Carouge (GE)

29 mai 2012 13:44; Act: 29.05.2012 14:40 Print

Découverte archéologique «stupéfiante»

Les vestiges archéologiques découverts récemment sur un chantier carougeois et que nous vous révélions datent du 1er siècle et du Moyen Age.

Voir le diaporama en grand »
Mardi 29 mai au matin, la pile de pont datant de 1115 est soigneusement débâchée. La structure en bois a été découverte le 30 avril dans le cadre d'un chantier locatif situé à Carouge, entre la route de Veyrier, la rue de la Fontenette et le passage des Tireurs-de-Sable. Les médias sont conviés à découvrir officiellement cette pile de pont, ainsi que quelque 80 blocs romains, provenant sans doute du mausolée d'un centurion. Cette pile de pont, construite en bois de chêne, constitue la plus ancienne trace d'un pont sur l'Arve. En arrière-plan se trouvent quelques blocs romains. Ils ont été utilisés pour remblayer le lit de l'Arve, probablement au XVIIe ou XVIIIe siècle. Le bois, qui était enseveli sous une couche alluvionnaire, est déjà en train de se dégrader. Une série de madriers en seront prélevés pour être traités. L'emplacement de cet ancien pont est une véritable découverte pour le Service cantonal d'archéologie. La pile de pont découverte, en contact avec la nappe phréatique, est gorgée d'eau. Lorsque celle-ci s'évapore, le bois explose. Les archéologues ont trouvés quelque 80 blocs romains, enterrés à trois mètres de profondeur. Ils pèsent chacun entre 500 et 600 kg. Le Service cantonal d'archéologie formule l'hypothèse que ces blocs proviennent d'un mausolée romain, voire de plusieurs. A l'appui de cette thèse, la découverte en 1805, à 40 mètres, du mausolée du centurion Marcus, donc certains blocs sont exposés devant la amirie de Carouge. L'archéologue cantonal Jean Terrier parle de "découverte stupéfiante". L'archéologue cantonal Jean Terrier juge que la structure de bois exhumée est "exceptionnellement bien conservée". Son service a peiné à la dater, faute de matériel ou d'objets trouvés alentours, qui auraient pu servir d'indices. Le conseiller d'Etat François Longchamp, qui préside par intérim le Département des constructions et des technologies de l'information, a évoqué la responsabilité de l'Etat: "assurer la préservation des découvertes faites à Genève, la recherche et l'étude." Blocs architecturaux en calcaire dégagés durant le terrassement. Eléments en bois d'une imposante structure d'époque médiévale. Eléments en bois d'une imposante structure médiévale, d'une taille de 6 mètres par 12 mètres. Blocs en calcaire découverts lors du terrassement. Vue d'ensemble du chantier. Détail de sculpture sur un bloc en calcaire. Base de colonne et blocs architecturaux découverts durant le terrassement. Base de colonne découverte durant le terrassement. Mise à jour des blocs de calcaire ayant appartenu à un monument d'époque romaine.

Les pièces découvertes vont être présentées au public.

Sur ce sujet
Une faute?

Le 15 mai dernier, nous vous révélions cette découverte archéologique sur un chantier de Carouge sans pouvoir préciser la date de ces vestiges.

La construction d'un immeuble de logements a permis tout d'abord de mettre à jour une cinquantaine de blocs de calcaire sculptés pesant près d'une tonne chacun. Ils étaient enfouis à 3 mètres de profondeur, près de l'Arve. Ces blocs pourraient provenir d'un monument funéraire antique édifié à la mémoire du centurion romain Marcus Carantius Macrinus.

Ces blocs auraient été utilisés au XIXe siècle pour stabiliser les berges de l'Arve. Ils auraient été déterrés en 1805 non loin de la rivière en compagnie d'autres blocs comprenant cette fois des inscriptions. Ces vieilles pierres sont aujourd'hui exposées dans la mairie de Carouge et au Musée d'art et d'histoire de Genève. L'archéologue cantonal Jean Terrier parle de «découverte stupéfiante».

Les travaux de construction de l'immeuble de logements ont aussi conduit à la découverte, le 30 avril dernier, de madriers de chêne datant du début du XIIe siècle. Les pieux, qui se trouvaient à 4,5 mètres de profondeur, étaient assemblés verticalement et horizontalement.

Vestiges d'un pont

La dendrochronologie et des analyses au carbone 14 ont permis de dater la structure. Celle-ci a dû être réalisée vers 1115. Son emplacement laisse à penser qu'il s'agissait d'éléments d'un pont qui permettait de traverser l'Arve. La présence d'une léproserie à proximité, mentionnée en 1243, accréditerait cette hypothèse.

Le processus de dégagement des vestiges arrive à son terme. La Ville de Carouge cherche un lieu pour le stockage des pièces afin de les étudier et de les présenter au public. Le chantier pourra reprendre une fois les antiquités entièrement dégagées et le problème de la nappe phréatique résolu, ont noté les autorités.

(ats)