New York

30 juillet 2014 09:44; Act: 30.07.2014 17:47 Print

Du théâtre accoudé au bar

par Emmanuel Coissy - Des établissement new-yorkais accueillent des comédiens qui se mêlent à la clientèle. Scènes de séduction et monologues au téléphone ponctuent la soirée.

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A côté des clients du Fat Baby à Manhattan, des acteurs (à g.) improvisent un dialogue de la performance appelée «Play/Date» (Photo: Brian T. Scott)

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«Tout est conçu pour susciter le voyeurisme», assure Michael Counts, amusé. A 34 ans, il est le metteur en scène de «Play/Date», un show monté cet été dans un bar de Manhattan, le Fat Baby. Les «voyeurs» sont les clients qui attrapent au vol les propos de 18 acteurs disséminés parmi eux dans tous les recoins de l’établissement. Ils interprètent, seul ou en couple, 25 scènes où se mêlent drague, alcool et histoires de sexe. C’est«une immersion théâtrale dans un débit de boisson», rapporte le «New York Times», qui a évoqué ce phénomène à la mode ce week-end.

«Play/Date» s’inspire de la pièce «Sleep No More», où le public est amené à suivre un thriller dont l’action est à demi improvisée sur plusieurs éta­ges d’un immeuble de Chelsea. Créée en 2011, celle-ci affiche complet tous les soirs. Implanter le concept dans un bar ouvert à tous est un moyen d’en faciliter l’accès. «Il y a huit millions de personnes dans cette ville et trois millions sont des ivrognes», ironise un acteur de «Play/Date». «Il arrive même que des clients tentent d’offrir à boire aux comédiens en plein jeu!» ajoute Michael Counts.

Jouer à boire et boire pour jouer

Deux autres adresses new-yorkaises abritent actuellement des spectacles analogues. «Clown Bar» a la trame d’un film noir aux relents comiques. Il est donné au Box, club connu pour la débauche de ses afters. La troupe l’avait initialement présenté dans un théâtre. Reprendre ce texte dans une véritable atmosphère de bibine l’a fait gagner en substance, selon les artistes. Si la consommation d’alcool est interdite aux performeurs de «Play/Date» et de «Clown Bar», ce n’est pas le cas dans «Drunk Shakespeare», où la descente et l’éthylisme font sens. Le discours des cinq personnages est à à moitié du grand Bill et à moitié improvisé. Le public, lui, campe le sixième rôle.