Sexisme au travail

12 octobre 2019 21:23; Act: 12.10.2019 22:44 Print

Sexisme au travail: 60% des femmes concernées

Une étude a révélé samedi que 60% des femmes européennes ont déjà été victimes de violence sexiste ou sexuelle sur leur lieu de travail.

storybild

21% des femmes disent avoir subi de tels faits au cours des 12 derniers mois. (Photo: Keystone/illustration)

Sur ce sujet
Une faute?

Quelque 60% des femmes en Europe rapportent avoir déjà été victimes d'au moins une forme de violence sexiste ou sexuelle au travail, selon une étude Ifop. Celle-ci a été réalisée auprès de plus de 5000 femmes dans cinq pays et publiée samedi.

Pour les femmes concernées, le phénomène n'est pas forcément un lointain souvenir: 21% des femmes disent avoir subi de tels faits au cours des 12 derniers mois (et même 42% des moins de 30 ans), selon cette étude réalisée pour la Fondation Jean-Jaurès et la Fondation européenne d'études progressistes (FEPS).

Onze pour cent des sondées (9% en France, mais 15% Espagne) disent même avoir déjà eu un rapport sexuel «forcé ou non désiré» avec quelqu'un de leur milieu professionnel. Un chiffre qui met «en exergue la zone grise qui peut exister autour du consentement», lorsque celui-ci peut «être extorqué dans un contexte de subordination, d'intimidation ou de manipulation», relèvent les auteurs de cette étude réalisée en France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni et Espagne.

Sifflements, commentaires grossiers

Les violences sexistes qui pourraient sembler les moins graves sont aussi les plus fréquentes: 46% des femmes ont déjà fait l'objet de «sifflements, de gestes ou de commentaires grossiers ou encore de regards concupiscents», un taux qui monte même à 56% en Allemagne. Et 26% disent subir de tels gestes ou mots «de façon répétée».

En outre, 9% des femmes rapportent avoir subi au moins une fois des «pressions» de la part d'un collègue pour obtenir d'elles un «acte de nature sexuelle» (par exemple un rapport sexuel en échange d'une embauche ou d'une promotion). 18% se sont vu imposer «au moins une fois» des contacts physiques comme une main sur les fesses, une étreinte forcée ou un baiser volé.

Les auteurs de gestes ou mots déplacés ne sont pas forcément les supérieurs mais peuvent être des collègues de même niveau hiérarchique, voire des personnes extérieures à l'entreprise, comme des fournisseurs (notamment pour les situations où les femmes se voient offrir des cadeaux «gênants»).

Mur du silence difficile à briser

Les auteurs notent qu'«une très faible minorité de victimes de harcèlement au travail parvient à briser le mur du silence»: seules 13% des femmes ayant subi des attouchements et 16% de celles ayant fait l'objet de pressions en vue d'un rapport sexuel disent en avoir parlé à un interlocuteur susceptible de régler le problème en interne, comme un supérieur hiérarchique ou un syndicaliste.

Étude Ifop menée par questionnaire en ligne, en avril 2019, auprès de cinq échantillons d'un peu plus d'un millier de femmes de plus de 18 ans, dans cinq pays de l'Union européenne (méthode des quotas).

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Jean-Maurice le 12.10.2019 23:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Violences ?

    "violences".... quelques lignes plus loin "des sifflements, des remarques". C'est pas pour défendre ces comportements, mais c'est clair que si on considère le moindre comportement peu recommandable comme une violence, c'est facile d'obtenir des gros chiffres pour un attraper le chaland. Bientôt croiser le regard d'une femme va entrer dans la catégorie "violence".

  • Lanna le 12.10.2019 22:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et Alors? On est pas des victimes!

    Et? Sexisme ne rime pas forcément avec traumatisme! A mes débuts, étant commerciale parmi 30 hommes, cela m'a beaucoup appris! La plupart étaient vraiment respectueux, les autres n'ont pas osé m'approcher 2 fois! Je ne parle pas des paternalistes qui m'appelaient «ma Petite»! Je n'en garde qu'une très belle expérience, ça m'a rendue très très forte et assez clairvoyante! Je ne laisse personne me marcher sur les pieds... Je ne dirais qu'une chose; Merci Messieurs, vous m'avez rendue extrêmement forte!

  • Leksa le 13.10.2019 00:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Un peu de bon sens svp

    Je trouve les commentaires largement inquiétants. Tant femmes que hommes... Mesdames, Messieurs, chacun fait ce qu il veut de son cul en dehors du travail. Mais au boulot, il est juste inadmissible de la part d un homme comme d une femme d avoir des comportements, gestes, paroles ou autres inappropriés envers quiconque ! Il n y a même pas besoin de parler de féminisme, de meeto machin truc, de critiquer les mecs ou les femmes...C est juste le respect d autrui et le bon sens (pas besoin d avoir fait l uni pour comprendre ça, enfin il me semble...). Bonne soirée à vous

Les derniers commentaires

  • Liberland le 19.10.2019 11:38 Report dénoncer ce commentaire

    Matriarcat GMBH

    dans les monopoles elles remplacent les hommes de plus de 40 piges jugés trop cher, comme partout ailleurs, peu de femmes dans le privé, patriarcat oblige !

  • Feminazgûl le 14.10.2019 08:24 Report dénoncer ce commentaire

    La culture du viol nous empoisonne

    Quand je lis tous ces commentaires anti-metoo, je me demande si une seule de ces personnes est allée ne serais-ce que lire les témoignages sur la page concernée ? Déjà, ce ne sont que des faits qui sont relatés, il n'y a aucun nom. De plus, il ne s'agit pas que de femmes mais aussi des hommes et parfois des mineurs. Et personne n'appelle jamais à la haine anti-hommes, ce sont des personnes qui ont simplement trouvé une tribune pour exprimer ce qu'elles sont ressenti parce qu'on ne les écoute ou on ne les croit pas dans le monde réel.

  • Alexandre le 14.10.2019 01:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Que votre NON soit NON

    Il faut apprendre aux femmes à dire NON d'un ton ferme et déterminé. Certaines femmes ne savent pas dire non. Elles le disent avec un sourire, ou un petit rire gêné ou nerveux qui pourrait laisser penser que c'est non maintenant, mais qu'éventuellement cela pourrait être oui plus tard... Mesdames, sachez dire NON sans un sourire. Soyez ferme et ne laissez aucun doute sur votre NON. L'agresseur ou le grossier personnage doit sentir que vous êtes capable de le dénoncer s'il passe outre.

    • Ça a l'air si facile le 14.10.2019 05:42 Report dénoncer ce commentaire

      @Alexandre

      D'accord avec vous. Et si ça ne suffit pas ?

    • Pfff... le 14.10.2019 11:27 Report dénoncer ce commentaire

      @Alexandre

      YAKA, YFAUT. Si c'était aussi simple, ça serait réglé depuis longtemps

    • Alexandre le 15.10.2019 09:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Ça a l'air si facile

      Si ça ne suffit pas, dénoncez ! Vous ne serez jamais protégée par votre silence. Alors, criez pour être entendue par les bonnes personnes.

    • Emma le 16.10.2019 12:38 Report dénoncer ce commentaire

      Heu.. arrêtons de pousser le bouchon

      Et si on aprenait à certains hommes à écouter? C'est pas compliqué de comprendre NON. Ce qui en dit long par contre sur certains hommes, c'est le concept "en fait c'est un non qui veut dire oui"... Flippant, sérieusement...

    • Tatonne le 18.10.2019 15:17 Report dénoncer ce commentaire

      Le bon ton est...

      Vous avez raison, le ton ferme ne suffit plus, on se fait tout de suite passer pour "une froidème" qui pète un plomb, alors quel est le bon ton justement ? Ce serait sympa d'éclairer nos lanternes aussi. Tu es trop gentille, ben faut pas, t'es trop ferme tu es une dérangée. Le respect des femmes n'est plus l'apanage de certains dans nos contrées. On veut le ton juste.

  • Le Tactile le 14.10.2019 00:17 Report dénoncer ce commentaire

    Ouf... pas une gifle en préparation

    La vie est devenue compliquée de nos jours. On ne sait plus comment réagir en tant qu'homme. Surtout pour moi qui suis un Tactilo... "Fais la connaissance d'une dame sympathique (à croquer) à son travail. Sur la terrasse d'un bistrot, la voilà qui arrive avec son sourire à fondre. Hé salut tu vas bien? Elle allait où je ne pouvais l'accompagner. :o) Oh la voilà qui revient toujours si souriante et s'arrête: "Peux t'offrir un café? C'est gentil mais il est chaud et je lui pose la main sur l'épaule et lui dit merci. Elle lève sa main... et... la pose délicatement sur la mienne.

    • Vous mélangez tout le 14.10.2019 08:25 Report dénoncer ce commentaire

      @Le Tactile

      Là vous parlez de drague, qui se fait à deux dans le consentement mutuel. Ce n'est pas le cas quand il s'agit de harcèlement et c'est ça qui est dénoncé

    • Petite Eve le 18.10.2019 15:25 Report dénoncer ce commentaire

      La différence

      Juste, il y a une grande différence et tout est dans l'attitude, un certain savoir-vivre qui fait justement défaut avec le harcèlement qui lui est plus tenace dans le mauvais sens, celui de forcer, d'insister, de penser que, de ne pas employer les bons mots, de manquer de tact volontairement ou par manque de culture. Dans la drague il y a une certaine complicité qui se dessine déjà même un court instant. Si l'homme est poli et respectueux cela ira de soi, il n'y aura rien de répréhensible, au contraire, encore faut-il que cela se passe comme cela...

    • Reinette le 18.10.2019 15:35 Report dénoncer ce commentaire

      Les règles du vivre ensemble

      Les règles de bons sens se perdent malheureusement et beaucoup se croient tout permis comme si on avait gardé les moutons ensemble et c'est cela qui ne passe pas, ce côté "tout cuit d'avance", tu dis non mais je veux entendre oui ou plutôt si tu dis non, tu penses oui, de toute façon pour moi c'est oui quoi que tu dises. On est pas écoutée, on ne prend pas le temps de nous écouter, les discours et la leçon de morale à leurs yeux ne les intéressent pas, sauf insister pour arriver à leur fin (faim). Et ça c'est non, définitivement NON !

  • Hihihihihi. le 13.10.2019 22:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ok. augmentation , elle aura

    Patron , je vous la prépare .

    • La main part le 18.10.2019 15:58 Report dénoncer ce commentaire

      Ce sera fait

      ...la gifle ?