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25 mai 2011 07:00; Act: 24.05.2011 17:42 Print

Comprendre les bêtes, un don

Anna Evans dit communiquer avec les animaux. Avant sa venue en Suisse, des spécialistes s'expriment sur ce vieux rêve humain.

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Un exemple de complicité avec l’animal: la primatologue Jane Goodall.

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La vétérinaire française Anna Evans enseignera la «communication intuitive» (lire encadré) en Valais et à Genève dès le 31 mai. La méthode est censée aider à comprendre si un animal souffre et ce qu’il vit de manière générale. Quand on évoque la capacité à communiquer avec les bêtes, on pense tout de suite à la comédie «Dr Doolittle», dans laquelle Eddie Murphy pouvait converser avec tous les êtres vivants.

«Un outil intéressant»

Est-il réellement possible d’apprendre à échanger des informations avec les bêtes? Le Dr Olivier Rey a suivi les cours d’Anna Evans, et applique sa méthode dans son métier de vétérinaire. «C’est un outil intéressant parce que ça demande de prendre conscience de notre rôle; ça permet de mieux comprendre celui de l’animal. Cela m’a aidé à avoir plus de compassion. Mais ce n’est pas l’outil qui est intéressant, c’est la manière de l’utiliser.»

«Cela peut sensibiliser»

Pour Marc Vingerhoets, président des vétérinaires vaudois, ce genre de cours «peut sensibiliser. Mais de là à utiliser le terme communiquer...» Il estime que «l’intuition se forge avec l’expérience». Selon la comportementaliste et homéopathe Colette Pillonel: «La communication intuitive avec l’animal est un don. Cela ne s’apprend pas dans un cours. Même si cette méthode peut améliorer l’écoute de l’animal, il faut savoir ensuite comment bien utiliser les informations, sans culpabiliser le propriétaire.»


Une affaire d’intuition et d’interprétation

A l’occasion de sa venue en Suisse romande, Anna Evans nous a donné des précisions sur sa méthode pour communiquer avec les animaux.
– Comment décrire la «communication intuitive»?
– C’est, par certains aspects, proche de la télépathie. Il y a un échange d’information à travers les champs magnétiques. Mais il y a une démarche éthique à avoir. La finalité, c’est le bien-être de l’animal.
– Peut-on échanger des informations avec tout animal?
– Oui, c’est possible avec un escargot ou un poisson. Mais il est difficile de les utiliser dans la réalité. Par exemple, c’est dur de déchiffrer les informations que donne une abeille.
– Comprenez-vous que votre méthode puisse laisser scep­tique?
– Tout à fait. Il m’a fallu une certaine maturation intérieure pour y croire.


Elle murmure aux chevaux

«Si les chevaux pouvaient nous dire où ils ont mal, on pleurerait», explique Virginie Bernhard. Pour dresser même le plus traumatisé des animaux, la Vaudoise n’utilise que la méthode douce. Ni mors ni éperon, ni selle ni cravache. Un peu à la manière du héros de «L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux», avec Robert Redford. «Ce personnage-là est moins mauvais qu’un autre», explique Virginie. Elle refuserait toutefois d’entraver l’animal comme dans le film. «Les personnes qui viennent vers moi doivent être prêtes à se remettre en question. Nous avons une relation étrange avec nos chevaux. Nous les aimons, mais nous leur tapons dessus pour les plier à notre volonté.» La dresseuse de 34 ans a beaucoup appris avec les Indiens Cheyennes. Aujourd’hui, c’est elle qui fait figure de sommité dans son domaine.


Le site de Virginie Bernhard

(cgo/pom/cam/sim)