Etats-Unis

07 juillet 2014 09:51; Act: 07.07.2014 16:59 Print

Des points en plus aux élèves qui ne s'épilent pas

Spécialisée dans les études de genre, une enseignante à l'université propose à ses étudiants de bousculer les normes sociales. En échange, ils reçoivent des crédits supplémentaires.

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Kurt Keller, Emily Dysart, KC Lindley et Grace Scale ont osé tenter l'expérience. (Photo: Université de l'Etat d'Arizona)

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Prof à l'Université d'Etat d'Arizona, Breanne Fahs est spécialisée dans les études de genre. Depuis quelques années, elle propose à ses élèves de gagner des points supplémentaires en participant à un projet bien particulier. Le principe? Les étudiantes doivent cesser de s'épiler les jambes et les aisselles pendant dix semaines et tenir un journal dans lequel elles racontent leur expérience. Les garçons, eux, sont sommés de se raser intégralement.

«Il n'y a pas de meilleure façon pour étudier les normes sociales que de les violer et d'observer la réaction des gens», explique Breanne Fahs sur le site de l'Université de l'Etat d'Arizona. La plupart des étudiants ayant participé au projet estiment que l'expérience a «changé leur vie». Ils disent avoir été choqués par les réactions de leur partenaire, de leurs amis ou de leur famille. «La plupart de mes copains et copines ne voulaient pas faire du sport à côté de moi ou entendre parler de cette expérience. Ma mère était dégoûtée à l'idée que je puisse me marier dans une robe blanche avec des poils sous les bras», raconte Stephanie Robinson.

Aisselles comparées à un fond de poubelle

Grace Scale, elle, a perdu un ami dans l'aventure. «Un de mes meilleurs copains – à l'époque – a comparé mes aisselles à «de la boue stagnant au fond de la poubelle», confie-t-elle. L'enseignante a observé que si une majorité d'étudiants se lançaient dans l'expérience, alors les autres suivaient plus volontiers. «C'est intéressant de voir que la dynamique de la classe peut créer une nouvelle norme. Les élèves développent un sens de la communauté et prennent du plaisir à se lancer ensemble dans un acte de rébellion», analyse-t-elle.

Breanne Fahs ajoute que les filles sont le plus souvent inquiètes de la réaction de leur petit ami, tandis que les garçons redoutent de subir les vannes de leurs potes. Les cobayes masculins adoptent alors souvent une attitude de macho: certains insistent pour pouvoir se raser avec un couteau de chasse, par exemple.

(joc)