Voyage dans le temps

11 avril 2019 09:54; Act: 11.04.2019 09:54 Print

Vivre comme dans les années 30

par Daniela Gschweng - A Bâle, deux étudiants s'apprêtent à vivre comme la classe ouvrière il y a 90 ans.

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Vue de l'extérieur, elle ressemble à toutes les autres maisons mitoyennes de la paisible allée derrière la gare de Bâle, avec son petit jardin, son portillon, une terrasse et une cabane de jardin en bois.

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Mais à l'intérieur, c'est un voyage dans le temps qui démarre, avec des meubles, des couleurs et un équipement d'il y a 89 ans. Cela va du canapé jaune moutarde aux lits d'une simplicité rudimentaire, en passant par la vaisselle et les interrupteurs. Tout est comme à l'époque de sa construction autour de 1930.

Une maison tout droit sortie des années 30

L'association «Ein Haus WOBA», qui a rénové le bien jusque dans les moindres détails, se trouve à l'origine du projet, fortement apprécié par les visiteurs lors des portes ouvertes. Mais le logement ne se veut pas uniquement un témoignage du passé. Elle est destinée à servir de lieu d'habitation.

Quand le logement s'est libéré en 2016, l'architecte Lukas Gruntz, à qui on doit le projet, était en train de préparer sa maîtrise sur l'exposition Woba (logement et construction) et le lotissement «Wohnkolonie Eglisee». Treize architectes, mandatés par les coopératives d'habitation bâloises, y ont chacun construit une rangée de maisons pour l'exposition praticable dans le cadre du tout premier salon du logement de Bâle. L'objectif de Lukas Gruntz était de conserver au moins l'une des maisons dans son état d'origine.

Des mois passés à trouver la vaisselle d'époque

Il y a deux ans, il a fondé «Ein Haus WOBA», cherché des sponsors et récolté des fonds pour restaurer le logement. Un an plus tard, il a réussi à convaincre la coopérative Eglisee.

C'est alors qu'a démarré un travail de recherche colossal sur l'équipement, les couleurs, les tapisseries et les revêtements de sol d'origine. Association et bénévoles ont gratté, une à une, les couches de peinture, recherché des photos et passé des mois à trouver des meubles et de la vaisselle d'époque.

45 m² sur deux étages

Le jeu en valait la chandelle, même du point de vue actuel. Certes, la maison est petite, mais elle paraît beaucoup plus grande grâce à un agencement judicieux de l'espace. La surface de 45 m², répartie sur deux étages, est inférieure à la plupart des appartements contemporains d'une pièce.

Une fois le seuil franchi, on se retrouve directement dans la cuisine qui jouxte le salon et derrière laquelle se trouve la salle de bain. Au premier étage, on a les toilettes et deux chambres à coucher. Le point de mire est la cuisinière électrique bleue en fonte émaillée avec ses boutons blancs, dénichée en Alsace et qui fonctionne toujours à merveille. Pour la visite, deux grandes cafetières à expresso reposaient dessus.

Unique concession moderne: le réfrigérateur

La seule concession moderne faite par Lukas Gruntz et ses acolytes, est l'installation d'un réfrigérateur. Car, loin d'être un musée, le logement des années 30 devrait prochainement accueillir ses deux premiers locataires.

Ces derniers n'auront cependant ni le droit d'apporter leurs propres meubles, ni d'accrocher des tableaux aux murs. Ils devront également renoncer à un certain confort. En effet, seuls deux poêles à bois en faïence leur serviront de chauffage. «Question d'habitude», si l'on en croit les dires de l'architecte. Le loyer, qu'il n'a pas encore fixé, devrait s'élever à «environ 800 euros par mois».

800 francs par an

Un loyer dont le montant est resté identique à celui des années 30, sauf qu'à l'époque, cette somme était versée pour un an. Aux jeunes, pour qui vivre dans un espace aussi exigu en famille paraît inconcevable, les plus âgés ayant grandi dans ce type d'habitation répondent «ne pas avoir souffert».

Les enfants dormaient dans la «grande chambre» et les parents dans la plus petite. Rien d'extraordinaire à cela. Par contre, disposer d'une salle de bain était considéré comme le grand luxe pour une famille d'ouvriers de l'époque – voire perçu d'un mauvais œil par certains. Le «Berner Zeitung» avait même qualifié le lotissement de «nid de communistes».

(age)

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Les commentaires les plus populaires

  • Arthur le 11.04.2019 10:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La cho de fon

    Allez vivre à la chaux de fonds ,dépaysement année 30 ,communiste et chauffage au bois encore d actualité...

  • Cléric le 11.04.2019 10:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    A imiter chacun dans sa sphère

    Super essai. Il faudra y ajouter les horaires, les loisirs et surtout les comportements humains (civilités) de l'époque. Il paraît que les gens étaient plus respectueux entre eux et avec les choses.

  • Billoute Gaytssss le 11.04.2019 18:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pas beaucoup de changement

    on dirait l'appartement de mes parents (2010)

Les derniers commentaires

  • Lionblanc le 12.04.2019 21:44 Report dénoncer ce commentaire

    Un doute sur les années 30

    Je ne crois pas que jaurais aimé vivre dans les années 30, car jimagine que cela ne devait pas être facile tous les jours, et en écoutant ma grand-mère cétait bien pire encore. En revanche si je pouvais revenir dans les années 70 là je dirais oui tout de suite, il y avait du travail, tout était à faire, pas dinsécurité, les bistrots étaient sympa, dans les discothèques il y avaient encore les slows, la drague, linsouciance, la joie de découvrir la vraie liberté, cétait cool. Les boguets maquillés, les flics aux trousses, quelle belle époque..

  • Nico le 12.04.2019 15:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Dechets ??

    Faut-il encore trouver de quoi se fournir en nourriture sans déchets, y fabriquer un compost. La poubelle n'existait pas à cette époque

  • Dubite Hâtif le 12.04.2019 12:39 Report dénoncer ce commentaire

    Années 30, vraiment ?

    Eh bien, chez-moi, on nen avait pas plus, voire moins, dans les années 70-80 ! Et mes parents navaien En aucun cas eau chaude et salle de bain dans leur enfance, dans les années 50...

    • Pierre le 12.04.2019 19:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Dubite Hâtif

      Ben vous n'avez pas eu de chance dans les année 70-80 alors...

  • pollution peak le 12.04.2019 11:25 Report dénoncer ce commentaire

    des années 50

    Malgré la crise économique, les années 30 à la campagne on vivait mieux qu'aujourd'hui. Tout était naturel, on mangeait nos fruits sans les laver, et le cochon noir avait le goût du cochon. Après Adolf on a eu Staline, mais des années 50 apportèrent la pollution au charbon, les engrais chimiques, les pesticides et la 13 côte du cochon hybride. Nous ne savions pas nous servir de l'argent, et on donnait nos petits salaires aux parents. Vivre en ville était déjà plus pénible car la petite dame devait courir tous les matins au marché et imaginer encore et encore que faire à manger.

    • Réalité le 12.04.2019 23:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @pollution peak

      Haha oui c'est cela même. Pas de pollution : le charbon était encore très utilisé, au niveau particules fines c'est juste terrible. Pas d'électroménager ça veut aussi dire pas de machine à laver ni frigo. Les maman disent pas merci. Les gens idéalisent mais se rendent pas compte. C'est pas pour rien qu'on vit presque deux fois plus longtemps aujourd'hui.

  • Manfred Portmann le 12.04.2019 06:54 Report dénoncer ce commentaire

    Gelée dans les chambres

    Ma tante disait que la grand-mère venait au petit matin vérifier si les fleurs sur la table avaient gelées pendant la nuit, mais « elle na jamais vérifié si nous avions gelé ! »

    • balayé par le vent le 12.04.2019 11:59 Report dénoncer ce commentaire

      @Manfred Portmann

      Dans les vieilles maisons en pierre la cheminée chauffait bien, et nous aimions dormir dans le froid. Les portes et fenêtres n'étaient pas isolées, la température hivernale plongeait à -25 C, le vent de Sibérie passait par l'Autriche, mais nous ne tombions pas plus malades qu'aujourd'hui. J'avais un pigeon blessé dans ma cuisine et le chat est devenu son copain. On marchait 8 km par jour pour aller à l'école sur la neige de 90 cm, le vent détournait les petits corps des enfants - je suis petite, tiens-moi fort par la main - cria ma petite camarade de classe...