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03 mars 2011 09:55; Act: 03.03.2011 09:55 Print

Ados vulnérables face au cybermobbing

par Caroline Goldschmid - La violence relayée sur la Toile est aujourd’hui l’une des principales préoccupations des ados qui composent le 147.

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Les moins de 18 ans qui se sentent agressés via les chats ou par SMS peuvent appeler le 147. (Photo: AFP)

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La cybermaltraitance? Cela ne consiste pas à lancer un clavier ou un écran d’ordinateur sur le coin de la figure de quelqu’un. Il s’agit de menaces, de harcèlement, de propos déplacés ou même violents formulés sur la Toile, principalement dans les forums, les chats et les réseaux sociaux. Cette violence dite «médiatisée» peut aussi être perpétrée via SMS et MMS.

Avec l’omniprésence d’outils technologiques tels que smartphones et ordinateurs portables, les enfants et les ados sont toujours plus nombreux à en être victimes. En témoignent les appels au numéro gratuit qui est mis à leur disposition, le 147. «Le cybermobbing est une thématique souvent abordée par les jeunes qui nous contactent», indique Serge Pochon, psychologue et directeur de l’association Telme (lire ci-contre). Cette cybermaltraitance peut se présenter sous différentes formes. «La maltraitance contextuelle, c’est quand un jeune surfe sur le web et tombe par hasard sur des images choquantes et traumatisantes, explique le psychologue. Ces situations malheureuses peuvent survenir si les parents n’ont pas conscience du danger et ne sécurisent pas suffisamment l’ordinateur de leur enfant, ou encore s’ils négligent le risque. Quant à la maltraitance individuelle, elle est exercée par une personne sur une autre personne, anonymement ou non.» Dans ce dernier cas de figure, les agressions se font souvent entre pairs. «Mais c’est une illusion de penser qu’on peut faire­ n’importe quoi puis disparaître! Toutes nos actions sur internet laissent des traces», rappelle M. Pochon.

Rumeurs et insultes: réussir à en parler

Parmi les exemples de cybermobbing enduré par les jeunes qui consultent la ligne 147, nombreux sont ceux à ne pas oser en parler à leurs parents. Ce service les aide notamment à ­faire le pas. «Nous avons convaincu un garçon sur lequel des rumeurs étaient colportées sur Facebook et qui avait été insulté sur ce réseau de s’adresser à son enseignant», indique Pro Juventute dans son rapport 2010.
Une conseillère a aussi pu aider un ado qui avait donné le mot de passe de sa boîte mail à un copain. Ce dernier avait ensuite insulté un tiers à partir de ce ­compte mail. La professionnelle de la ligne 147 a recommandé à la victime d’expliquer avec précision ce qui s’était passé à son enseignant et de lui prouver, par la manière dont il écrit habituellement
ses e-mails, qu’il n’était pas l’auteur du courriel incriminé