Santé

08 janvier 2014 22:14; Act: 09.01.2014 11:17 Print

Des salaires bas de gamme derrière le luxe des spas

par Christian Humbert - Un livre dénonce les conditions dans les centres de soins des palaces suisses. Un syndicat s’en inquiète aussi.

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Les accusations sont contestées par les palaces interrogés. (Photo: AFP)

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Pas toujours sympa, l’univers aseptisé des fitness, wellness et spas des palaces suisses. Le témoignage livré par Doris Strano est éloquent.

Diplômée en nutrition et sport, l’auteure a œuvré des années dans le milieu. Selon elle, les hôtels n’investissent pas des millions pour proposer de tels services sans le souci d’une grande rentabilité.

Celle-ci passerait par la vente de produits à hauts prix, l’engagement de personnel étranger à bas salaires (1500 fr. pour une Roumaine parlant cinq langues), des thérapeutes à la formation aussi diverse que parfois contestable, avec des diplômes reconnus par la seule école privée qui les délivre. Une situation qui entraînerait de constants changements de personnel, étranger et non syndiqué. Et des prestations largement taxées.

La charge est rude. Mais les accusations sont contestées par les palaces interrogés: «La moitié de nos 20 employés du wellness est étrangère, bien formée, bien payée selon la convention collective de l’hôtellerie (CCT)», réplique par exemple le Montreux-Palace.
Un avis que ne partage pas le syndicat Unia Genève. «Tout salarié d’un hôtel est soumis à la CCT. Mais il n’y a personne pour le contrôler, et les salariés étrangers ne connaissent pas leurs droits.

Le dumping salarial est énorme, s’indigne le secrétaire syndical Umberto Banderia. Pas surprenant que le rendement d’une chambre à Genève soit le plus élevé du monde!»

«7th art’touch et secrets de wellness» Editions du Panthéon.