Technologie

10 février 2011 10:01; Act: 10.02.2011 12:17 Print

«La 3D, tout un langage à inventer»

par Caroline Goldschmid - Le relief s'invite sur nos écrans. Effet «soufflé» pour les uns, innovation pleine de promesses pour les autres.

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Le grand public s’est rué sur les téléviseurs et lecteurs 3D pour la maison, qui coûtent aujourd’hui moins de 2000 fr. (Photo: DR)

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Un an et demi après sa sortie en salles, «Avatar» reste «la» référence en matière de films 3D. Wim Wenders («Paris, Texas») va jusqu’à dire que depuis ce «chef-d’œuvre époustouflant», seules des «daubes» sont sorties. Certes, le réalisateur allemand présentera un documentaire en 3D sur la chorégraphe Pina Bausch lors de la prochaine Berlinale, mais il n’est guère convaincu par l’utilisation du relief au cinéma.

Les ciné­philes américains commencent d’ailleurs à délaisser les salles obscures en raison du prix élevé des projections en trois dimensions, alors que plus de 40 films 3D sont prévus cette année. «Trop de 3D tue la 3D, résume Marc Pahud, administrateur de Cinérive. Les meilleures images tridimensionnelles ne rattraperont jamais un mauvais scénario, l’interprétation ou le sujet du film. Cela doit rester événementiel.»

De son côté, Phi­lippe Nicolet, directeur de Nicolet Vidéo Productions (www.nvp3d.com), est très enthousiaste quant à l’utilisation potentielle de cette technologie. Il a d’ailleurs réalisé le film «Syncope» avec le Béjart Ballet Lausanne, qui sera projeté samedi en avant-première dans le cadre du Festival du documentaire 3D (lire ci-dessous). Acquis au relief, il en fait un art. «Après avoir beaucoup joué sur les effets spectaculaires de la 3D, on entre aujourd’hui dans la phase intéressante. Il s’agit d’en faire une nouvelle utilisation. Dans cette seconde génération de 3D, il y a tout un langage à inventer», se réjouit Philippe Nicolet. Pour regagner ses lettres de no­blesse, la 3D devra donc parvenir à se faire oublier, tout en donnant au spectateur la même vision qu’il aurait eue dans la réalité.

Docs inédits en 3D à Romont

La 2e édition du Festival du documentaire 3D aura lieu samedi 12 février à Bicubic-Romont. Au programme, trois séances aux thématiques très différentes mais qui se prêtent particulièrement bien à la 3D: l’eau, le ballet et le rock. Parmi les films présentés, la dernière création du Béjart Ballet Lau­sanne, en première mondiale. Même si, selon Gil Roman, directeur artistique du BBL, «un film n’est que le pâle reflet de la réalité. Grâce à la 3D, on a l’impression que la danse est ressentie, elle donne de l’espace entre les corps.»

Samedi 12 février, Bicubic, rte d’Arruffens 37, 1680 Romont. «L’eau» à 18 h 30, «Syncope» par le Béjart Ballet à 21 h et «Rock» à 21 h 30. Billetterie au tél. 026 651 90 51 ou sur http://www.bicubic.ch/