Danse

18 octobre 2019 05:52; Act: 18.10.2019 06:04 Print

Décès d'Alicia Alonso, légende du ballet cubain

Alicia Alonso, danseuse et chorégraphe décédée à l'âge de 98 ans, avait créé une école à part dans le monde du ballet: l'école cubaine.

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Alicia Alonso en 2012. (Photo: AFP)

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La danseuse et chorégraphe cubaine Alicia Alonso, légende du ballet, est décédée jeudi à l'âge de 98 ans, a annoncé le ballet national de Cuba. Elle est la seule Latino-Américaine de l'histoire à avoir été «prima ballerina assoluta».

«Alicia Alonso est partie et nous laisse un vide immense, mais aussi un héritage inégalable», a réagi sur Twitter le président cubain Miguel Diaz-Canel. «Elle a placé Cuba au meilleur niveau de la danse mondiale. Merci Alicia pour ton oeuvre immortelle».

«'Maman' est partie, la plus grande étoile de toutes», a tweeté le danseur et chorégraphe cubain Carlos Acosta, directeur du ballet royal de Birmingham, au Royaume-Uni.

«Fille d'une petite île des Caraïbes, Mme Alonso s'est imposée face à toutes les barrières de ceux qui disaient que le ballet était un art de pays développés, que le physique et le tempérament latins n'allaient pas avec les exigences de la danse classique», a-t-il également souligné dans un communiqué.

Quasiment aveugle

A Cuba, qu'elle n'avait jamais voulu abandonner malgré les propositions d'argent et de renommée à l'étranger, Alicia Alonso avait créé une école à part dans le monde du ballet: l'école cubaine, qui mélange rythmes et origines raciales pour donner naissance à un style reconnaissable entre tous.

Devenue quasiment aveugle à l'âge de 20 ans après un double décollement de rétine, Alicia Alonso, qui ne distinguait que les ombres, a dansé presque toute sa vie en s'orientant grâce à des repères lumineux disposés sur la scène, selon son second mari.

Elle n'avait rangé ses chaussons qu'en 1995, à l'âge de 74 ans. Elle était alors devenue une chorégraphe exigeante, toujours svelte et élégante avec son rouge à lèvres rose et ses longs ongles vernis, qui faisait répéter sans relâche chaque mouvement jusqu'à atteindre la perfection même si elle ne pouvait rien voir. «Moi, je danse dans ma tête», disait-elle souvent.

Pendant un demi-siècle, elle interprétera le rôle principal de «Giselle», avec laquelle l'associera à jamais l'histoire de la danse. «Si Alicia Alonso est née, c'est pour que Giselle ne meure jamais», ont l'habitude de dire ses compatriotes.

Samedi, un hommage populaire lui sera rendu dans le grand théâtre de La Havane - rebaptisé depuis 2015 théâtre Alicia Alonso - , a annoncé le ministère de la culture cubain.

(nxp/ats)