appartements postmodernes La Muralla Roja à la Costa Brava, construit en 1968. La bâtisse en béton peint en rouge vif montrait déjà la patte de l'architecte en matière de design.

Il a fini par acheter le gigantesque site, y compris son terrain de 50 ares. Bofill venait ainsi d'acquérir un tas de ruines. La cimenterie désaffectée était en pagaille, sale et en partie délabrée. Les murs s'effritaient, du ciment séché se trouvait toujours à l'intérieur des 30 gros silos et il y avait de la poussière de ciment partout. Sous le site, il a découvert une galerie de quatre kilomètres de long. Un projet fou.

L'art de laisser tel quel

L'architecte avec un penchant pour le béton ne se laisse pas décourager et se met à l'oeuvre avec une équipe interdisciplinaire. À l'aide de dynamite et de marteaux pneumatiques, ils démolissent une bonne partie du site industriel, créent des liens entre les pièces et enlèvent les débris. Selon les dires de Bofill, c'était pour dévoiler le corps caché du bâtiment.

Quant à la plus grande cheminée d'Espagne, qui a alors cessé de cracher de la fumée, il est obligé d'en réduire sa taille parce qu'une partie menace de s'effondrer. Il crée des ouvertures pour des fenêtres et des portes, relie les pièces par des escaliers. À certains endroits, on peut se poser la question si ce qu'il fait est de l'architecture ou plutôt de la sculpture.

Bureaux et salles de conférence

Bofill crée des espaces privés et des locaux à usage commercial, planifie un jardin. Les huit silos restants deviennent des bureaux, le hall de l'usine est transformé en salle de conférence et d'exposition. Tout reste démesuré dans le bâtiment, même les pièces de la tour dans les anciens silos. Dans les parties privées, même les grands canapés paraissent minuscules. Les rideaux font, quant à eux, plusieurs mètres de long.

Certaines parties de l'ancienne usine ont été conservées, avec des escaliers qui ne mènent nulle part et des poteaux de soutien qui ont perdu leur fonction. «La Fábrica» est une folie architecturale qui se suffit à elle-même pour impressionner et ne requiert pas de nom spectaculaire.

Vivre dans le béton vert

Bofill s'y installe et y établit son bureau d'architecture. La grande salle de réunion est appelée «la catedral» par les habitants des lieux. Les étroites fenêtres cintrées, présentes un peu partout, confèrent à la pièce un côté quasi sacré. À l'intérieur, un cylindre de béton fait saillie, telle une sculpture que le propriétaire aurait installée là.

Entre les parties en béton, Bofill a aménagé de vastes espaces verts. Eucalyptus, palmiers, cyprès et oliviers forment une canopée de verdure recouvrant le béton plus que centenaire. C'était il y a 40 ans. Aujourd'hui, le lierre a envahi les murs, les oiseaux et les animaux y ont élu domicile et ont transformé le colosse en une oasis de verdure.

Un travail toujours en cours

La fabrique, vieille de 150 ans, a des airs de ruine étrange, de grossier château et de décor de film de science-fiction. C'est un édifice à l'image de son propriétaire, tous deux se situant quelque part entre passé et avenir.

À en croire Bofill, l'oeuvre de sa vie est loin d'être achevée. Elle a donné une impulsion supplémentaire à sa créativité. En décembre, le célèbre architecte, qui emploie plus de 60 personnes, soufflera ses 80 bougies. Selon lui, à l'instar de sa vie, «La Fábrica» est également un projet sans fin.

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Les commentaires les plus populaires

  • Ouèsava le 23.11.2019 08:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Superbe

    C'est une superbe réussite. Il a une sacrée vision, car sortir ce bijou de ce tas de béton, il faut le faire. Même si la végétation y est pour beaucoup, à l'extérieur.

  • Tilleul le 23.11.2019 07:26 Report dénoncer ce commentaire

    Super

    C'est superbe ! Mais ca va pour quelqu'un qui a de l'argent

  • Samael le 23.11.2019 09:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bruce Wayne ou Dr. No

    On dirait la planque secrète d'un super-héros ou de l'ennemi no 1, qui veut devenir le maître de l'univers.

Les derniers commentaires

  • Archi Tek le 24.11.2019 07:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    mais bravo !

    avec de l'argent c'est plus facile d'avoir des idées.

  • Samael le 23.11.2019 09:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bruce Wayne ou Dr. No

    On dirait la planque secrète d'un super-héros ou de l'ennemi no 1, qui veut devenir le maître de l'univers.

  • Ouèsava le 23.11.2019 08:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Superbe

    C'est une superbe réussite. Il a une sacrée vision, car sortir ce bijou de ce tas de béton, il faut le faire. Même si la végétation y est pour beaucoup, à l'extérieur.

  • Tilleul le 23.11.2019 07:26 Report dénoncer ce commentaire

    Super

    C'est superbe ! Mais ca va pour quelqu'un qui a de l'argent

  • Marcel le 22.11.2019 20:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Des croûtes

    Et Victoria Secrets, Nabila, Megan, Maudet et Cie, c est aussi du béton ?